‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 95 sur 131 · LK PUT · texte numérisé non relu

LK PUT

Ayant même de se demander si les recherches archéologiques ont fait décomiîr un seul débris monumental de Tépoque gallo-romaine dans le magnifique bassin du Puy, on peut dire à priori que les Romains , maîtres des Gaules , ne tardèrent pas à habiter cette riche portion du territoire et durent nécessairement y fonder des établissements ^rtaine importance. On ne comprendrait

pas» en effet, que Ruessium, huitième cité de la première Aquitaine (1), eût été placé si près de là, sur une des principales artères des Gaules, sans que les terres les plus fertiles , les plus heureusement situées de toute la Vellayie n'eussent été bientôt concédées à des généraux , à de puissants patriciens pour y organiser des domaines, y créer des villas , pour y appeler des colons et régénérer le pays. — Donc , les beaux vallons qui enviromient le Puy furent, ce qu'ils seront toujoui^s, les parties privilégiées du Velay ; par conséquent il ne faut montrer nulle surprise quand les fouilles dirigées par la science ou dues au hasard viennent démontrer cette vérité qui ne saurait être douteuse pour personne.

Mais, qui nous dira ce qu'était Anicium pendant les premiers siècles de l'empire? Les ombres de la roche Corneille abritaient-elles alors une ville, une bourgade, un oppidum, un temple, une montagne couronnée seulement d'un vieux dolmen gaulois ?.... Cette fraîche oasis qu'arrosent et fé-

(1) His omnibus multo antiquiores noliliœ provinciarum ac civitatum Galliae civitatem Yellavoruh nuncupant.... quse inter Aquitanicœ primse civitates octavwa obtinet locum, (Hadriani Yalesii , Notitia Galliarum, — 587.)

condent les eaux de la Loire , de la Borne et du Dolaison avait-elle été donnée en récompense à une colonie de légionnaires victorieux venue à la suite d'un général , ou Tavait-on concédée h de pauvres citoyens conduits de Rome par des triumvirs? N'y avait-il là , au contraire , que quelques habitations éparses, des hameaux, de riches métairies, une ou plusieurs résidences patriciennes ? — Tels sont les problèmes que le temps destructeur jette dérisoirement comme un défi à travers les ombres et les ruines qu'il laisse sur son passage. Nous ne chercherons pas à les résoudre, car nous les croyons insolubles ; nous nous contenterons de rappeler à ce sujet quelques principes utiles, sinon pour acquérir des certitudes, du moins pour éviter de trop profondes erreurs.

La situation topographique du Velay , la nature , le peu d'étendue de son territoire , le silence des anciens géographes et des historiens en ce qui le concerne font naturellement supposer qu'à l'époque gallo-romaine cette petite province ne devait pas avoir relativement plus d'importance que le célèbre pèlerinage de l'Oratoire angélique (1) ne lui en fit

(1) La légende assure que lorsque Evodius eut achevé la construction de la primitive église du Puy , les anges descen-

au moyen-Age , et que le développement de son industrie et de son agriculture ne lui en assure de nos jours. — C'est pourquoi , nous aurons garde dans nos études archéologiques d'abandonner notre imagination à ces hypothèses ambitieuses qui engendrent à plaisir des palais césariens , des temples grandioses à l'aide de sculptures indécises et mutilées , et qui ressuscitent peut-être d'un monde imaginaire des villes splendides avec prétoire, forum , cirque, aqueducs et bains publics, au moyen de débris n'ayant nulle adhérence avec le sol , en trop petit nombre , si on veut les appliquer à tant d'édifices différents et que , dans l'impuissance de les expliquer en les rapprochant , de bons esprits , trop exclusifs sans doute , ont pu croire d'origine étrangère à la localité où ces débris se trouvent aujourd'hui.

Nous savons ce qu'était Ruessium en l'année 250; les anciennes cartes des Gaules lui marquent sa si-

dirent mystérieusement du ciel pour la consacrer eux-mêmes. — Telle est l'origine de ce nom qui a été donné à Notre-Dame du mont Anis. — C'est donc très-improprement que, dans nos considérations générales sur le Veîay au V siècle, page 199, nous nous sommes servi de l'expression ù'angélique en parlant du petit oratoire antérieur à l'église bâtie en 550 par le saint évoque qui transféra le siège épiscopal de Ruessium à Anicium.

tuation , lui donnent son nom , et personne ne s'arrèterait à la pensée que la pierre commémorative de Notre-Dame du Haut-Solier , portant ces mots : Civitas Vellavormn libéra, ainsi que les autres débris de monuments antiques qui gisent sur le sol de Saint-Paulien , aient été transportés d*un autre endroit dans cette cité détruite depuis déjà quinze siècles. — A-t-on les mêmes assurances en ce qui touche toutes les antiquités de la ville du Puy? — Certainement les murailles de la cathédrale et celles du baptistère Saint-Jean contiennent un certain nombre de blocs gallo-romains ; mais qui prouve que ces murailles construites aux XI« et XII* siècles l'aient été avec des matériaux exclusivement recueillis sur place? Bien des vraisemblances ne tendent-elles pas , au contraire , à faire admettre que , lorsqu'on voulut édifier au sommet de la cité épiscopale les monuments religieux du moyen-âge , on fut chercher dans le voisinage une grande partie de ces pierres toutes taillées et parées ? Nous ne penchons pas du côté de cette opinion , au moins d'une manière absolue ; cependant on doit bien reconnaître que ceux qui, comme le savant abbé Lebeuf, croient à une importation plus ou moins complète , méritent qu'on examine et qu'on discute avec déférence les raisons qui déterminent leur manière de voir.

U est certain , et c'est là leur argument principal , que lorsqu'on examine attentivement la manière avec laquelle les débris de sculptures et d'inscriptions se trouvent dispersés à travers les maçonneries qui les renferment , quand on cherche à se rendre compte de ce jeu étrange et vraiment fait pour désespérer , qui semble avoir aveuglément exhumé du cahos toutes ces pierres , en associant dans le même pan de muraille des fragments d'époques et de civilisations éloignées les unes des autres, quand ensuite on trouve çà et là , dans la construction d'une simple chapelle , dix ou vingt blocs ayant appartenu à dix ou vingt édifices dont ces seuls spécimens semblent s'être conservés, on se perd en conjectures et l'on ne peut se défendre de croire à de nombreux emprunts faits aux localités environnantes (1).

Pour arriver à rendre compte de cette concentration de fragments antiques sur im même point,

(1) Le plus simple raisonnement suffit pour indiquer que ii on avait eu sur place, pour la construction de deux églises, les immenses matériaux d'une villeomée de temples, de palais et d'édiûces romains , ces églises ne contiendraient pas seulement quelques rares et incohérents vestiges, mais seraient entièrement construites, ainsi que toutes les maisons qui sont autour, à l'aide de ces précieux matériaux cent fois suffisants.

quelques antiquaires ont voulu voir une ville romaine , un chef-lieu de colonie sur le mont Anis. En analysant chacune de ces pierres , ils ont trouvé que Tune devait appartenir à un palais , une autre à un forum , plusieurs à des édifices civils ou religieux , le plus grand nombre à des sépultures, et, de tous ces éléments dispersés , ils ont reconstitué une ville dans les conditions de luxe et de grandeur des magnifiques cités de la Gaule impériale. C'est parce que le fragment, quelque minime qu'il soit, suppose le monument complet , c'est aussi parce qu'il parait juste d'admettre , lorsqu'il y a incertitude sur l'origine d'une antiquité, que cette antiquité a toujours été dans le même lieu , que les archéologues ont été amenés à conclure que le Puy du moyen-âge a pour ancêtre VAnicium gallo-romain. Ils ont dit que ce qui prouvait d'antiques constructions monumentales au pied même de la gigantesque lave de Corneille, ce sont moins encore les fragments employés dans les murailles de Notre-Dame que ceux qui furent enfouis dans les terrains amoncelés aux alentours pour en faciliter les abords et faire sur la déclivité de la montagne des jardins et des terrasses. Si toutes ces antiquités avaient été transportées sans exception, soit par un motif religieux, pour construire et décorer des sanctuaires chrétiens, soit par une raison

^économie, afin d'utiliser des matériaux ne nécessitant que de simples recoupes et évitant de dispendieuses extractions de carrières , on ne comprendrait pas ces blocs sculptés inutilement conduits , pour être abandonnés ensuite et dédaigpEKOsement mêlés aux remblais.

Ces raisonnements ont leur valeur , c'est incontestable; mais tout décisifs qu'ils paraissent, ils se trouvent singulièrement affaiblis par la plus simple, par la plus naturelle des suppositions . Que répon- Ire, en effet , à ceux qui, après avoir cherché vainement un seul vestige gallo-romain entre Ëspaly et le Puy , demandent avec étonnement ce que sont devenus les riches matériaux de l'immense monnaient que les archéologues appellent un palais, et iont les vasies substructions occupent une place si !;onsidérable dans ce petit vaDon. On ne peut que leur montrer du doigt la ville bâtie à quelques mètres de distance et leur dire : le vallon a été iéfriché et donné à la culture ; la montagne s'est souverte d'habitations, il ne faut pas chercher ailleurs. . .

On ne saurait , néanmoins , se dissimuler qu'à travers ces promiscuités, ces incertitudes et ce désordre, à cause de ce désordre même, plus d'une grave objection se présente. Les systèmes con-

traires produisent d*exceUents ai^^uments à faire valoir ; cl nous sommes d'autant plus à Taise pour les indiquer avec indépendance , que nous ne voulons adopter exclusivement aucune des hypothèses extrêmes. Nous n'écrivons point une histoire en ce moment, nous faisons des recherches. Le titre de ce volume précise assez la nature de nos travaux. — Nous disons donc que s'il est conforme à toute vraisemblance que le mont Anis ait pu être couronné de quelque édifice , il est également très-peu vraisemblable qu'il y eût jamais de ville assise sm* son sommet à aucune époque de la domination. Dès lors, on explique bien naturellement la présence en cet endroit de ruines si confusément réunies , en plaçant un castellwm, un oppidAJi/m sur la hauteur, et au bas, dans les vallons d'Espaly , de Vais et de la Loire : ici une de ces villas comme en décrit Sidonius ; là des habitations plus ou moins agglomérées formant un vicus , ailleurs de petites bourgades, des hameaux. Cette disposition des Ueux n'aura pas seulement l'avantage d'éclairer les recherches dans la solution de nombreuses difficultés, mais elle servira en même temps à mieux comprendre le sens de quelques inscriptions mutilées et celui de quelques passages obscurs de nos anciens auteurs

n ne suffit pas , pour dire qu'une ville a existé sur un poÎQt, de constater que sur ce point se trouve aujourd'hui un certain nombre de pierres antiques. Cette constatation serait, à elle seule, loin d*être péremptoire ; car il aurait pu arriver qu'à une époque et pour une cause iuconnues, les pierres aient été apportées. La chose se reproduit trop souvent de nos jours pour qu'on soit en droit de la contester. — Il estd(mc essentiel, avant de pouvoir prudemment affirmer qu'une ville romaine a été construite quelque part, de s'assurer que les découv€;rtes faites à l'endroit où on suppose que cette ville fut construite , constituent par leurs rapports entr'elles , par leur quantité, par leurs destinations spéciales, un témoignage sérieux et vraiment persuasif; il faut avoir bien sondé l'emplacement, s'être assuré que les substructions sont en harmonie avec les hypothèses, que la surface comporte l'étendue des édifices présumés ; il faut en outre qu'à côté des ruines extérieures et éparses on trouve des œuvres scellées dans les profondeurs du sol , par exemple de puissantes et nombreuses fondations d'édifices , des passages d'aqueducs, etc., etc. — Telles sont les considérations principales "^qui nous empêchent de partager l'avis de ceux qui veulent que le mont Anis ait été à aucune époque le siège d'une ville.

Grégoire de Tours, cet illustre écrivain dont nous avons à invoquer si souMent le témoignage, connaissait le pays miaix que personne. Il était originaire de la province limitrophe ; ses études surrépiscopat de son temps, sur TAuvergne , particulièrement sur saint Julien de Brioude, fixèrent nécessairement plus d*une fois son attention sur le Vday. Or , Grégoire de Tours ne pouvait ignorer le nom du dbeflieu de cette province, de ftuessium, Vvrbs vellava; 6t , comme le fait très-judicieusement observer Adrien de Valois , ù Anickim eut été une cité ancienne , une ville déjà considérable en 591 , l'historiographe contemporain n'aurait pas dit, «n en parlant, qu'au temps de l'évèqueiAurèle un imposteur entra sur le territoire delà cité des Vellaves et s'avança ad loau/m quem Amcium vodtcmt. Cette expression indique assez le peu d'importance qu'avait encore cet établissement tout nouveau, puisque les évêques n'étaient venus bâtir leur église sur la montagne que depuis très-peu d'années. — Nous devons faire remarquer , pour compléter l'enseignement qui résulte de cette citation, qu'après s'être approché du lieu qu'on appelle Anicium , l'imposteur s'établit avec sa petite armée ad badlicas propmquas , expression dont nous laissons à chacun le soin de déterminer la portée.

Toutefois, de ce que le Puy, que nous considérons

comme une \ille essentiellement du moyen-âge , n'aurait pas été précédé sur la montagne qu'il recouvre d'une cité gallo-romaine , faut-il en conclure que le territoire d'Anicium , que la montagne elle-même étaient dépourvus de monuments ? Non sans doute, et, sans vouloir équivoquer sur un mot , pour rechercher ce que devaient être les basiliques dont parle Grégoire de Tours, nous rappellerons les nombreuses découvertes faites dans les champs d'Espaly et de la Chartreuse , sur les bords de la Loire et de la Borne , sur les hauteurs de Senilhac et de Rome.

Nous allons donner ici à peu près toutes les inscriptions découvertes jusqu'à ce jourauPuy et qui, pour le plus grand nombre d'entr'elles, se trouvent conservées au musée de la ville ou dans les murailles de la cathédrale et de l'ancien baptistère Saint- Jean. n en est très-peu qui soient entières et dont on

\aaaM3aii. <sc sât et wrtmeOb les moindres faiçneas tpèts . au» b^mf ^lls puaitraieni nrâhï^rîlifc'T . cv ^ MaBH&B extàtiîtkKK per- ■etmiBt pEK-^OT imi Ttvtmr àc cauàéx oaià' •es lafaocî <t *» RstiDwr imk' sl^nïtialian prècàe

lâ [ûerre originale est engagée dans la muraille méridionale de l'église Saint-Jean, et se voit de la cooT de raDcienne préTûlé. — Cette inscription, qui paraît complète, est iTaisemblablement im nom d'origine gauloise (Toir ce que nous en avons dit, pages 80el81).

LE DIEU ADIDON.

Adidoni et Avgusto. — Sextus Taloncus MUSICOS, KE SUA PECUNiA posuiT, (A Adidou et à Auguste. — Le musicien Sextus Talonius a élevé ce monument de

ses deniers).

La pierre originale sert de fronton à la petite entrée de la cathédrale , dite Porte papale, laquelle se trouve sous le porche méridional. — Cette inscription ne se voit pas, puisque la face sur laquelle elle est gravée est engagée dans le mur, précisément du côté opposé à celui qui est apparent et sur lequel on lit ; Papa vive Deo.

Dans notre histoire de N.-D. du Puy, nous aurons occasion de parler encore de ce petit monument d'origine païenne et christianisé par la dédicace

308 LE DIEU ADIDON.

que les fidèles du VH^ siècle en firent à leur évêque Scutaire. Qu'il nous suffise de rechercher en ce moment le sens et la portée de l'inscription. — On voit d'abord que c'est im musicien nommé Sextus Talonius qui fait un hommage à Adidon et à Auguste ; on constate ensuite que c'est sous le premier empereur, par conséquent dès les premières années de la domination romaine dans cette partie des Gaules , que l'inscription est écrite ; en troisième lieu, on ne peut douter que cet Adidon , dont le nom est réuni à celui du maître de l'empire , est un dieu ou un génie tutélaire. — Si c'est un dieu, ainsi que nous le pensons, ce ne peut être qu'Apollon, le dieu de l'harmonie, le divin chanteur (^^w chanter, ^stvoç habile) , celui auquel le musicien s'adresse. — Si . c'est un génie tutélaire, comme nous l'avons longue— ment discuté ailleurs (1), nous ne demanderons plus à l'étymologie de nous révéler les attributs de cette mystérieuse puissance, nous rappellerons seulemen/ que les Gallo-Romains vouaient souvent certaines localités à des génies particuliers ou topiques dont

(1) Dans notre Ancien Velay (vol. in-folio), nous avons examiné la question que nous ne faisons qu'indiquer ici , etnous avons donné une longue nomenclature des différentes divinités topiques adorées principalement dans les contrées méridionales.

LE DIEU ilDIDON. 30S

ils associaient le culte à celui de leurs autres divinités. A Bagnères on adorait le dieu Uxoms, à Nîmes le dieu Nemosus , à Toulouse le dieu Abelicus et la déesse Lahe, — En général on divinisait le rocher, la rivière, la source, la mine qui faisait Thonneur ou la fortune du pays. A Auxerre on dédia un autel à Auguste et à TYonne (Augiisto sacrum dea- ^ry/m lavm) , à Bourbonne- les -Bains, on lisait oette inscription commémorative : Borboni et manœ €ieo... etc.

La seule question essentielle serait de savoir de quelle partie du Velay Adidon fut le génie protecteur, et si véritablement c'est sur le mont Anis que Talonius éleva son autel votif. L'affirmative , on le comprend, aurait des conséquences importantes, car elle arriverait à démontrer que, dès l'aurore de la conquête, sous le règne môme d'Auguste, les Romains occupaient cette portion de la Vellavie et y furent assez sérieusement établis i)0ur que des artistes , des musiciens y marquassent les pieuses et reconnaissantes empreintes de leur présence. — Sans doute ce document archéologique est d'une grande valeur pour l'endroit où il se trouve, toutefois, comme il ne se rattache étymologiquement à rien dans le pays, qu'il paraît être sans contemporains, et que ses dimensions sont loin de s'opposer à ce qu'on ait pu facilement le transpor-

1er (I f, il importe, avant de fonder tout un système historique local sur cette seule pierre, d'attendre les

.... FERRARURuif GUTU,

QLI ANTEQUAM HIC (

UTROSQUE VIDI NOI

, , , . Des mines île fer de Gutuater. . . Préfet de \

fionmus Fèrwr, ftainiiie. dfux fois duumvir

il> L«i>i(tnva 1 nii^UvSfide longueur sur une ëpajsseurda II, A». . Lt-s U'HO'S on! OM.

,4< U a CIO ilitni))' plu^iour» interprf ta lions de cette inscrip- II»)I4HI **" \K>n\v ou^isti^ dans 1> portion de muraille de Il ttHvMi«l» k lit^wllf r$i kdossé le grand clocher. — Le

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M. Aynard prabl >t* jnjajumt iittnt yM Im ikww d< criai aafW teTtoanimwc i ik *<>m «t \A : 1t%%K*iKf.

Le commencement et la fin de cette inscilption Hous manquent. La première ligne devait nécessairement contenir les noms (prsenomen — nomen — cognomen) de celui qui parle , et désigner la fonction qu'il^ avait occupée dans les mines dont il s'agit. — Il devait s'appeler A'on?7m5, puisque c'est ainsi qu'il désigne son fils Férox. — Probablement la dernière ligne faisait également connaître les noms et les titres d'un autre fils. Quoi qu'il en soit , ces tables mortuaires ne devaient pas avoir, quand elles étaient réunies, moins d'un mètre de hauteur sur quatre de longueur , et , à n'en pas douter , elles étaient

Argutus Ater, préfet delà colonie..., etc.— Le père Garucci, à qui un fac-similé des caractères a été adressé à Rome, propose une interprétation toute différente , et c'est celle qui nous paraît devoir être préférée. Pour lui, il manque la première ligne dans laquelle devait se trouver le nom de Nonnius, « car, dit-il, si le fils s'appelait NonnivrS Ferox, le père ne pouvait avoir un nom de famille différent. » — Il ajoute : « parmi les emplois exercés par Nonnius, on compte » la surintendance de la mine de fer, dite ici de Gutuaterne. » — Le mot Guluaternus est d'une forme gauloise...,. »

Dans une inscription trouvée à Màcon et publiée dans les Mémoires di la société d'histoire et d'archéologie , on lit : Sulp. M. fil. Gain omnibus honoribus apud suos funct uvir q flaminis aug. p... ogen dei moltini Gutuatr.... etc. (Rapport de M. Aymard à la Société académique du Puy.)

placées sur un monument sépulcral pour servir d'épitaphe à un personnage considérable. A en juger par ses dimensions et par les titres fastueusemenl rappelés , l'œuvre devait avoir elle-même une certaine importance (1).

Evidemment les cendres de Nonnius étaient déposées à l'endroit où le monument fimèbre avait été élevé : Hic quiesco , dit-il. — 11 était alors jyréfei de la cohmie, cela est certain; — et comme le nom de cette colonie n'est pas exprimé , il ne saurait être douteux que le monument ne se trouvât dans la circonscription même de cette colonie. — On peut même ajouter que la colonie dont Nonnius fut préfet était dans la Vellavie; car il serait fort invraisemblable que, si ce personnage eut été étranger à ce pays , les Vellaviens eussent eu la pensée

(1) Une des révélations intéressantes de ce document lapi daire est celle qui nous fait connailre que Pionnius Ferox^ fils du préfet de la colonie , avait été flamine et deux fois

BUUMVIR.

Si ces fonctions furent remplies dans le Velay, ce qui resterait à démontrer, il faudrait en conclure : 1° que c'est dans le municipe de Ruessium, dans la civitas libéra qu'il fut duumvir, car en général la présence d'un préfet était exclusive de celte magistrature; 2* qu'à cette époque le paganisme régnait encore dans ces provinces, puisque le (Us du préfe^ était flamine, c'est-à-dire prêtre des faux dieux.

iraller ret hei cher au loin quelques fragments de son épitapbe pour les employer dans leur cathédrale comme simples matériaux à bâtir. — Donc il y a^^it une colonie dans le Yelay, à une époque qui ne saurait être précisée , colonie qui avait un préfet et sur le territoire de laquelle on éleva un monmuent funèbre.

De ces prémisses tiut-il irrésistiblement conclure que, jxirce qu'on trouve une partie mutilée de l'épitaphe dans les constructions de la cathédrale du Puy, ce fut nécessairement sur le mont Anis, à TeiiT dmit même où s'élève cette cathédrale qu'avait été d'abord érigé le tombeau ? Non sans doute, Taffirmative devrait s'appliquer alors à chacun des autres débris employés dans le même lieu ; chose impossible. — Ce qu'il est plus logique de supposer, c'est que le tombeau provenait de quelque localité voisine où le pi'éfet avait voulu que ses restes fussent déposés.

Il est une considération historique essentielle à l'appeler ici , car elle peut avoir une grande importance pour l'élude de notre précieux document lapidaire. Cette considération est celle qui résulte des rapprochements de cette inscription et de celle de Notre-Dame du Haut-Solier à Ruessium. Sur Tune on voit qu'au 111^ siècle la civitas Vellavœ'u/m était libre , sur l'autre on lit, qu'à une époque qui n'est

pas déterminée, mais que la forme des lettres et le style font croire postérieure, il y avait dans la Vellavie une colonie gouvernée par un préfet (1). — Voyons donc, l'histoire à la main, les conséquences possibles de cette double situation.

Quoique Strabon eût désigné les Vélaunes comme constituant un peuple particulier, il n'est pas présumable que ce peuple eût gardé son autonomie , et qu'il faille le ranger dans la classe des Liberi ou FœderaH , alliés incoi^porés nominalement à l'empire , astreints à payer des subsides , à fournir un contingent de soldats, mais conservant le droit d'employer les impôts dans leur intérêt propre, et le droit , plus précieux encore, de vivre avec une li-

(1) On sait qu'en général les magistrats suprêmes de chaque cité portaient le nom ùe duumvir s, — Les duumvlrs étaient nommés tous les ans par les curies, trois mois avant l'époque fixée pour leur entrée en exercice. — Dans les colonies où il y avait un préfet, celui-ci remplissait d'ordinaire les fonctions de duumvir ; de telle sorte qu'il serait à présumer que Nonnius Ferox, dont parle l'inscription, n'avait pas été duumvir dans la préfecture de son père, au moins pendant lo temps où cette colonie aurait eu un préfet à la tête de sa justice.

Voir livre 21, Cod. Ihéodos, de decur., et les notes de Gode- /roy sur la différence entre les deux expr^îssions {lamines et %acerdote9*

berté absolue suiTant les lois qu'il leur plaisait de se donner. — D nous semble que la dvitas Vetlavorum libéra, qu'elle comprît la Vellavie entière ou seulement une partie restreinte de son territoire, était bien plutôt un municipe faisant partie intégrante de l'empire , jouissant de privilèges plus ou moins étendus , comme, par exemple, de la faculté de nommer ses magistrats, de n'être administrée que par eux, de pouvoir conserver l'usage de ses anciennes coutumes civiles et religieuses , de telle sorte que, dans ses rapports politiques avec le gouvernement , les chefs fussent obligés de respecter ces coutumes. Toutefois, et quelle que fût l'indépendance de ce municipe , il n'en devait pas moins payer ses impôts au préfet du fisc impérial.

Ce premier point déterminé , peut-on dire que la colonie dont il est fait mention dans Tépitaphe de Nonnius fût la civitas VeUavorum libéra ? cela n'est pas à présumer , quoiqu'il y ait bien quelques exemples de colonies admises aux mêmes privilèges que les municipes ; mais, à défaut de témoignages précis, on doit se placer dans les conditions normales. Or , on sait que les colonies différaient en général des municipes en ce qu'elles avaient des franchises municipales plus restreintes et qu'elles étaient exclusivement régies par les lois romaines. Organisées sm' le modèle de la grande métropole,

elles en rappelaient les habitudes , les mœurs et les croyances. D'ailleurs, elles occupaient presque toujours une étendue de territoire assez limitée. Par conséquent il serait très-difficile d'admettre que YenMer pays des Vélaunes eût été, à une époque quelconque, érigé en colonie. — Nous devons ajouter que la présence d'un préfet , c'est-à-dire d'un agent du pouvoir impérial , présidant, surveillant, approuvant les actes publics , impliquait, le plus ordinairemmt, une liberté bien moins grande dans ces sortes de colonies que dans les pays gouvernés par des duumvirs (1), et à plus forte raison que dans les mmiicipes (2).

(1) Les cbefs des cités libres^ des municipeSt étaient les DUUMVIRS, les QUATUORViRs (suivant qu'ils étaient deux ou quatre). — Une foule d'inscriptions portent d. j. d. (Duumviri juri dicundo).

(2) Le préfet était nommé à Rome et renouvelé tous les ans. n rendait la justice à la place des duumvirs. — Quelques auteurs voient, dans les préfectures , des villes d'une organisation inférieure, quelquefois privées de leur magistrature municipale. — {Tite-Live lib. 26-16.)

Inter omnes civitatesprsefecturarumconditio fuit, ac.fortuna durissima. Sic enim a majoribus erat traditum, ut quae civitates ioiqusB ingrataeve, erga populum Romanum fuissent, ac Hdem datam semel, atque iterum fefellissent, ubi in potes^ tatem ditionemque essent adductae , in prsefecturœ formulam referrentur. FormHla vero pr^ecturœ non longe a provinci»

318 U nÉTET BB

Donc, la ctrîlos Hbera eil^eoloma eumprxfecto n*étaienl pas même diose. La première était un lïinniripe ayant Raesâmn pour cqMtale ayec une certaine étendœ de pays annexé pour dtetrict. La seconde derait , sdon toutes ks Traisemblances , être placée dans le bassin du Pur, occuper les riches fallons qui ray<xuient autour de la montagne d*Anis et se composer probablement d'un Tiens principal, puis, çà et là, de hameaux, de Yillas patriciennes , d'habitati(»is isolées dont Tonsemble formait peut-être une dvitas particulière, peut-être seulement une de ces coaununautés secondaires connues sous le nom de fora, conciliabula, casteUa{l). Nous

formula videtar abfaisse. Ut enim qaotannis in provincias praetores Borna niui soliti , sic in praefectnras praefecti, qui eas administrarent ac jos dicere nt, unde illae quoque insigne boc prxfectorae nomen baoserunt.

TH. DEMPSTERUS (antîq. Roman.) L. X, p. 992.

(1) Dans une note Ine à l'académie des sciences morales, M. Giraut pense que Forganisation municipale s'étendit jusqu'aux villages, aux bameaux et aux simples habitations agglomérées. — Suivant lui, il y eut, dans les derniers temps de l'empire, ôespagi, des vici dotés d'une certaine indépendance municipale. Ils avaient des juges locaux, une assemblée, un forum ou marché, et avaient obtenu la faveur d'être assimilés aux municipes. Certains pagi privilégiés avaient des édiles... etc. Enfin, à une époque plus récente, nous trouvons des décurions dans les plus petites villes, et un simple

sommes cependant porté à penser qu'une colonie régulièrement fondée avait une organisation plus importante et plus complète, et devait se rapprocher davantage du municipe.

On voit, par ces quelques mots, que les suppositions sont sans limites, car ce qui est vrai pour telle époque et dans telle circonstance donnée, devient sans application possible à une autre date et dans des conditions différentes. 11 n'est pas d'hypothèse qui ne trouve à se justifier par des exemples (1).

castellum jouit d'une constitution municipale. (25 janv. 1845.)

(1) Aulu-Gblle dit que de son temps bien des gens ayaient les noms de villes mtmicipales et de colonies dans la bouche»

sans savoir en quoi en consistait la différence l\ n'est pas

surprenant que cette matière soit obscure pour nous» puisque nous voyons non-seulement les contemporains d'Auiu-Gôlle» mais cet écrivain lui-même commettre de continuelles confusions. (AUL. Lib. XVI. c. 13. — Beaufort. Rep. Rom, T. V. p. Î16.

A mesure que les distinctions s'affaiblissaient, les villes se confondirent dam une commune sujétion. Le nom de municipe , autrefois tout spécial » commençait à être employé improprement dans la désignation de villes non municipales et il finit par l'être indistinctement dans le langage des écrivains corrects pour désigner quelque ville que ce fût, — Voir Tacite Ann. L. I. —, XV.) Essai sur l'adm. municip ; par

MiGNBRBT.

Tour-4-tour une civitas a sa circonscription étendue ou amoindrie ; un municipe derient une colonie , une colonie passe à l'état de municipe ; un pagus, d'abord libre comme une république , est transformé, après une rébellion, en préfecture, quelquefois est réduit à une espèce d'esclavage ; et les chefs de l'empire, qui ne cessent d'avoir les yeux fixés sur toutes les terres conquises , augmentent ou diminuent incessamment les privilèges dont chaque pays peut être doté en récompense de sa fidélité ou en punition de sa résistance.

En résumé, l'opinion qui nous semble la plus vraisemblable est celle qui tend à admettre : 1» que le pays des Vélaune*^ avait une métropole, Ruessium, qui devient municipe et qui au 111* siècle avait le titre de civitas Vellavorum libéra ; 2^ que surtout pendant la seconde période de la domination , le pays fut successivement divisé en colonies (1) , sans que ce mot doive avoir la même portée historique que sous la république et les premiers empereurs; enfin 3° que l'une des colonies occupe le territoire d'Anicium et eut un préfet nommé Nonnius,

(1) Voir ce que nous avons dit à ce sujet d'une colonie fondée dans le pays de Bas, par C. Bassus, prœfcctus fahrorum, page 202.

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VELLAVIOMXBVSOF ISCIYILBVSIXCIVITA ï^- W

SVAFYXCTO AFERBAR (1) RVMCIVIPATERNVSAMi CVS SBI Q\E ATVTS DE PROPRi POXEXDVM G VRAVIT ET

DoNNi Prisciani y£llavi omnibus

OFFICIIS CIYIUBUS LN CIVITATE SUA FUNCTO A. FERBAE...EIIII G. IVI. PaTERMJS ami.. us SIBI que VIVUS de PROPiUA PONENDUM CURAVIT ET

A X . . . Donnus, fils de X . . . Donnus Priscianus, vellavien , lequel a rempli tous les emplois de sa cité. . . . C Julius Patei^nus , son ami , a fait élever de son vivant, à ses frais, ce mo7iument, et le lui a dédié

(1) On lit réellement sur la pierre sua functo a ferhar

mm; après nouvel examen très-attentif, nous avons pu constater qu'en effet la lettre b est visiblement marquée. Cependant nous devons ajouter qu'il nous semble difficile d'attribuer un sens queicouque à ce mot, tandis que si l'on adopte la version proposée par M. Aymard et qu'on écrive : A. Ferrari arum, alors la lettre a pourra être considérée comme un abréviatif du titre d'A dlector (représentant surveillant, directeur) et on lira : directeur des mines de fer. Ou en

ùMt féem ttnolBrp. aqoBrffani déposée an Basée de la ville, éttitjidiscn^iipBedais une des manilks as k fe&e omr. près da dodier de la cafliédiak. — On ronurque que les indkaticMis données pair cette épitiplie sont conçiies en de Ids termes qoll serait impio^able de préciser Fendroit où le tombean a été érizê. — Noos pensons qa*il serait é^ikment très^4ifiScik de déteiminer h date de ce petit monoiDent. soit pure que ce qo*il constate peot se référer à des époques historiqoes trèsdilfo^nites . soit parte qw ks lettres , en général très-mal formées . laissent de grandes incertitudes sor son origine an point de Tne épigraphiqoe. On Toit, néanmoins, qne le principal titre dlionnear da défimt est d aToir ranpli toutes les fonctions d- Tiles de la cité. Cette mentiim se retrouTe souvent reproduite dans d autres inscriptions il); c*est qn*en

écrivant ferrâriorum , furreiliant des ouvriers qui iravaillent sur le fer. — Les ferrarii étaient au nombre des oumers qui, en raison de leurs pénibles travaux , étaient exempts de certaines charges publiques.

{ly L. BESSIO SCPERIORI

VIRIMA5D. EQ. B.

OMMBUS HOXORTBUS APCD SUCS FU5CT0 PATROKO KArTARm ABARICOR

fGruter,Usc.,X. i,p.^.

TIB. POMFBIO POMPE lUSTI FIL PRISCO. CADTR CO. OM?(IBUS HO

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INSCRIPTION m LA CURIE.

effet, après avoir rempli toutes les charges municipales, un décurion passait dans la classe des honorés (honorati) et en prenait le titre. Il pouvait être élevé la dignité de comte et , s*il tombait dans l'indigence, il devait être nourri aux frais de la cité.

FDC

FACiENDUM DUUMViRi (OU decuriones) curaverunt.

Ce cartouche, de 0,37 de bugueur sur 0,38 de hauteur, se voit dans le mur absidal de l'église Saint- Jean. Il devait être placé au-dessus de Tendroit où s'affichaient et se proclamaient les ordonnances de justice. — En admettant que cette pierre appartienne par son origine à la ville du Puy , elle ne saurait préciser aucune date , puisque la cité épiscopale des VI« , VII« et VI1I« siècles était encore adminis-

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trée par des dèmrions et avait conservé an grand nombre des anciennes formales rmnaines (i).

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