RUINES FÉODALES
de gens de guerre arrivée jusque-là, sans qu'aneon pût, même par la fuite, échapper à un ennemi id* gilant dont on ne voyait ni les yeux, ni les bras. — Le visiteur étranger, qui ne sait rien de ce qu'il va trouver, est tout surpris d'apercevoir devant lui des champs cultivés. Un instant il pourrait oublier que les récoltes qui l'environnent poussent sur des monceaux de décombres; mais à mesure qu'il avance, son regard mesure la vaste étendue de l'ancien mar noir. Tout autour du plateau, sur ses bords les plus escarpés, règne une muraille crénelée à laquelle , de distance en distance et à chaque aspect, sont puissamment reliés les ouvrages de défense dont les ruines paraissent formidables, tant elles effraient par leurs prodigieuses dimensions et par les profondeurs sur lesquelles on les voit prêtes à s'engloutir.
Bien des villes au moyen-âge occupaientmoinsd'espace, contenaient moins de constructions que la demeure isolée des vicomtes. Pour s'en convaincre, il faut n'avoir visité qu'une seule fois ce qui reste debout, ce dont on s'est servi successivement pour bâtir presque en entier le bourg de la châtellenie,* et ce qui glt entassé pêle-mêle sous la loi d'une décomposition silencieuse. — Sculptures romaines, monuments du paganisme et de la chrétienté, architectures de toutes les époques, sont dispersés en ce lieu dans la con*'