DERNIERS SOUVENIRS DE LA SPLENDEUR ROMAINE
» étroit de leur bête , sans demeure fixe , sans » foyer, sans lois, sans habitudes domestiques. »
Cependant, si les inyasions dont les Gaules étaient la proie depuis tant d'années avaient éteint dans ces contrées le flambeau des arts antiques, si les Alains, les Vandales, les Burgondes et les Huns, si Chrocus et Attila avaient dans leur fureur aveugle renversé tout ce que cette terre portait de monuments, du moins n'avaient-ils pu extirper de l'esprit des Gaulois l'intelligence des œuvres de la civilisation. — Les traditions altérées, amoindries, n'étaient pas toutes perdues. On trouvait encore au milieu du bruit des armes des hommes qui chérissaient les lettres et les cultivaient avec autant de zèle que si une paix profonde eût régné autour d'eux. On ne pensait plus sans doute à reconstruire ces cirques gigantesques , ces temples , ces théâtres splendides des siècles d'Auguste ou d'Adrien, ces immenses arcs de tricttnphe sous lesquels devaient seules passer les grandes légions des Césars. Depuis longues années les forces manquaient aux générations énervées de l'empire en décadence pour édifier ces magnifiques colosses de Lyon, d'Arles et de Nîmes; les invasions avaient fait tant de ruines, avaient rempli les cœurs d'un découragement si profond , que les écoles où s'enseignaient les beaux-arts étaient vides de professeurs et d'élèves. — Ce ne