LE VELAT AU V" SIÈCLE
m locus)j une possession des Emiliens (1);— dans le village AmoNiANE, la villa Antomoma, de la fiamille des Antoine ; — dans GaispiN'HAGy la demeure d'un descendant des opulents Crispus^ dont était Salluste. n trouve aussi que Flayi*ag, Layini'ag^ Labi'ac sont des noms purement romains, qui paraissent 8*6tre conservés pour nous apprendre que d'illustres patriciens ont eu leur résidence dans nos contrées, où ils sont peut-être venus chercher un abri contre les sanglantes agitations dont fut si souvent désolée la capitale du monde. Son imagination aime à placer la modeste retraite d'un membre déchu des maisons Julia et Bilia dans Julliange et BiLUANGE (2) ; il lui semble que le bourg de Tolliac, ou plutôt Touliac^ comme prononçaient les Romains, devait être l'habitation d'une dame du nom de TulUay de celle peut-être dont M. de La Lande a relevé l'épitaphe ?... En un mot, la complaisante érudition de notre ingénieux linguiste se plait à venir au secours de ces rapprochements, pour peupler la Vellavie d'anciennes familles latines. Quant
(1) Dans ce nom intégralement conservé, dit l'abbé Sauzet, il n'y a de moderne que la syllabe eu, commune dans le Forez, mais exceptionnelle dans le Velay, puisqu'on ne la remarque que dans Emilieu, Gralieu (Graii-Locus),
(2) Mots composés d'un nom propre romain et de la désinence celtique ange (demeure).
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à nous, sans vouloir discuter des étymologies aussi difficiles à contredire qu'à affirmer , nous diroDsqne si quelques-unes remontent véritablement à la domination romaine, c'est moins probablement parce que de puissantes maisons consulaires ont en si grand nombre quitté Rome et les somptueux domaines d'Italie, que parce que des colomes qui prirent leurs noms par reconnaissance furent eor voyées, sous leur patronage, dans nos contrées.
Vin
RfiSUMË
On trouve dans le Velay beaucoup de fragments antiques épars et presque pas de monuments cornplets. Il serait sans doute très-précieux pour Thistoire d'une province si Ton pouvait produire en mémoire de son passé quelques-uns de ces grands vestiges semblables à ceux dont s'enorgueillissent les villes d'Arles et de Nîmes ; mais peu de cités furent assez heureuses pour sauver de la destruction brutale des ravageurs du IV« et du V« siècle les œuvres destinées à transmettre aux généra-
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-fions fiitares les splendides souvenirs de Tempire ^t>iiiaiii. Nous serons donc obligé, en exhumant les antiquités de la Yellayie, d'appeler souvent les conjectures à notre aide, afin de déterminer leur origiiie sinon positive du moins vraisemblable.— Nous avons dit, d'après les anciennes indications géographiques, que les villes principales du Velay étaient Ruessium, Condate^ Icidmagus^ Aquis Segete, Il suffirait donc de désigner d'une manière précise l'emplacement qu'occupaient ces différents centres de population^ pour espérer d'y découvrir, au moyen de fouilles persévérantes, des débris plus ou moins conservés de constructions gallo-romaines. De ces quatre villes, la première seule a été un peu explorée. Un jour viendra peut-être où, refaisant le travail ingrat que nous avons entrepris, un antiquaire plus heureux aura pour toutes les autres Iles documents archéologiques qui nous manquent. Il est impossible, en effet, que les investigations soient stériles sur les lieux que les cartes contemporaines désignent comme les plus importants, alors que sur d'autres points, dont il n'est question nulle part, on trouve en abondance des témoignages d'une haute civilisation. Qu'était la Vellavie au temps de César ?... une contrée sauvage, couverte de forêts, habitée par un petiple de pasteurs, gens vivant dans les rochers, au fond des grottes obscures, pêle-mêle avec des trou-
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peaux de bœufs et de chèyres. •— Quelques aimées se sont à peine écoulées, et déjà la celtique Ruessio a ouvert ses portes à la colonie romaine. Mais pour ces nouveaux-venus qui connaissent le bien-être et veulent en jouir, cette enceinte est trop étroite, ces habitations trop chétives, ces eaux insuffisantes. Us reculent les limites de la ville, élèvent des maisons, des temples, fondent des établissements, creusent des aqueducs, passent soudainement de la barbarie à la civilisation. De premiers succès déterminent d'autres colonisateurs à tenter aussi le sort; et bientôt les territoires à*Icidmagus, de Condate, d'Aqvis Segete, de Martis Aquœ, à'Amcnmh et d'Hispalis sont peuplés de familles latines ou latinisées. — Ruessvwm est la métropole. C'est dans ses murs que résident les chefs de la province, c'est de ses portes que partent les principales routes du pa]f8 et que se comptent les distances itinéraires. Néanmoins, l'exposition de cette ville est froide, son sol est ingrat, et ceux qui cherchent la fortune aussi bien que ceux qui l'ont trouvée ne tardent pas à choisir, pour créer des domaines, pour fonder des villas, ces riants et fertiles vallons qu'arrosent les eaux limpides de la Borne, du Lignon, de la Loire et de l'Allier. Les fondations d'édifices, les nombreux fragments de bas-reliefs, de colonnes, de baignoires et de tombeaux trouvés i^Anioium à Hispalis révè-
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lent non-seulement le s^oor d'une colonie dans ce basân, mais proojent Fêlai prospère de ceox qui la composaienL D*anliqnes monnmente tronfés à St- Yidal, à Solignac, k Coobon, à Bas, à Chomelix, an Pontempejnit, sor fooles les directions enfin ; la découverte de dauphins, denalades, d^amoms pèdiears et d'une quantitëd*autres riches détois de scolptuie romaine sur les rives de la Loire, consacrait cette opinion desarcfaéologuesque tons les points de lacon-
trée furent à cette ^KNpie connus, étudiés et occopés. Ainsi nos fieux Gaulois virent leursofipkla ruinés, leurs dolmen renversés, leurs forêts abattues ; eux, si fiers, si indomptables, courbèrent le front sous le glaive du conquérant qui leur imposa moins une servitude qu'une régâiération. En échange de ces sombres cavernes, de ces mstiques demeures couvertes en chaume, enduites d'argile, ils eurent de vastes cités, des palais, des cirques, des théAtres; au lieu de ces sentiers perdus dans les inextricables détours des bois, ils virent d'excellentes routes s'ouvrir en tous sens; à la place de ces grossiers simulacres de divinités qu'une conquête anticipée leur avait transmis , ils eurent des temples magniflqoies, des statues de marbre, de bronze et d'or. Plus domptés encore par la puissance de la civilisation que par la force des armes, ils ne regrettèrent pas longtemps cette longue enfance de leur vie.