‹ Histoire du VelayChapitre 87 sur 125 · LE PUT. — DOUE. -- SOLIGNAC. — ESPALT · texte numérisé non relu

LE PUT. — DOUE. -- SOLIGNAC. — ESPALT

santé pour pénétrer chez Tennemi. Les assiégés se réfugièrent pële-mêle dans le château et dans la forteresse ; mais celle-ci ne résista pas longtemps. Ses murailles, peu solides, fléchirent au premier choc, et sa porte, brisée en éclats par un pétard, donna passage aux assaillants qui, sans pitié pour les vaincus, en tuèrent un grand nombre.

Le ch&teau allait être forcé de la même manière; heureusement que ceux qui y étaient renfermés ne provoquèrent pas un pareil sort par une lutte in* sensée. Dès qu'ils virent le péril dont ils étaient menacés, ils offrirent de tout abandonner, à la seule condition que leurs femmes, leurs enfants et euxmêmes seraient conduits sains et saufs au ch&teau de Cey ssac. Cette capitulation, quoique un peu tardive, fut néanmoins acceptée, et le premier qui se présenta pour en réclamer le bénéfice fut le greffier Sigaud, l'auteur de la fatale lettre.

La manière dont les vainqueurs partagèrent le butin est ici un fait sur lequel il importe d'arrêter l'attention. Il explique une situation que l'historien ligueur, évidemment partial, cherche à dissimuler. On sait qu'à Tépoque dont nous parlons, les villes prenaient des troupes étrangères à leur solde. Le Puy en tenait pour sa part un nombre considérable, et même nous venons de voir à quelles extrémités il avait été réduit pour les pouvoir entretenir. Or,

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cos soldats» recrutés dans tous les rangs, venus de tous les pays, se jetaient au service de l'opinion qoi les payait le mieux. Beaucoup, qui se battaient aujourd'hui pour la ligue, avaient jadis fait leur apprentissage dans des bandes de religionnatres.

Sous un tel régime, plus d'une ville, dont la quantité de troupes mercenaires se trouvait hors de proportion avec la population , devait être tôt ou tard opprimée par ceux qu'elle s'était donnés pour protecteurs. — Ce qui se passe au siège de Solignac indique surfisamment ce triste état de choses. Les capitaines étrangers Pouzols, Marminhac, Piallaprat entrent avec leurs cavaliers dans le château, ils y saisissent plus de douze cents setiers de blé, des armes, de l'or, de l'argent en abondance; puis, au lieu de partager, ils gardent pour eux tout ce riche butin, et abandonnent seulement aux ligueurs les dépouilles de misérables bicoques. Quelques jours après, ils envoient une centaine d'ouvriers pour ruiner les fortifications du bourg (1).

Il en était de même de la part de toutes ces troupes étrangères dont l'insolence envers les citoyens augmentait en proportion du besoin que ceux-ci pou*

(1) .... Quand au bled et bestailh, les sieurs PouzoU, Marminbac, Pialiaprat et leur suite gardèrent tout pour leur part, sans en rien laisser pour la portion des autres, fors que le bu-

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