‹ Histoire du VelayChapitre 48 sur 125 · SIÈGE ET PRISE DU CHATEAU DB SAINT- AGRÉVE · texte numérisé non relu

SIÈGE ET PRISE DU CHATEAU DB SAINT- AGRÉVE

Conformément aux ordres de la com*, on venait de publier dans tout le Velay une ordonnance par laquelle les citoyens avaient immédiatement à se rendre armés au chef-lieu, et à fournir, proportionnellement à leurs facultés, les provisions de bouche nécessaires. Quant aux munitions de guerre, il arriva d'Auvergne huit pièces d'artillerie , près de quatre-vingts barils de poudre ou de plomb qu'apportèrent trois à quatre cents pionniers ( 1 ), enseignes au vent. Cette contribution était urgente. « Aussi, » dit le chroniqueur, les pauvres paysans étoient » contraints, pour satisfaire au paiement de leur » part, d'emprunter argent à gros intérêts, ce qui » causa grands complaintes et regrets* »

Aussitôt que les gouverneurs furent prêts, celui du Vivarais vint au Puy rejoindre Saint-Vidal; de là, ils se mirent en marche pour Saint-Agvève à la tête de six cents chevaux et de soixante enseignes environ, de gens de pied. — Le 12 septembre 1580, les troupes arrivèrent sous les murailles. Le lieutenant de Monseigneur de Nemours, l'évêque, le vicomte de Polignac, Latour-Maubourg, les seigneurs

(1) Lesdils pionniers firent leur montre au pré du Breulh. C'estoU un plaisir de voir menuisiers, charpentiers, maréchaux travaillans les jours de dimanche et de Notre-Dame de septembre, pour accommoder les pièces.

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d'Adiac, de Chaste et les meilleurs gentilshommes de la province voularent prendre part à cette expédition. — Le 16, la place fut investie. Le 22, le siège commença. Le 23, les catholiques repoussèrent avec valeur plus de douze cents arquebusiers huguenots qui accouraient au secours de Saint-Agrève. Le 24, les assiégeants firent une brèche importante . Dans cette fatale journée le succès fut acheté bien cher ; ils perdirent leurs plus braves soldats, et Saint- Vidal, qui marchait toujours à la tète de ses colonnes, eut un œil crevé d'un coup d'arquebuse. Le 25 enfin, les religionnaires, repoussés de poste en poste et obligés de se retrancher dans le chÂteau, comprirent qu'une plus longue résistance allait leur devenir funeste, aussi attendirent-ils la nuit pour jeter des brandons sur les chaumières et s'échapper ensuite.

Alors les deux gouverneurs entrèrent triomphants dans la ville. Saint- Vidal, encore tout couvert du sang de sa blessure, envoya faire proclamer par les bourgades environnantes que les villageois eussent à venir au plus tôt avec leurs pioches, leurs faux, leurs maillets, 'pour tomber et arraser les murailles de Saint-Agrève.

Après la victoire et le pillage, les troupes catholiques, voire même grand nombre de huguenots en fuite, se répandirent dans le pays. Les maisons, les

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