PACIFICATION GÉNÉRALE DU VEUT
Ce ne fut que le 5 avril, à 8 heures du matin, que la nouvelle parvint au Puy. — Au môme moment toutes les cloches sonnèrent, le peuple se rendit en foule au palais, où le juge-mage, Tavocat du roi et un consul prononcèrent des harangues sur l'heureuse issue de si longues souffrances. On lut les lettres royales de Folembray au milieu des cris de Vive le Roi ! et on courut ensuite à Notre-Dame pour chanter un Te Deum. Le reste de la journée et les journées suivantes se passèrent en réjouissances. Les petits enfants parcouraient la ville couronnés de fleurs, les magistrats, les consuls et les dignitiires du pays, précédés de fifres et de clairons, en grand costume, à cheval, chacun tenant à la main une branche de lis, s'en allaient de carrefours en carrefours publier la paix et l'édit du roi. Les processions, qui depuis si longtemps avaient l'air de funérailles, reprirent tout-à-coup leur brillant aspect. Le clergé, revêtu de ses riches ornements, voulut être le premier à prier Dieu pour l'hérétique converti, à donner au peuple l'exemple de l'oubli du passé. Sa réconciliation prit tout l'éclat d'un triomphe, et lui seul invaincu parut moins se soumettre qu'ouvrir paternellement ses bras au repentir.
NOTE A (Page 197;
Les états du Gévaudan, réunis à Saugues, le 3 octobre 1580, délibérèrent et firent remettre au roi le procès- verbal de leur délibération. Dans cette pièce, signée de tous les membres qui assista ient à l'o^ne^te, il est dit textuellement : — « Après le siège de Saint-Agrève. l'armée du seigneur de Saint-Yidal se trouve tellement affaiblie par le débandement de plusieurs compagnies, que ce qui reste de celte armée se coropoie pour le plus grand nombre de soldats blessés ou harassés à la suite de ce siège, et qu'en un tel état, ce serait mettre ce pauvre pays du Gévaudan en une dépense inutile que d'entreprendre le siège de Mende avec de tels bommes. > — c Les états expriment le désir que le seigneur de Sainl-Yidal soit supplié de faire loger son artillerie, ses poudres et ses balles dans la ville du Piiy, comme étant le lieu le plus fort et le plus sûr de tous ses quartiers, et cela jusqu'au temps où i! sera permis de les réclamer pour en faire bon usage pour le service de Sa Majesté. »-> «Les états indiquent
qu'il serait prudent de confier la garde de ses munitions à un notable personnage de ladite ville du Puy, lequel serait tenu d'en faire un loyal inventaire, et ils insistent encore afin que les habitants du Puy remplacent à leurs frais tout ce qu'ils ont pris de munitions pour le siège de Saint-Agrève, qui est une ville de leur provinre. »
NOTE B (Page 202^