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HENRI IV. — CHARLES X. — l'iNFANTE ELISABETH.
Nous avons laissé le faible Henri III au moment où, abandonné de tous, il ne lui restait plus d'espoir que dans ralliance du Béarnais. A la voix suppliante du prince qu*ilappellait encore son mattre et dont la cause devenait chaque jour davantage la sienne, le roi de Navarre accourut, tomba à ses pieds et lui jura une éternelle fidélité. Dès lors la fortune sembla renaître pour Tancien duc d'Anjou ; il retrouva, près du héros, le courage, le bonheur de ses jeunes années.
Tandis que Bourbon ùtait allé chercher son armée, Mayenne sul profiter dumomentetvint faire le si}ge de Tours. Il s'avança, renversa les portes, pénétra dans la ville où le roi, à la tête de quelques régiments, défendit les issues avec une si grande bravoure que pendant plusieurs heures il empêcha Tennemi d'avancer. Cependant, épuisé sous le nombre, il allait infailliblement succomber, lorsque arriva Tavant-garde de son allié. A partir de ce moment le duc ne pensa plus qu'à la retraite. Châtillon, Montpensier et Longueville partirent du camp royal. Le premier fut combattre et vaincre les ligueurs de la Picardie, le second fit rentrer dans le devoir plus de seize mille Normands insurgés qui, sous le nom de Gauthiers, désolaient depuis longtemps la province, le troisième, guidé par La Noue, prit Senlis avec deux mille cinq cents hommes sur d'Aumale qui en avait plus de dix mille.
Pendant ce temps, les deux rois marchaient vers la capitale. Arrivé à Ë lampes qui résistait, Henri 111 en ordonna l'assaut. < Puis, ajoute Davila, » comme il étoit de méchante humeur à cause de » l'excommunication nouvelle que Sixte-Quint ve- » noit de lancer contre lui, il fit pendre tous les » magistrats et donna volontairement aux soldats » le pillage de la ville. » De là, il fut à Poissy dont il se rendit maître, tandis que Bourbon preoail
Pontoise. Ils se réunirent enfin au château de Saint-Gloud, à la tête d'une armée de quarante-deux mille hommes.
Quand on sut dans Paris la marche victorieuse des princes coalisés et leur présence aux portes de la capitale, les ligueurs frémirent d'épouvante. Ils crurent leur cause à jamais perdue. Cependant , au milieu de la consternation générale, une femme conservait encore l'espérance de venger les Guisp ; cette femme était leur sœur, Madame la duchesse de Montpensier. Elle avait entendu dire qu'un jeune dominicain, nommé Jacques Clément, prétendait avoir reçu du ciel l'ordre mystérieux d'assassiner le roi. Elle voulut voir ce prêtre et l'interroger. Le fanatique dépassa toutes les prévisions de la vindicative duchesse, qui s'appliqua tellement par toutes sortes de séductions à augmenter le délire du visionnaire, qu'au bout de quelques jours elle le trouva résolu.
Le 31 juillet, Jacques Clément se confessa, communia et partit pour Saint-Cloud, muni d'une lettre qu'il avait arrachée, on ne sait par quel mensonge, au président de Harlay. A la grille du château on le remit au lendemain. — A l'heure indiquée, on vint annoncer à Henri III qu'un jeune moine demandait à l'entretenir confidentiellement. Henri le reçut dans sa diamfbré et' fit si^e à ceux qui étaient là
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de se retirer. Alors le dominicain se mit respectueusement aux genoux du roi en lui présentant la lettre. Mais, au même moment où celui-ci se baissait pour la prendre, il se sentit frappé d*un coup de couteau dans le ventre et tomba en criant : Ah! le méchant movie, il m'a tué!...
Henri de Navarre, alors au château de Meudon, n'eut pas plutôt appris cette nouvelle qu'il accourut à Saint-CIoud. L'assassin venait d'être tué par les gardes , et la victime, étendue sur son lit de mort, récitait ses prières dernières. Cette entrevue fut des plus touchantes. Le roi reçut le prince avec les témoignages d'une vive tendresse; il lui fit ses adieux, l'engagea à rentrer dans le sein de l'Eglise ; ensuite, l'assistance s'étant prosternée, il le proclama son légitime successeur.
Le lendemain, 2 août 1589, Henri de Bourbon était roi de France ; mais, comme il le disait gaîment lui-môme : Roi sans royaume, mari sans femme et guerrier sans argent. Mayenne, au contraire, n'avait jamais vu la fortune plus favoiuble. Tout Paris se réjouissait de la mort du tyran et maudissait l'hérétique. Vive Mayenne, le lieutenafitgénéral! criait-on par les rues; Vive Charles X notre bon roi ! Or Charles X , ce souverain que le duc jetait ainsi provisoirement aux acclamations de la multitude, comme avait fait jadis son frère.
était le vieux cardinal de Bourbon, prisonnier
d'HENRI IV.
Deux mois ne s*étaient pas encore écoulés que Mayenne quittait Paris, jurant d'y ramener, avant peu, le Béarnais pieds et points liés. Son armée était de trente mille hommes au moins, et son ad* versaire, qui avait abandonné Saint-Cloud pour aller camper aux environs de Dieppe où il attendait un secours d'Angleterre, n'en avait que trois mille au plus. C'est avec une telle différence de forces que là courageux Bourbon risqua la bataille près du village d'Arqués. Après des miracles de valeur et d'habileté, il demeura vainqueur.
Le duc de Mayenne, doublement humilié de sa défaite, appela l'Espagne à son aide. Il ne pouvait commettre de plus grave imprudence ; c'était ouvrir les portes à un second rival dont les perfides prétentions étaient connues. Personne n'ignorait que Philippe II, maître dans le conseil des seize, avait depuis longtemps fomenté des troubles pour arriver à placer les deux couronnes de France et d'Espagne sur la tète de sa fille I'Infante Elisabeth, petite fille de Henri IL L'Espagnol ne manqua pas une pareille occasion. Le 14 mars 1590, les deux armées étaient de nouveau en présence sur les bords de l'Eure, dans la plaine dlvry.
C'est après cette bataille que le héros toujours
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victorieux résolut de venir bloquer la capitale. 11 avait compris qu*il ne pourrait jamais la faire capituler que par la famine ; aussi s*assura-t-il d'abord de tous les points d*où elle tirait ses approvisionnements, puis il vînt prendre Charenton, St-Denis, Montmartre» bien convaincu que le temps devait Atre son plus puissant auxiliaire.