PACIFICATION GÉNÉRALE DU VELAY
Le 15 octobre 1595, un courrier arriva d'Avignon apportant au Puy la nouvelle de l'absolution générale donnée au roi par le Saint-Père. Le gouverneur et les consuls ne savaient quel parti prendre. Comme ils ignoraient encore les volontés du parlement, ils résolurent d'attendre quelques jours en silence ; mais le peuple, qui ne tarda pas à être instruit de ce qu'on lui cachait , murmura et fit entendre par les rues sa plainte accoutumée : « Pauvres gens que » nous sommes, hélas!... nous faudra- t-il toujours 9 payer l'ambition et les sottises des grands ?.. . »
Plus de cinq mois se passèrent & attendre au Puy si Ton serait royaliste ou ligueur. N'était-ce pas une
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situation vraiment affligeante que celle de toutes ces villes inférieures dont les destinées demeuraient ainsi suspendues sous le caprice de négociateurs étrangers. Pendant ce temps, les derniers débris de la fanatique confrérie de la croix s'agitaient dans l'ombre et cherchaient à ressaisir un pouvoir qui lui échappait. Profitant de cette fatale incertitude, ils ne cessaient de réclamer de rigoureuses poursuites contrôles derniers prisonniers. L'Estrange n'osait se prononcer ouvertement : il y avait trop peu de jours encore que lui-même excitait l'ardeur de ceux auxquels il lui fallait résister aujourd'hui. Dans cet embarras, il ne vit rien de mieux pour gagner du temps que d'appeler à son aide la décisive intervention du parlement. En conséquence un arrêt fut rendu. — a Sous trois mois, les conjurés du 16 oc- » tobre 1594 avaient ordre do se présenter devant la » cour, et d'ici à cette époque tous devaient être 9 élargis en donnant caution. »
Le gouverneur s'empressa de faire publier ce jugement et fit conduire les détenus aux portes de la ville. Mais les ligueurs ne furent pas dupes de ce stratagème. Réunis en tumulte, ils assaillirent les royalistes à coups de pierres et se prirent ensuite à injurier les citoyens qui avaient montré pour eux quelque pitié.
Dans le courant de janvier 1596, Henri IV se ren-