SAINT-DIDIER
Yssingeaux, Monistrol, Saint-Didier, Crapotine, Montfaucon, Tence et Le Moimsiier étaient, avec Le Puy, les seules villes du Velay qui eussent une administration municipale régulière, établie sur un système électif uniforme. D'autres localités, à leur imitation, avaient bien aussi des consuls, mais ce nom désignait le plus souvent de simples officiers bannerets ou des paysans chargés, dans un certain nombre de mandements , de la perception des tailles, de la levée des soldats provin-
c,des renseignements à fournir sur les mou-
înls de la population et l'état des récoltes.
s villes, trop faibles évidemment pour résister
soudaines attaques de troupes armées, trou-
nt plus d'une fois leurs efforts inutiles et leurs
lions contraintes au silence. Cependant, dès
îlles purent saisir dans leurs propres ressources
dans les secours de bon voisinage assez de force
ir secouer le joug, il est beau de voir avec quel
oie courage elles s'empressèrent de le faire.
"YssiNGEAUx avait pour toute défense quelques urailles, le vieux donjon construit par les ordres 5 Jehan de Bourbon vers la fin du XV« siècle, et eux ou trois petites pièces d'artillerie qui lui fuent accordées par les états, sur la demande de 'évoque, en 1567. La ville ne pouvait guère, dans le telles conditions, opposer une résistance sérieuse ; mais grâce à la sagesse de ses magistrats, au dévouement de ses citoyens qui avaient fait venir des armes de Saint-Etienne et se tenaient constitués en milice permanente, elle put se maintenir dans sa liberté jusqu'après la mort d'Henri III. Elle était . royaliste, sans avoir déserté pour cela ses croyances religieuses et ses franchises municipales. Tant que les huguenots se présentèrent à ses portes, elle les referma sur eux ; et lorsqu'elle fut obligée de les
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ouvrir aux liseurs, du moins ceux-ci purent-ils comprendre Festime qu'elle faisait de ces garnisons ennemies.
Pe Chaste profita des dissentiments qui existaient entre Yssîngeaux et le Puy pour favoriser celle des deux villes qui *se rangeait sous sa bannière. Comme sénéchal du Velay, il était le premier de la noblesse de son ressort et chef de là justice. Aussi, après l'assassinat du roi, quand il vit la persistance des Aniciens à proclamer Charles X, il rendit une ordonnance qui enjoignait aux officiers de sa sénéchaussée de quitter immédiatement une ville rebelle et de ne plus tenir désormais leurs audiences qu'à Yssingeaux, sous peine de nullité de tous jugements rendus ailleurs.
Plus tard, par suite de capitulations dont nous aurons bientôt à parler, Yssingeaux tomba au pouvoir des ligueurs. Il faut néanmoins le dire à sa gloire, si cent arquebusiers et cinquante gens d'armes lui furent imposés conmie par surprise, ses habitants indignés ne tardèrent pas à les chasser de chez eux, en répondant à ceux du Puy qui les accusaient de s'être vendus à de Chaste : « Croyez- » vous donc, nos voisins, qu'il soit si nécessaire » d'avoir toujours comme vous une armée entière » dans ses murailles? A quoi bon tant de soldats, » race afTamée qui, dans le temps où nous sommes.
* désole plutôt qu'elle ne protège ? La misère re- » double, les impôts nous écrasent, nos amis » manquent de pain , mais pour cela devons-nous » ouvrir nos portes à ces troupes paresseuses qui » s'établissent ensuite dans nos maisons comme des » maîtres? Libres vous êtes d'accepter à ce prix » leur insolente protection. Quant à nous, croyez-le » bien, si le péril nous menace, nous saurons choi- ]> sir nos alliés où bon nous semblera. En attendant, if qu'on nous laisse et, s'il plaît à Dieu, nous saurons » bien nous garder nous-mêmes (1). »
De Chaste ne tarda pas à reprendre ses bonnes relations avec Yssingeaux. Jaloux de lui donner une preuve des avantages de son alliance, il obtint des états, convoqués la même année dans cette ville, une somme de neuf cents écus, afin d'indemniser un grand nombre d'habitants de l'occupation des rebelles (2). Cependant, comme la force est plus puissante que la volonté, il fallut bientôt céder la place aux ligueurs qui, cette fois commandés par le duc de Nemours, s'avançaient en masse du fond du Lyonnais pour soumettre tout le pays. Ils s'emparèrent facilement de la ville, où ils laissèrent jusqu'en 1594 une garnison considérable.
(1) Mss. original de Burel, t. i, page 350.
(2) Id. t. I, p. 350.
Au mois d*août J631 , quatre cents leligionnaires, partis de Privas, tentèrent une excursion dans le Yclay. Après avoir pillé quelques églises qui se trouvaient sur leur route, ils s'avancèrent vers Yssingeaux. 11 était nuit encore. Déjà deux pétards étaient appliqués, Tun au ravelin, Fautre contre une des portes. L'attaque allait commencer, lorsque tout-à-coup le curé, homme plus que septuagénaire, se mit à la tète de tous ses paroissiens, et se précipita avec tant de courage, tant d'impétuosité sur la troupe, qu'à peine lui laissâtil le temps de prendre la fuite. Un grand nombre resta sur la place; ceux que ne purent atteindre les citoyens furent poursuivis par le sénéchal du Velay avec un tel acharnement qu'ils rentrèrent quarante au plus à Privas de quatre cents qu'ils étaient.
Tel fut le sort de cette petite cité. Prise et reprise, elle ne se lassa pas de poursuivre la conquête de cette indépendance si chère aux cœurs montagnards, et finit par proclamer le triomphe de ses vieilles, de ses persévérantes opinions.
MoNiSTROL, l'ancienne ville des évoques (1), par-
Ci) Guillaume de la Roue avait acquis celle ville aa domaine épiscopal du Velay dès l'aunée 1283. — Bernard de Castanet, vingt-six ans plus tard, y fonda une coUégiale de
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tagea les chances malheureuses d'Yssingeaux et des bourgades environnantes. C*est aux mêmes époques et par les mêmes troupes qu'elle fut combattue. Placée comme sa voisine sur la route principale du Lyonnais, elle ne pouvait se soustraire davantage aux attaques des religionnaires et des ligueurs; mais si elle n*eut pas la puissance de toujours résister victorieusement à ses ennemis, Fhistoire parlera du moins des glorieux efforts qu'elle ne cessa de faire pour préserver de toutes violences ses foyers et ses autels.
S*il faut en croire une ancienne notice sur cette ville (1), elle fut attaquée par une compagnie de huguenots. Quoique ceux-ci se trouvassent en grand nombre, elle leur opposa une résistance si courageuse qu'elle parvint aies mettre tous en fuite. Ce fait ne saurait être douteux; il se trouve consigné dans une transaction de 1577, consentie entre Senecterre et les citoyens de Monistrol.
Saint-Didier-la-Séauve conserve précieusement dans ses archives une lettre que lui écrivit Henri IV
treize chanoines — Enfin» Jehan de Bourbon y fit bâtir une forteresse.
(1) Voir VAlmcmach historique de la ville et du diocèse du Puy, pour Vannée 4788, par l'abbé Laurent.
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dès son avènement à la couronne. Si nos chroniqueurs velaviens, toujours trop laconiques dans le récit des événements survenus en dehors du cercle étroit de leurs observations, ne nous ont rien con« serve sur Tbistoire de cette petite ville, la lettre royale lui restera comme un impérissable monu* ment de la fidélité de ses anciens habitants (1).
À no$ eher$ et bien amés les Consuls et Aa&itonte de notre
ville de Saint-Didier.