‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 72 sur 131 · LE TEUT AU ^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE TEUT AU ^ SIÈCLE

dan8 la poussière, et sur les ruines des temples, des prétoires , des palais , on voyait çà et là qpielques humbles chapelles où s'assemblaient les premiers chrétiens : Notre-Dame du Haut-Solier, dasïslBLCivikisVetula, Y oratoire angélique, sur le mont Anis. — Des traces de feu peuvent encore se reconnaître sur plusieurs fragments de sculpture que les archéologues attribuent aux plus mauvais jours de la décadence gallo-romaine, et qui semblent ne pas appartenir à des édifices religieux ; de tdle sorte que l'aveugle fureur des Vandales n'épargna même pas les habitations privées ; elle voulut anéantir, étouffer à jamais sous les décombres, jusqu'aux moindres souvenirs de cette grande époque. Le sabre commença l'œuvre qu'acheva l'incendie. Sidoine Apollinaire , qui vivait à nos portes, nous transmet de tristes détails sur les agitations, sur les mortelles inquiétudes dont tout le territoire ne cessait d'être afOigé. Quoique la Vellavie se fût déjà soumise aux Visigoths, alors que l'Auvergne résistait encore, son sort ne devait pas être plus fortuné; et les fréquents passages, peut-être même les résidences désastreuses des troupes étrangères ne faisaient que rendre sa position plus lamentable. € Nous autres, malheureux Arvemes, dit-il (1), nous

(1) Caii SoliiApolUnarisSidoniiepistolœ, 11b, vii,epist. i.

200 LE VELAT AU V* OÉBCLE.

» sommes toujom^ exposés les premien anx irropt tions. Ce qui nous rend l'objet spécial de la haine f» des Groths, c'est que, brûlant du désir d*étendre » leurs frontières depuis l'Océan jusqiies aa RhAne » et à la Loire, ils trouyent en nous le seul obstacle » qui, par l'assistance du Christ, retarde encore » leurs conquêtes. Voilà déjà longtemps que les » attaques continuelles d'une royauté menaçante » ont dévoré toutes les régions WmUrophes. Hais, si » quelque chose doit seconder en nous un courage » aussi téméraire, aussi dangereux, ce ne sera ni » l'aspect de ces murs consumés par les flammes, » ni ces palissades ruinées, ni ces remparts toigonrs T> couverts de nos sentinelles ;.... » Et ailleurs (1) : « Notre esclavage est devenu le prix de la sécurité » de nos voisins. L'esclavage des Arvemes, 6 dour 9 leur!.... Voilà donc ce qu'il nous a valu d'avoir I» bravé la faim, les flammes, le fer, la peste, d'avoir 9 engraissé nos glaives du sang ennemi, de nous » être exténués de jeûnes en combattant! voilà » donc la paix si avantageuse que nous atten- » dions, lorsque , pour échapper aux horreurs de » la faim , nous arrachions les herbes qui croisj> saient entre les fentes de nos murs I Souvent, ]> trompés par la forme et le suc de leurs feuilles,

(1) CaiiSoliiAppollinarisSidoniiepistolœ, lib. vu, episUvii.

LK TBLAT AD V* SÈCLE 201

» BOUS cneilHmes d'une main livide des plantes » Ténénenaes.... »

Si nous devons enccnre rappeler les recherches étymologicpies de M. le chanoine Sauzet, nous trouverons dans les dénominations même de nos localités un témoignage de plus en faveur de rentière occupation du Velay sous les Romains. De tels documents kistoriques ne sont pas, il est vrai, très-certains ; cependant il ne &ut pas les négliger. En les produisant avec une prudente réserve, avons-nous déjà dit, on évite de tomber dans l'erreur et Ton se procure souvent le moyen d'atteindre la vérité. — La petite ville de Bas, écrit notre ingénieux antiquaire, devrait son existence à la famille consulaire de Bassm. Yoid dans quelles circonstances : c n exis- » tait à Feurs (forwm Segusvomorvm) une corpora- » tion d'ouvriers charpentiers (1) disséminée tout le » long de la Loire jusqu'au pied du mont Ânis. Les > coteaux du beau fleuve étaient tout couverts de » bois, conmie en témoigne le nom de lAger (2), et,

(1) CoUegium fabrorvm tignariorvm.

(3) Li-gerj eontracté de Lig-mim et de ger- eus (qui charrie du bois), nom, disent quelques étymologistes, que les Romains donnèrent à la Loire pour exprimer l'usage auquel ilsravaient assujétie. — D'autres savants ont prétendu que Li-ger était Composé de deux racines celtiques : Li, eau ; ger^ qui se ireplie; qui fait des circuits.— D'autres enfin ont trouvé LiV'

Page 1