‹ Histoire du xix.e siècle. (Œuvres posthumes)Chapitre 7 sur 79 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ques * prouvent que de très-bonne heure les populations laborieuses du continent y affluèrent en masse. Les tisserands surtout étaient attirés à tout prix dans ce pays oii la laine était le principal commerce. L'élément germanique s'effaça, et le mysticisme flamand. L'esprit anglais se forma, avec un caractère particulier de positif, de suite, accompagné d'une dextérité particulière, inconnue aux Allemands. L'empereur Frédéric II, dans ses poésies, marque chez les Anglais ces belles et longues mains, que sans doute ils tenaient de leurs aïeux les ouvriers de Flandre*.

Une époque solennelle dans ces migrations d'ouvriers est celle de 1685, lorsque nos tisserands protestants vinrent remplir tout un faubourg de Londres (Spitalfléld) . Cette fuite par mer dut les mener aussi en Ecosse, en ce pays

' Le savant Brentano a Tair d*ignorer ces chroniques.

* J'ai parlé de tout cela dans mon Histoire de France. Mais pour cette intéressante Histoire de la laine^ il faut attendre le grand ouvrage d'érudition que prépare avec tant de soin M. J. Quicherat, directeur de l'École des chartes, n'épargnmt ni dépenses, ni voyages nécessaires à ses recherches.

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qui avait été jadis par Tamitié une autre France.

Je le croirais. Mais je n'en crois pas moins à la belle légende d'Ecosse, selon laquelle une riche demoiselle écossaise, ayant par erreur fait une fausse accusation contre sa servante, fit en expiation la fondation d'un atelier (couvent laïque) où de pieuses femmes ïwrec une patience, une régularité admirable, parvinrent à la perfection de ce qu'on appela le fil d^Êcosse.

Même perfection dans la laine qu'on fabri«

quait en Angleterre dans le Lancashire. Le débit

des bas de laine devint considérable, lorsque, après la conquête de l'Inde, l'argent circula, même chez les pauvres. Un homme ingénieux, Arkwright, accéléra singulièrement celte fabrication par la machine à bas.

Ces machines admirables, et surtout celle de Watt (triomphante vers 1800) ont fait oublier une chose plus admirable encore : l'école des machinistes que forma Watt, et les circonstance» morales qui avaient préparé ^de pareils ouvriers, si soigneux, attentifs à la précision, qui

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nirait dans les grandes machines la par&ite €(zactitude de l'horlogerie.

Les Anglais, superbes et colériques, comme tous les mangeurs de viande, semblaient moins propres à cela que les sobres Ecossais. Il y fallut une révolution moraTe, un fanatisme vertueux plus qu'ûnaginatif, un rare amour du

bicB et du de^r, soutenu chaque journée, , malgré l'ennui des longues heures, une patience peu connue cheiHes races mobiles du continent. .* Soingez que la machine, si régulière plus tard, ne Tétait pas d'abord au même degré. Il fallait des hommes plus exacts, consciencieux, pour y suppléer.

. On a trop négligé celte première époque, et ces ouvriers sérieux, dans la régularité des premières manufactures.

Tout cela est un peu oublié des Anglais. C'est à l'histoire de leur rappeler les vertus de cette première génération industrielle, si contraire par les mœurs à l'industrialisme d'aujourd'hui.

Tellement oijblié que beaucoup se figurent que la population agreste entrant alors dans les ma-

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