RUINES FÉODALES
qa'on la prendrait pour une œuvre des hommes , si sa colossale grandeur ne révélait la main qui l'a faite ainsi. C'est sur son sommet qu'apparaissent les silhouettes sombres du vieux donjon , les tourelles chancelantes et les pans de murailles çà et là écroulées...
Nous dirons dans notre histoire de la féodalité, quels longs détours il fallait suivre avant de pénétrer dans cette forteresse redoutable du roi des montagnes, et combien de périls attendaient le téméraire aventuré dans ces parages sans le bon vouloir du châtelain. — Maintenant la fatigue de la route est l'unique obstacle ; car les travaux de la domination sont renversés. A quelque heure du jour qu'on se présente, on peut paisiblement entrer. Les barrières sont brisées, la mousse couvre déjà les lourds contrepoids des pont-levis, les fossés se reconnaissent à peine ; les abtmes seuls sont toujours entr'ouverts et se multiplient par des démolitions incessantes. La grande porte, celle qui s'ouvre sur la plate-forme, est scellée , d'un côté à une pointe de rocher suspendue à deux cents pieds sur des précipices, de l'autre à une masse basaltique que do mine une tour encore bien conservée. Cette tour, placée conmie une sentinelle terrible, pouvait écraser de pierres, percer de flèches, brûler d'huile bouillante et de plomb fondu toute une compagnie