LE PU Y. — DOUE. — SOLIGNAC
ESPALY
L*avènement d'Henri IV avait été pour les villes du Velay, encore indécises, un motif suffisant pour rentrer dans les voies régulières de la monarchie. De Chaste, avec Tardeur juvénile d'un soldat et d'un partisan dévoué, poursuivait les rebelles sans leur laisser d'asile ; l'évêque venait de se déclarer pour Henri de Bourbon ; Saint- Vidal, propagateur puissant et redouté de la ligue, n'était pas dans le pays. C'était plus qu'il n'en fallait à de petites localités, ruinées par les tailles continuelles dont on les accablait. Elles se rangèrent avec d'autant plus d'empressement sous la loi du plus fort,
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consuls Tenaient de recevoir de Pierre Sigaud, greffier de Solignac, une lettre ainsi conçue : c Vous êtes tous des lâches. Vous ne savez marcher que dans Fombre et cherchez seulement à vaincre des gens plongés dans le sommeil. Belle victoire, qm vous ferait honneur et dont vous devriez être fiers assurément! Vous espériez sans doute tromper notre vigilance ? Mais, braves Âniciens, il a suffi de quelques hommes sur nos remparts, pour vous faire fuir. Bien vous a pris de ne pas tenter Tattaque, et maintenant que vous nous savez en garde, nous sommes trop certains de ne plus vous rencontrer de sitôt dans nos parages. »
Cette lettre, vraie ou supposée, fut publiquement lue aux flambeaux en présence d'une foule immense qui ne pouvait contenir ses transports de colère. A Solignac! A Solignacl cria-t-on dans tous les rangs; puis, sans même attendre Tordre du départ, soldats et peuple se précipitèrent sur la route qu'ils venaient de parcourir quelques heures auparavant.
Le jour commençait à poindre lorsque les ligueurs, exacts à Tinsolent rendez-vous du greffier, se montrèrent sous les murs de Solignac. Cette fois, ils ne s'inquiétèrent pas de savoir si la ville était encore endormie. Us se -mirent à battre les remparts avec les canons et les béliers d'une telle vigueur qu'en peu de temps ils eurent pratiqué une brèche suffi-