UNE MESSE A FAY-LE-FROID
chronique, comme s*il eut fait ce métier toute sa vie.
La place ne put opposer une longue résistance. Monseigneur entra victorieux dans le château aux acclamations des soldats surpris de rencontrer tant de vaillance chez un prêtre, et des catholiques de Tendroit qui vinrent, les larmes aux yeux, se je* ter à genoux sur son passage en criant : Noéll 11 se fit conduire immédiatement les chefs des rebelles, et sans prendre la peine de descendre de cheval : « Ne vous souvient-il plus de moi, cria-t<-il afin » que tous pussent Fentendre, je croyais pourtant » vous avoir déjà donné non loin d'ici une leçon «?> suffisante? Impies, pensiez-vous que je ne vous » atteindrais pas et que je ne saurais trouver le » chemin de ces montagnes? Novit Dominus viam » justorum et iter impiorum peribit. Vous avez » fatigué la clémence du ciel, vous avez épuisé celle » des hommes ; il est temps enfin que mon trou- » peau se repose dans un bercail pacifique. Pour » lui, je conserve ma houlette pastorale, mais pour » les loups affamés^ qu'ils prient Dieu maintenant, » car je serai implacable. Allons, Messieurs, ajouta* V t-il en se tournant vers quelques prêtres de sa 9 suite, préparez tout pour le divin office et h&tons- D nous, on nous attend ailleurs. »
A ces mots, Senecterre quitta sa monture^ revêtit les habits pontificaux, s'avança solennellement vers