LA CITÉ DES YBLLAVIBN8 LIBRE
À propos de cette inscription, M. de La Lande cite une découverte faite en juillet 1821 , dans le voisinage de l'ancienne église du Haut-Solier; lors d'une excavation pratiquée en y creusant un puits. « Arrivé dans l'excavation, à la profondeor de quatre à cinq pieds, dit-il, on a trouvé cinq assises de très>beaux blocs de grès blanc parfaitement taiUés sur quatre faces et présentant à peu près la base d'une pyramide isolée. Cette base établie dans le roc était môme appuyée de trois
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fournit en peu de mots. — Et d'abord, il ne peut ^tetô être douteux qu'en 250 Ruessium ne fût la cité des Yellayiens ou du moins la métropole de cette eité, selon le sens qu'on croira devoir attribuer au mot dvitas (1). Or si, en voyant cette ville entièrement dépouillée, l'abbé Lebeuf, Mérimée et les plus éminents archéologues ont pensé que les villes, que les châteaux des environs durent venir à différentes épocpies y chercher tous les débris des antiques monuments, puisant là comme dans une
côtés sur des murs solides qui venaient y aboutir, mais qui n'étalent construits qu'en pierres brutes. Ceci ne nous indiquerait-il pas le monument élevé à la mémoire d'Etrucilla, surtout lorsqu'à quelques pas de là se trouve son inscription tomulaire? Le monument, d'ailleurs, devait être digne du personnage auguste auquel il était érigé, à en juger par la qualité, le volume et la coupe soignée des pierres qui lui servaient de fondement. Celles qui ont été tirées de l'excavation avaient plus de cinq pieds cubes, et chacune d'elles a été vendue vingt et quelques francs pour être cassée et employée dans d'autres constructions, etc., etc.
(1) Sous la domination romaine et môme depuis qu'elle eut cessé dans 4es Gaules, le mot de cité n'indiquait pas seulemetoi l'enceinte et le territoire de la ville désignée par le nom propre auquel il s'appliquait; il désignait encore l'étendue entière du pagus, pays, diocèse, district compris dans i*enclave de la cité, et qui formait presque toujours un vaste territoire peuplé de villes, de bourgades, de bameaux.
(Ratnouard, Droit mtmicip, chap. 8, 1. 1.)
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carrière ouverte, il n'est encore arriYé à personne de supposer que l'importante inscription de Notre- Dame du Haut-Solier ait été apportée d'un autre endroit dans la ville ruinée et déserte de Saint-Pauiien. — Nous ferons remarquer en second lieu qu'ETRccrLLA était l'épouse de l'empereur Trajan Dèce qui régnait en 250. Dèce ne gouverna Tempire que pendant deux années, et son court passage sur le trône fut signalé par d'impitoyables poursuites contre les sectateurs de la loi de Jésus- Christ. Donc, pour que la civitas Vellavorun^ érigeât un monument à Yépouse cmguste de 1' guste emperev/r, il fallait très-probablement que l christianisme ne fût point proclamé dans cette ville et qu'un siégQ épiscopal n'y fût point encore établi, du moins ostensiblement.
La qualification de libéra est aussi très-prédse et fort importante comme document historique. — L'inscription est du milieu du III« siècle et prouve qu'à cette époque Ruessimn était un nmnîcipe et que la cité tout entière était libre. — Déjà Strabon avait dit, dès le règne d'Auguste : « Les Vélaunes, 9 qui autrefois faisaient partie des Arvemi, mais » qui aujourd'hui forment un peuple séparé... > La phrase du géographe ne laisse aucune équivoque ; elle se rapporte d'une manière générale à tous les peuples de la Vellavie , tandis qu'il pour-
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rait se faire que le mot de dvitcts ne s*appliqu&t UDÎquement qu'à une portion plus restreinte du territoire. Peut-être, dans ce cas, faudrait41 penser que Ruessium dut exclusivemennt cette faveur à l'impératrice Etrucilla, à laquelle ce monument fut élevé comme un témoignage de reconnaissance (1). Dans cette hypothèse, l'inscription aurait
(1) Quoique nous ne voyions pas un rapport tr^s-direct et le moins du monde indiqué entre la découverte souterraine et l'inscription à £truci/la, et moins encore entre nne médaille antonlne et ce même monument, nous n'en rapportons pas mollis la conjecture de M. de La Lande, parce que nous pensons que de nouvelles fouilles pourront très-certainement mettre sur la voie de découvertes plus décisives.— Selon M. de La Lande, il faudrait admettre qu'après la mort de son époux, l'impératrice vint finir ses jours à Ruessium, qu'eUe y fut Inhumée et que l'inscription est son épitapbe. Rien ne justifie cette opinion ; nous croyons bien plutôt que c'est en mémoire d'im grand service rendu, peut-être celui de la liberté, que la civitas Vellavorum éleva un monument pour éterniser sa reconnaissance à Etrucilla, — En acceptant hypothétiquement^ pour ce qui regarde les vestiges perdus de cet édifice, l'opinion trop exclusive de l'abbé Lebeuf, à savoir, que les antiquités qui sont au Puy proviennent en partie de Ruessium, ne pourrait-on pas penser : 1" que ce fragment de frise, dans lequel on \ oit deux génies supportant le portrait d'une dame romaine, et deux autres entourant une aigle Impériale ; 2"» que celte suite de riches bas-reliefs retraçant quelques épisodes de la vie privée d'une dame d'un haut rang, puisqu'on la voit assise à sa toilette, sortant ses parures
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un intérêt spécial ; son but serait d'indiquer qu'au milieu du II1« siècle la métropole YeUavieuiie et tout le district de sa dépendance constituaient un territoire libre, un mumcipium.
Dernièrement , en creusant des fondations tout à côté de Notre-Dame du Haut-Solier , on recueillit un assez grand nombre de blocs taillés. Un d'eux attira l'attention du propriétaire, qui eut soin de le faire placer en évidence à l'angle méridional de sa maison, du côté de la grande route. Les passants peuvent facilement l'apercevoir puisqu'il est à moins de deux mètres d'élévation. C'est un fragment d'inscription dont les lettres , admirablement formées,
d'un éciin, tandis qu'une esclave lui arrange les cheveux , ne pourrait^on pas penser, disons-nous, que ces magniflques débris proviennent du monumenl dédié à Etrucilla?... Bien des circonstances le feraient supposer. On voit, en effet, que c'est une femme qui occupe particulièrement la scène et que, sur le verso des bas-reliefs, sont sculptées de grandes figures dont, il est vrai, on ne distingue que quelques parties, mais qu'on pourrait facilement croire celles de Dèce et de ses ijieux fils. Si Ton trouve une partie de ces débris enfouis dans des fondations d'église, les persécutions de l'époux d 'Etrucilla contre les chrétiens motivent suffisamment cette réaction. — Quoi qu'il en soit, nous nous contentons d'indiquer cette conjecture très-hypothétique , sur laquelle nous reviendrons bientôt, sans prétendre l'imposer comme un document historique d'une bien grande valeur.
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n'oiU pas moins de 0,07 centimètres de hauteur. Ypid ce qu*il en reste :
AVGN