CONTRE LA VILLE DU FUT
MDLXXXI.
Le seigneur vicomte de Polignac avoit une tienne subjecle, femme à M' Simon Bnm, son procureur, qui fui battue, comme ou lui avoit donué à entendre, à la maison du sieur Jacques TriouUiic.
Ce qui fut l'occasion que le jour xiij du mois de may 1581, ledictseigueur vicomte, cncompaignie d u seigneur de Cbaste et aulires. en nombre environ de quarante chevaux, sur le soir, seruit venu i\ la porte et garde des Farges, pour par force vouloir enlrer dans la ville, aller battre celuyqui avoit baitu sa dicte subjecte -, mais fut repoussé par la garde. Au moyen ào. quoy et voyant ne pouvoir en rien exécuter son Intention, se priut à courir par les fossés; comme enragé, et à grands coups d'espéc battoit, bîessoit et mutiloit tous ceulx qu'il trouvoit en son visage; tellement qu'il blessa jusques à la mort cinq ou six des babitans de la ville. Et comme les habitans virent ces excès, ils furent contrainlz à tocsin se assembler
en anues. Us sortirent de la ville, se prindreni à courir sur la troupe du vicomte qu'ils suivirent jusques à l'oratoire du chemin de Saint-Jacques; mais ils ne la purent atteindre, parce qu'ils estoient à cbeval, bien montés : tellement que lesdicts babitans furent forcés de se retirer pour ce coir.
Sy, manda le vicomte qu'il relourneroit le lendemain avec plus grand force d'armes et compagnie et qu'il vouloit avoir raison dudict battement contre Trioulenc; ce qui donna moyen aux habitants de mettre armes et équipages à la porte de la ville, en bonne volonté de se bien deffendre.
Toutesfois, le seigneur vicomte ne retourna point le lendemain, ayant prins autre ad vis. Et les Messieurs consu s et la •i usticc s'assemblèrent en conseil général ; auquel conseil fut parlementé dudict excès, conclud et arrêté de faire poursuites par voies de justice et d'en enquérir secréteni''nt ; comme fut faict par le prévost et la justice du sénescbal. Auquel conseU assistèrent Monsieur de Saint-Vidal, gouverneur, et aultres notables de la ville. Il fut conclud de poursuivre ledicl seigneur vicomte jusques à un arrest en parlement à Paris. — Lesquelles inquisitions faictes, il fut décrété que pendant le conseil et procédure, le prévost Martel demeureroit à la porte de la ville avec une bonne compaignie de geus, pour se prendre garde que le vicomte avec ses forces ne donnassent à la porte et garde de la ville et maison consulaire et empeschassent ledict conseil et procédure. Auquel conseil l'assemblée ne vouloit permettre y assister M» Jacques Dolézon, consul, pour ce qu'il estoit officier dudict seigneur vicomte, et que par les statutz de la ville, tous les officiers des gentils-hommes ne debvoient avoir lieu ni entrer Sans ladicte maison consulaire, esmoins estre consul. Par ce moyen , ledict Dolézon sortit hors du conseil.
Il advint le 14' jour de may après, suivant le décret donné par le conseil et justice sur lesdlctes inquisitions, qu'il fnst
ordonné et enjoinct au prévosl Martel, de se transporter au chasteau de Folignac, pour sommer ledict vicomte de se présenter en personne eXse faire ouyr sur lesdits excès et inquisitions. Pour ce faire, lui fut baillé une compaignie de soldats avec les capitaines isliers. Ce que le prévost fit, et se présenta au-devant du chasteau de Polignac, somma le vicomte de se présenter dans trois jours par -devant ledict prévost et justice du séneschal. — Pour réponse, le vicomte fit tirer de grands coups de canons et de mousquetz contre ledict prévost ; tellement qu'il fut contrainct se retirer sans faire auUre procédure.
Que fut l'occasion qu'après les trois jours passés, le lendemain 17* jour du mois de may, ledict prévosl, continuant sa procédure, fit à son de trompe crier à trois briefs jours ledict vicomte et aultres gentilshommes de ses complices et de sa suite, nommés aux informations. — Du tout, it fit sa procédure et verbailh.
À roccasion et en haine de ladicte poursuite, le seigneur vicomte ne cessoit journellement avec ses complices de courir le pays et les environs de la ville jusques aux portes d'ycelle avec force d'armes, faisant ses efforts pour se saisir de l'une des portes, et faisant plusieurs batteries et blessures fi ceux qu'il Irouvoit du Puy, jusques à voler et deslrousser les pauvres pèlerins venant de leur pays en pèlerinage àNostre-Dame du Puy.
De sorte que le peuple estoit scandalisé, jusques aux petits enfans qui crioient un à l'autre : Garde du vicomte qui te tuera /... En sorte que le seigneur de Saint-Vidal, gouverneur, fut contrainct de faire fermer les portes de la ville, et l'on ne laissa que la porte Saint-Gilles ouverte, ayant faict dresser les pièces et artilleries, faisant bonne garde de jour et de nuict, pour la crainte du vicomte.
Le 36* de may, heure de dix du soir, par commandement
du goQv<»nieur, les capitaines isliers furent mnndés avec leors compagnies de venir en armes accompaigner le prévost, pour alier en campagne empescber que ledict vicomte avec ses complices, comme déjà avoient faict. ne continuassent de destrousser les pauvres gens qui portoient des vivres à la ville et aullres marchands traffiquans ; tellement que personne n'osoit marcher en campagne.
Ayant cheminé ainsi la nuict, sommes allés an Collet, maison du sieur Lanthenas, où illec fusmes descouverts dudict cbasteau de Polignac, et de làfutUré grands coups de canons. Sur le point du jour se assemblèrent au tocsin grand nombre de soldats et paysans, tellement que poursuivirent ledict prévost et ses compaignies de si près que, en combattant, lurent Inès deux enfans du Puy, l'un nommé Bouzet, et Taatre le fils de Anne Yigne. Y eut plusieurs blessés , que donna estonnement au prévostet au sieur de Bioutjr, capitaine général; ce que fut l'occasion de mander venir ledict sieur de S inct- Vldal, avec des forces, pour y mettre ordre ; comme il fit. — Car bien peu après, ledict sieur avec grande compaignie des habitans de la ville seroient venus audicl lieu trouver le prévost et le capitaine. Et y estant arrivés, le sieur gouverneur se prit à parlementer avec le seigneur de Chaste, un des complices du vicomte. — Et après, fat entre eux conclud et arresté que ne seroit rien demandé ne querellé à aulcuns du Puy traûquans aux champs, ains paisiblement et en assurance aller, venir et trafiquer l'un avec l'autre.
Toutesfois, ledict seigneur vicomte et ses complices auroient contrevenu à leur promesse; car tous les jours ils estoient aux champs en armes pour destrousser, voler et meurtrir les pauvres gens du Puy ; mesme trouvèrent-ils sire Durand Ranissac qu'ils blessèrent jusqu'à la mort, l'ayant allé battre et voler dans sa métairie au lieu de Cbaspuzac. De mesme trouvèrent un pauvre marchand du Puy, nommé sire
Jacqaes Farnier , auprès de Brives, que ledict sieur de Chaste avoit batlu et blessé de sa personne. Ce que donna advis à la justice, aux consuls et à la ville de s'assembler en conseil général. Auquel conseil fut résolu et arresté que seroient bailhés cent hommes auprévost, auxdespens de la ville, pour luy assister, et qu'il pût courir aux champs, pour empescber le vicomte et ses complices de ne continuer lesdicts excès et voleries , et que les pauvres habitans de la ville fussent soulagés. A quoi ledit prévost ût ses diligences et efforts.
Et cependant, suivant la résolution du conseil fut mandé exprès à monseigneur du Puy, qui estoit à la cour, de remontrer au roy lesdicts excès et violances du vicomte, pour en avoir sur ce déclaration et la volonté du roy. Toutefois, ledict sieur gouverneur estoit d'avis de surseoir auxdictes poursuites jusques après la respouse du seigneur du Puy, ce que le peuple i/e trouva bon, préférant de continuer lesdites procédures et poursuites par justice comme ils faisoient.
Mais cependant, ledict sieur vicomte et ses complices ne cessoient de continuer lesdictes voleries, battemens, destroussemens et excès ; de telle sorte que personne n'osoit marcher aux champs, demeurans comme esclaves dans la ville ; car aussi, le danger y estoit grand et encore davantage. — Ledict vicomte avoit prohibé et deffendu àtous grangiers et métayers des métairies que ceux du Puy avoient dans le mandement de Polignac de ne les cultiver, ne semer, ny leur rien payer.
Pendant lequel temps, la maladie de contagion avoit encore sa force dans la ville, que y avoit beaucoup de maisons infectées; et le peuple n'avoit moyen de fuir comme autrefois aux champs, aux villages et métairies, à cause du daifger de peste ; tellement que plusieurs mouroient de ladicte maladie.
Cependant fut advisé par le conseil de lever une compaignie de cent cinquante hommes aux despens communs, et les
432 NOTES ou LIVRE SECOND.
ecclésiastiques contribuer pour cinquante honnmes. Ce qae les gens d'église refusèrent faire, bien que ce fût pour la doffense de la ville et du pays. Et tellement, que pour payer ladicte cotisation, on fit un emprumpt sur les biens aysés de la ville, chacun selon sa faculté et moyen. Auquel emprumpt, les capitaines isliers ne furent en rien cotisés, pour raison de la peyne qu'ils avoient toutes les nuicls à la garde de la ville. — Desquels deniers les soldats estoient payés.
A l'occasion de ladicte contagion, fut en conseil résolu et arresté que, pour le secours des pauvres pestiférés, seroit commis un prebstre, pour les exorter et consoler, et donner la saincte confession, et un chirurgien pour les panser et médicamenter aux despens de la ville. Ce qui fut faict ; car les pauvres pestiférés estoient si mal à leur ayse qu'ils estoient au désespoir. En conséquence, pour leurs secours spirituels et corporels, lesdits prebstre et chirurgien furent commis. Pendant lequel temps, pour pourveoir aux affaires dudict vicomte et autres, furent députés douze notables personnaiges pour conseillers. Et fut dit que ce que par yceulx seroit faict et conseillé, seroit tenu pour bon et vallable; comme aussi à la vérité, lesdicts conseillers s'en acquittèrent au contentement du peuple.
Je ne puis oublier que pendant ladicte maladie de peste et contagion, le sieur vicomte ne cessoit de continuer avec ses complices les voleries et meurtres contre ceulx qu'ils pouvoient rencontrer; car le 29 de juillet, ils allèrent tuer et massacrer un pauvre paysan d'Espally étant dans un pré de Jehan Pascal, du Puy, au terroir des Estreitz où il fauchoit le foin. Que fut le moyen que les pauvres parens du meurtry vindrent crier audict Polignac, en parlant au vicomte et demandant justice du meurtre. Ce que rendit si estoané ie vicomte, que ayant peur de plus grand mal et danger, employa le commandeur de Chaste, homme d'bonneur, de pro-
curer et moyenner une paix avec la ville. Et pour ce faict, il se transporta à la maison Dorny. en sa vigne, au cheajin de Cbeyrac, avec des soldats, où illec, parlant aux consuls et auitres de la ville, furent commentés quelques propos, quelques paroles injurieuses sur le vicomte, proférées par les habitans de la ville et qu'il falloit faire desdire. A quoy fut respondn. que si quelques particuliers avoient mal parlé du vicomte, que la ville n'en estoit point la cause et &e falloit prindre contre celuy qui les avoit proférées.
Et toutesfois, pour continuer ledict parlement d'accord, fut renvoyé au lendemain, dans le couvent Saint-Laurent. —> Et le lendemain, tiers du mois de juillet, le seigneur commandeur se trouva au couvent de Saint-Laurent, où y furent présens: de la part de la ville, le seigneur de Saint-Vidal, gouverneur , le seigneur de Glavenas, maistre d'hostel du seigneur êvesque du Puy, le sieur de Vol hac^ consul, et certains autres notables de la ville ; où iilec fut parlementé dudict faict et accord, mais ne fut rien arresté. — Ains, l'assemblée se sépara sans rien faire. Le discord et malveilhant procédoit de ce que la ville n'avoit voulu bailher et accorder les pièces de canon d'artillerie au seigneur de Sainct-Héram, beau-père dudict vicomte, pour les mener et conduire au camp d'Yssoire, lorsque le frère du roy l'avoit assiégt^e.
Après, et veu que n'y pouvoit avoir accord, la ville poursuivit si fort en justice, que le procès fut jugé parla cour du séneschal contre lesdicts vicomte, Charte, Tournon et auitres nommrts audict procès, ils furent condamni^s à mort, leurs biens conflsqués, et amendes envers le roy, la ville et aux pauvres maladts, blessés et hériliersdes meurtrys. — Et laqiielle sentence se prononça en audience, le tiers de juillet. De laquelle sentence M. Vidal-Jouguet notaire, se porta pour appelant pour ledict vicomte et ses complices.
Et le 1*' Jour de septembre, la peste continua et recommença
dans la ville, de telJe roideur et force, que y monroient à grand nombre les pauvres malades; de sorte que Toane sçavoit où les mettre ; car personne n'osoit sortir de la ville pour la crainte dudlct vicomte et des forces et battements qu'il faisoit aux pauvres gens qu'il trouvoit par les champs, jusqu'à venir en armes courir aux fouxbourgs et jusquesaoi portes de la ville.
MDLXXXII.
En l'année 1582, monsieur le juge-mage auroit obtenu arrest du parlement de Paris, confirmé par la provision du roy, et pour l'exécution duquel, contre ie vicomte dePolignac, ledit sieur juge-mage accompaigné du seigneur de Saint-Vidal, gouverneur du Yelay^ les capitaines islîers et habitants de la ville en armes , se transportèrent à Geyssac ; où illec, auroient intimé à la garnison du vicomte de sortir et vuider ledit fort suivant la volonté du roy ; De plus, à tous les habitants dudit lieu de Geyssac, de faire redres> ser la maison dudit juge mage comme elle estoit auparavant, sous peine de quatre mille livres d'amende et d'estre désobeyssants à la majesté royale. — Daté du tiers de ce mois.
Le 1*' jour du mois d'apvril de l'an 1582, le roy Henri tiers auroit mandé venir personnier M. le juge-mage devant lui à Paris avec son scribe, et porter ledict procès des habitants de la ville contre ledict vicomte et le sieur de Chaste, pour le faire voir au conseil ; le tout à la poursuite du seigneur d'Arqués, beau-frère du roy et oncle dudict de Chaste. Ce que ledict sieur juge-mage obéissant, flt en la compalgnie de H* Jacques Boyet , son greffier.
Le procès estant refaict contre les actes, fut porté au roy, lequel bailha un arrest par lequel toute la procédure du-
d ici j âge- mage fut confirmée, et fut ordonné estre bailhô esparensdes dêruncls et blessés de la querelle dudict vicomte 1000 escus à prendre es-deniers du roy . En oultre , le roy gratifiant ledict juge-mage, luy auroit augmenté un siège présidial au Puy , luy en estant président et portant la robe rouge. De quoy tout le peuple se mist à crier contre ledict juge mage d'avoir ainsi, malgré le debvoir de sa charge, trompé le pauvre peuple el lui avoir rapine et pris 1000 escus des mains et propres deniers pour ledict vicomte et ses complices.
Nonobstant ce , le juge-mage auroit faict. assembler le conseil général de la ville , auquel il fit entendre la volonté du roy touchant ledict siège présidial , ce qui seroit une fort bonne commodité à la ville. —Auquel sieur juge-mage , tout le conseil assemblé fit response : qu'il ne vouloit ne entendoit avoir ledict siéi^e présidial. De quoy ledict sieur juge-mage, mal content, s'en sortit dudict conseil. — La ville, pour faire son voyage, luy avoit accordé 250 escus, mal employés et payés , car ne se trouve qu'ils aient estes payés, comme le bruit en estoit.
HDLXXXIII.
Le jour 7' de mars de l'an 1583 , ledict tieur vicomte . en la compaignie de Madame sa femme , le sieur de Chaste et plusieurs auUres de leurs complices , seroient venus au Puy en pèlerinage rendre grâces du bien qu'ils avoient reçu de leur délivrance contre la ville, où ils séjournèrent deux jours, sçavoir : ledict vicomte et sa femme à la maison du seigneur évesque , et ledict sieur de Chaste à la maison du frieur juge-mage , où ils firent grand chière , en récompense de leur dict arresl de délivrance; ce que les pauvres ha-
436 NOTES oc LIYRE SEQfND,
biiants de la ville, à lear grand regret preindrent patiem* lueiu.
{Extrait des manuscrits originaux de Burel et de la copié de M. de St-Sauveur).
NOTE C (Page 216;
Le 13 Juin 1585 M. de Saint-Yidal, goaverneur dn Telay et du Gévaudan, écrivit à M. de Saint-Haon , alors au Puy, de faire occuper le château de Natissac, armé de deux canons, le priait « d'adviser que les soldats qu'il nietloit
> dedans et celui qui leur commandera soient cognus et » bi^n fiables. 3»
Le 26 du même mois, les consuls et syndics de Mende informèrent M. Julian , commandant à Langogne , de se prémunir contre les mouveir.ents qui allaient éclater. ^ M. le lieutenant, disaient-ils , Ton a attrapé des lettres » que le seigneur de la Garde de Peyre écrivoit an capi- » laine Seguin et autres fonctionnaires de la religion pour » assembler troupes de cheval, pour quelque grande eu- » treprise qu'ils ont en main et qu'ils doivent bientôt exè-
> cuter, et c'est cau::e que nous dépêchons ce porteur à » M. de Saint-Vidal pour l'en avenir et vous prévenir de :» faire avec MM. l^s consuls de vôtre ville et autres bons » habitants si bonne et exacte garde, qu'ils ne puissent » rien attenter contre vous, et d'avertir incontinent le » château de Naussac que nous sommes à la veille de voir » éclater la lempôte qu'ils ont fci longtemps couvée, priant
> Dieu qu'il nous veuille garder de leur méchante conspira- » tiun et vous donne monsieur longue et heureuse vie. > — A Mende ce XXVI* juin 1585.
NOTE D (Page 274;
Extrait des registres du parlement.
La cour , sur la requête présentée par le procureur-général, etd'ailheurs avertie des entreprises , monopoles, levées d'armes, conjurations et conspirations que le sieur de la Châle, naguère sénéchal de Velay , avec aucuns gentilshommes et autres à luy adhérans , font tant contre l'état dudict pays que contre la religion catholique , apostolique , romaine ; informée des oppressions faites au pauvre public par saysies et emprisonnemens de leurs personnes, rançonnemens, saysie de leurs biens et de plusieurs autres actes d'hoitilité contre les prohibitions c^-devant faites par les arrêts sur ce donnés. — A enjoinct et enjoinct tant au seigneur de Saint-Vidal , lieutenant et go'jverneur audiet pays et commis par la cour à ladicte requête dépendant de Testât
et charge de sénéchal que à tous gentilshommes, ca-
pilainiis et autres qu'il appartiendra, tenir la main à, l'exécution des arrêts d'yceluy , faire cesser et prohiber par toutes les voyes convenables et nécessaires, lesdicts monopoles, assemblées , oppressions , ernprisonnemens et actes d'hostilité, d'user en cet endroit de telle résistance et diligence requises et nécessaires, enjoignant en outre aux officiers et magistrats de ladicte sénéchaussée du Puy , cbascun en son endroit, informer et diligemment enquérir des contraventions et de tous autres actes qui en dépendent , et contre les infracteurs calvinisans procéder con.me perturbateurs du bien et repos public à telle punition exemplaire que le cas requiert , et du tout certifier la co.ir de ce qu'ils y auront fait sur peine de suspension d3 leurs offices et autres arbi-
Iraires. — Prononcé à Toulouse , en parlement , le 22 juillet l'an 1589.
(Pièce originale sur parchemin , déposée aux archives du département de la Haute-Loire).
NOTE E (Page 279y
PhiUppt Desportes , le plus illustre et le plus rictie poète de la cour d'Henry III , eut une jeunesse pea fortunée. Chassé de chez le procureur où il traTaillait, dit Taliemantdes -Beaux, il prit son paquet et s'en alla à Avignon, sur le pont, où les valets à louer se tiennent. Là il entendit quelques jeunes garçons qui disaient : « Monseigneur l'évéque du Puy a besoin d'un secrétaire. » Desportes s'en alla trouver l'évoque qui était alors à Avignon. Sa physionomie plut au prélat. Etant au service de H. du Puy, qui était de la maison de Senecterre, il devint amoureux d'une de ses nièces. Cette maîtresse est appelée Cléonice dans ses ouvrages. Ce fat du temps qu'il était à ce prélat qu'il commença à se mettre en réputation par une pièce de vers qui commence ainsi :
nuit! jalouse nuit.
(Voir la dissertation sur la vie et les œuvres du poète placée en tète de ses œuvres et écrite par Alfired Michiels. — Paris, Dela?iay8 1858.)