‹ Histoire du VelayChapitre 25 sur 125 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

Le mariage du Béarnais avait été retardé par la tnort soudaine, quelques-uns disent par l'empoisonnement, de Jeanne d'Albret. Il fut célébré avec le plus grand éclat, à Notre-Dame, sous les drapeaux réunis de Jarnac et de Moncontour, le 18 août 1572. — Le 19, on dansa toute la journée chez le duc d'Anjou. — Le 20, les fêtes se continuèrent encore. — Le 21, vendredi, dès le matin, le roi entretint longtemps l'amiral, puis s'en alla jouer à la paume avec Henri de Guise. Au moment où Coligny rentrait chez lui, à pied, passant devant le clottre Saint-Germain-l'Auxerrois, il fut blessé d'iui

Lk SAlNT-BARTHÉLEMY. 100

coup d'arquebuse qu'un certain Maurevei lui tira par une fenêtre. Ce Maurevei était un agent du duc de Guisey implacable ennemi de Famiral. Le duc, de son côté, n'agissait qu'à l'instigation du roi, dont la pensée était de se défaire de ces deux seigneurs, l'un par l'autre.

Dès que cette triste nouvelle se fut répandue, Charles IX, sa mère et toute la cour s'empressèrent autour du lit de l'amiral. Armé d'une dissimulation que l'enfer lui soufflait, dit un auteur moderne (1), le roi se montra, dans tous ses mouvements, dans toutes ses paroles, comme le fils le plus tendre de celui qu'il avait pourtant résolu de faire assassiner. Je punirai cet attentat, s'écria-t-il, aucun coupable ne m'échappera; je les frapperai, fussent^ls de mon sang, mon père ! la blessure est pour vous et la douleur pour moi... Il se retira en le recommandant aux soins de son propre chirurgien, Âmbroise Paré. — Le 22, le parlement commençait des informations sur l'assassinat de Coligny. — Le 23, tandis que les protestants se reposaient sur la tendresse filiale de Charles IX, lui, tenait conseil dans son Louvre avec ses favoris Tavanes, Gondi , Nevers , Montpensier, Anjou, Angoulëme et Birague. Guise, dont il voulait se servir pour l'immoler ensuite, avait

(1) LACR£T£LtE (Règne de Charles IX).

110 L\ SAINT-HARTHKLEMY.

aussi été appelé. On décida un massacre Deux personnes (le roi de Navarre et Condé> fn i seules exceptées, à la condition toutefois «jrx't! abjureraient; les autres furent condamn&e^ ^^ miséricorde. — Pendant la nuit du 24, le^ dres furent discrètement distribués dans tous quartiers de la capitale. Catherine vînt elle— m^ dire à son fils : Il faut que le signal réponde à thi loge qui va sonner minuit. — Eh bien ! répondi il, qufm coure à Saint-Germam , foi besoin <i sortir de Véiat où je suis.

Le tocsin se fait entendre. Aussitôt Guise s'élano

chez Tamiral; cependant il n'ose monter. II afifencr"

dans la cour et envoie un de ses gens. Celui-ci entn*

et dit : — Est-ce toi, Coligny ? — C'est moi-mêine,

jeune homme. Tu devrais respecter mes cheveux

blancs, mais obéis à ton maître^ tu ne pourrai

accourcir ma vie. que de quelques jours,., et il esi

frappé de deux coups, an visage et dans le cœur.—

Est-ce fini? cria le duc. — Il est mort. — Eh bien^

fais-nous le voir! — Le corps de Coligny est jeté

par la fenêtre. Guise, pour le reconnaître, a besoin

d'essuyer le sang dont le visage est couvert. Quand

il est sûr du crime, il fait couper la tête qu'il envoie

à la reine, et le corps est traîné par la populace aux

fourches patibulaires de Montfaucon. C'est là que le

roi lui rend sa dernière visite, en répétant ce moi

^yr-mmifT ^^ saint-barthélemy. 111

/../. „„ ^.oce de Vitellîus : Le cadavre d'un ermemi sent

j Y ,iS;owr5 bon; que je le voie!

^, ... Toutes les cloches sonnaient, la ville entière était

' /. émoi. Les catholiques, des torches, des poi-

. . !'iards à la main, des chapelets, des scapulaires au

,. , .. /)U,une croix blanche sur le chapeau, parcouraient

^ . s rues, entraient dans les maisons, égorgeaient

. ms pitié femmes, enfants et vieillards. Les plus

^ , lustres gentilshommes, ceux qui passaient pour les

.mis du roi, ne furent pas épargnés. Teligni, le

' ^ «mte de la Rochefoucault, Soubise, Pluviant, Crus-

iol, Mortemart, Rouvrai, Clermont de Piles, Guer-

chi, Lavardin, le vieux Biron, Caumont-Laforce

^^^^^ furent égorgés à la fois ; le Louvre même ne put

'^^ ^'servir de lieu d*asile. Sous les yeux des princesses,

^''' on poignardait leurs officiers, leurs amants. On dit

"^ ^^'' que, dans le carnage qui dura trois jours, artistes,

'■ savants, prêtres, soldats, marchands, niagistrats

. ^ profitèrent du désordre pour aller égorger leurs

^' rivaux. Plus de douze cents gentilshommes, plus

" ^ de cinquante mille Français périrent dans cette ter-

'^'[ rible catastrophe.

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