‹ Histoire du VelayChapitre 51 sur 125 · QUERELLES EUTIIE LE VICOMTE DE POLIGNAC, ETC · texte numérisé non relu

QUERELLES EUTIIE LE VICOMTE DE POLIGNAC, ETC

Armand, dit le grcmd justicier^ sa jeunesse s*était passée à guerroyer à travers les montagnes et à pourchasser les religionnaires avec d'autant plus de rigueur que son frère aîné, qu'il détestait, s'était fait calviniste par jalousie. Louis-Armand était allé rejoindre Saint-Vidal en 1 580 avec ses prcqpres troupes, pour faire le siège deSaint-Agrève ; plusieurs fois encore il s'était rencontré dans les mêmes expéditions que lui, et cependant il ne dissimulait pas l'antipattiîe profonde qu'il éprouvait pour le hautain baron. Gomment, en effet, deux caractères si altiers auraient-ils pu sympathiser? Le vicomte n'oubliait pas la démolition de plusieurs de ses châteaux ordonnée par le gouverneur ; celui-ci , de son côté, ne cachait guère le déplaisir que lui causaient les arrogances d'un gentilhomme venant se ranger sous sa bannière moins en auxiliaire discipliné qu'en protecteur toujours prêt à la révolte.

- Déjà en plus d'une occasion, Saint-Vid'al avait eu à rappeler ses griefs contre le vicomte, soit dans sa correspondance avec la cour, soit dans ses rapports à messieurs du conseil de la ville; mais Louis- Armand affectait sans cesse un dédain suprême pour les plaintes dont il pouvait être l'objet. Saint-Hérem était son beau-père, de Chaste, beau-frère du duc de Joyeuse, était son ami le plus intime ; par leur intermédiaire, il restait toujours triomphant en haut

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lieu. Quant au mécontaitement des bouigeou de la cité voisine, il en prenait peu de souci. Pariais, s*il Toulait bien s'en apereevoir, c'était pour les faire prévenir qu'ils eussent à garder le silence ou à redouter sa colère. — Un jour du mois de mai de Fan 1581, le sieur Simon Brun, procureur de la vicomte, vint, tout haletant,-^ plaindre au cfaiteau que sa femme avait été battue dans la maison d*un bourgeois du Puy nommé Triolrac.

Le vicomte, irrité, partit aussitôt à cheval, ac* compagne de de Chaste et de quelques gentils* hommes, afin d*aller punir Tinsolent. Les consuls avaient, par précaution, fait fermer les portes, grandes et petites ; de telle sorte que le vicomte, dépité de ne pouvoir entrer dans la ville, s'en vengea en faisant, avec sa compagnie, le tour des murailles et en frappant d'estoc et de taille tous ceux qu'il rencontra. Témohis d'une brutalité pareille, les citoyens sortirent en émoi et se mirent à la poursuite de leurs agresseurs pour les châtier -& leur tour; mais ceux-ci étaient déjà loin. Cependant le vicomte ne voulant pas avoir l'air de céder à la crainte leur envoya dire, comme pour les narguer, qu'il reviendrait le lendemain avec une troupe plus nombreuse, et qu'il saurait bien les mettre à la raison. C'était une bravade ; il ne parut pas.

De leur cdté, les habitants songèrent à obtenir

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