Histoire du véritable Saint-Genest du Rotrou
LA LÉGENDE DE SAiyT-GENEST ET LA PIÈCE DE LOPE DE YEGA INTITULÉE : LO FIXOIDO VERDADERO.
Saint-Genest , Sandus Genesius, martyr en 303, canonisé au viii^ siècle et fêté par l'Église le 25 août, jour de la Saint-Louis, était un comédien païen qui voulut une fois, par ordre de l'empereur Dioclétien , représenter devant la cour les mystères des chrétiens. Il s'était glissé parmi les adeptes de la religion nouvelle pour étudier de près leurs cérémonies et bien apprendre son rôle. Pendant la représentation, au moment où il se faisait baptiser, il vit, nous disent Ad on dans son martyrologe, et plusieurs hagiographes cités par Bolland, il vit une main qui
Sainl-Genesl. L
s'étendait sur lui et des anges qui l'entouraient : Uhi me aqiia nudinn tetigit, vidi super me manum cœlitus veiiieniem et angelos Dei radiantes juxta me stetisse. Le baptême simulé avait produit son effet. Vide, ajoute Surius (ce même Surius auquel Corneille devait emprunter le sujet de Pohjeiicte ) , admirandam lajjtismi l'im etiam ridicule coUati. En même temps les anges du ciel lui montrèrent tous ses péchés inscrits dans un livre, et bientôt effacés par l'eau du baptême. S'identifiant alors avec son rôle de chrétien, éclairé par la lumière d'en haut, Genest confesse sa foi. L'Empereur s'irrite, somme inutilement le comédien de se rétracter séance tenante, donne l'ordre de le conduire au supplice, et même veut faire fouetter tous les autres acteurs de la troupe qui protestent énergiquement. Telle est la tradition chrétienne. Ce n'était pas, du reste, la première fois que des acteurs païens jouant Dieu et les saints, avaient été réellement touchés et illuminés de la grâce céleste. Baronius, qui rapporte également en son lieu et place ce martyre, termine son récit par cette réflexion empruntée au livre des Proverbes : Sic plane accidif quod so'iptum est : Dominns illusores deludei , et il déclare que Genest fut plus heureux que' cet acteur de l'antiquité qui devint fou ea jouant la folie d'Ajax : Longe plane feticius iste verum repircasentavit ex ficto, quam iJU miser qui