‹ Histoire du véritable Saint-Genest du RotrouChapitre 26 sur 26 · SAINT- GE.N EST A L'ODÉON · texte numérisé non relu

SAINT- GE.N EST A L'ODÉON

» qui s'attache à nous comme Pauline à Po- » lyeucte, comme la troupe de comédiens à )> Saint-Genest. Nous nous sentons émus parce >' que chacun de nous a pu, au moment d'accom- » plir des devoirs sacrés, faire l'expérience de ces >j douloureux sacrifices. »

La pièce de Eotrou tit à la Porte-Saint-Martin, sur le public de 1874, la même impression qu'elle avait produite à l'Odéon sur le pubhc de 1845. Il n'est pas jusqu'à la voix du régisseur parlant en haut du théâtre.

Poursuis, Genest, ton personnage,

qui n'ait causé dans l'assistance une véritable émotion. L'acteur Charpentier , vêtu de la robe blanche des catéchumènes, les cheveux roux, la barbe séparée en pointes, tel enfin que nos peintres érudits représentent les néophytes des premiers âges, aux agapes ou danslescatacombes, fit valoir avec un réel talent ce rôle d'inspiration enthousiaste et mystique qu'avait jadis si bien rendu l'acteur Bocage.

Il n'a donc manqué au Saint-Genest de Rotrou que le suprême honneur d'une représentation à la Comédie Française. L'occasion était belle à la fin de l'année 1880, lorsque la Comédie Française célébrait le 2° anniversaire séculaire de sa fondation. Que n'a-t-elle songé à l'ami du grand Corneille, à l'inspirateur de Racine et de Molière,

au lieu de nous donner par exemple, à côté des maîtres éternels, dans cette semaine de mémorables évocations littéraires, une comédie de Quinault, de ce même Quinault qui sous le titre des Deux Rivales, avait jadis si effrontément copié et défig.uré les Deux Puceiks de Rotrou !

Une autre consécration peut-être serait encore due au Saint-Genest : celle de la musique. Il y en avait dans la pièce de Lope de Vega. Cette cour impériale, ce palais des Césars où se montra pour la première fois, dans tout l'éclat d'une pompe orientale, l'Auguste ceint du diadème rehaussé de pierreries, tandis que ses sujets prosternés à ses pieds lui décernaient les noms d'Eternité et de Majesté; cesjeux variés de la scène; cette illusion comique tournant bientôt au tragique, comme dans VHamlet d'Ambroise Thomas, eussent été dignes d'inspirer un Berlioz ou bien encore l'auteur des Erinnyes et à.' Hérodiade, ou l'auteur à' Etienne Marcel.

Pourquoi ce magnifique sujet ne tenterait-il pas un jour le maître accompli auquel nous devons tant de beaux oratorios et de motets, et VAve Venim, et V Ave Maria, etVEccejyanis Angelorum, et ces messes à grand orchestre, et les chœurs d'Esther, et la sublime harmonie de l'orgue, qui rend si pensive la Marguerite de Faust ? Puissions-nous entendre un jour, à côté du Polyeuctêj le Saint-Genest de Gounod! Ce

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