‹ Histoire du xix.e siècle. (Œuvres posthumes)Chapitre 68 sur 79 · LE MONDE EN · texte numérisé non relu

LE MONDE EN

(TAcrey on changeait la petite bataille d'Aboukir en une grande défaite des armées anglo-turques.

Qui n'y croyait, était suspect, et sans doute mauvais citoyen.

On faisait mille romans, mille vaines .conjectures sur l'avenir possible du héros. La grande majorité croyait, d*après les vraisemblances, et les idées si bien indiquées par M. de Maistre, qu'il restaurerait le Roi, et que, comme connétable ou autrement, il tâcherait de régner sous le roi, comme un arbitre armé, nécessaire entre les partis.

Et pour lequel pencherait-il dans la question essentielle? dans la question souveraine dont les intéressés parlaient d'autant moins qu'ils y pensaient le plus : la question des biens nationaiix. Là, le pêle-mêle apparent du monde était tranché, et chacun au dedans jugeait des projets de Bonaparte, selon des intérêts divers. On regardait ses frères, et on en tirait quelque augure. A juger par Lucien et diaprés la jeunesse jacobine de Bonaparte lui-même, on augurait qu'il favoriserait le parti révolutionnaire, les acquéreurs de biens nationaux. Mais sa sage conduite en Italie, où il avait si fermement empêché le partage des propriétés de l'Eglise, faisait croire qu'il aurait plutôt l'esprit de Joseph, et qu'il pourrait ménager un traité, peut-être une restitution partielle aux émigrés, anciens propriétaires.

Bref, tout le monde espérait en lui.

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