RUE DE CHAILLOT
quartier, conformément aux décrets rendus sous le second empire, elle a perdu 200 mètres de longueur et beaucoup d'anciennes maisons ont été reconstruites (1).
La moindre largeur de la rue de Chaillot, qui avait été fixée à 11 mètres
(Collection de M. Émile Polin.)
par l'ordonnance royale du 11 décembre 1845, a été portée à 12 mètres par les décrets du 6 mars 1858 et du 3 juin 1884.
Il existait en 1867, à la jonction de la rue Morny (actuellement rue Pierre- Charron) et de la rue de Chaillot, un espace triangulaire qui n'était pas ass
1) Voir dans l’histoire du quartier d'Auteuil les indicalions données sur Sainte-Périne, qui se trouvait autrefois rue de Chaillot, près de l'emplacement actuellement occupé par l'avenue Marceau, et qui, par suite du percement de cette avenue, a été transférée à Auteuil.
vaste pour qu'on püt y élever des constructions ; en 1868, il a été converti en un plateau planté, moyennant une dépense de 5.000 francs.
Vers la fin du xvin® siècle, il y avait rue de Chaillot un certain nombre de ces immeubles galants qu’on a appelés peliles maisons (1).
Barras, ancien membre du Directoire, eut, sous la Restauration, son hôtel au n° 76 ancien de la rue de Chaïllot et y mourut en 1829.
Les renseignements sur l’ancienne rue des Batailles se trouvent aux alinéas concernant l'avenue d’'Iéna.
La rue de Passy est aussi ancienne que ce centre de population et en a toujours été la voie principale. Elle se terminait autrefois par une grille, à la hauteur de son intersection avec la rue de la Pompe; elle portait le nom de Grande-Rue ou de «rue qui conduit au bois de Boulogne ». Elle prit, en 1793, la dénomination de « rue Marat» ; mais peu de temps après, le nom de Grande- Rue lui fut restitué. Elle ne pouvait pas le conserver après l'annexion, parce que la dénomination de Grande-Rue s’appliquait à la rue la plus importante de la plupart des communes annexées ; l'arrêté préfectoral du 26 février 1867 lui a donné son nom actuel de rue de Passy.
Cette rue est très commerçante ; sa largeur minima à été fixée à 10 mètres par l'ordonnance royale du 22 décembre 1838, et cette même ordonnance l'a classée comme route départementale n°2 de Paris à Saint-Cloud (2). Elle était, avec les rues de l’Annonciation, Bois-le-Vent et Raynouard, la seule rue de Passy qui fût pavée il y a un siècle. Le pavage en pierre de la rue de Passy a été converti en pavage en bois entre le boulevard Delessert et la rue Jean-Bologne, de juillet à octobre 1897, entre les rues Jean-Bologne et de la Pompe, de juillet à septembre 1898. Les becs à incandescence y ont été installés en avril 1900.
L'impasse des Carrières, dont la moindre largeur n’est que de 2 mètres, est fort ancienne ; elle a son entrée sur la rue de Passy, entre les n° 24 el 26. Jusqu'à l’année 1816, le numérotage des maisons de Passy commençait à la première maison de droite, en venant de Paris, et se continuait sans interruption, 1, 2, 3, 4, etc. ; arrivé à la dernière maison de droite, on continuait le numérotage en revenant sur ses pas, par le côté gauche. Ce ne fut qu’en 1806 à Paris et en 1816 à Passy qu'on commença à appliquer le système de numérotage actuellement en vigueur : numéros impairs à gauche et numéros pairs à droite. En indiquant, d'après les intéressantes communications faites par M. Léopold Mar à la Société historique d'Auteuil et de Passy, les demeures historiques (3) du XVIe arrondissement, je donne autant que possible les numéros actuels des maisons.
Au n° 58 de la rue de Passy, on remarque une porte d’entrée, cintrée à deux battants, avec applique et heurtoir de l'époque de Louis XV; l’ornementation du haut est en fer forgé, encadré de petites boiseries sculptées.
En entrant dans la cour du n° 8%, on voit la grande façade Louis XV de l’ancien cabinet de physique du roi.
(1) V. le volume de M. Gaston Capon, pp. 119 à 124. La grande rue de Passy etla rue Raÿnouard eurent aussi quelques peliles maisons (pp. 125, ss.).— Paris, Daragon, éd., 1902.
(2) En 1851, la commune de Passy a contribué aux dépenses de rectification de cette route départementale pour 100.000 francs, dont 60.000 provenant de souscriptions de particuliers et le surplus d'impositions extraordinaires.
(3) Je n'ai cru devoir mentionner ici que les maisons ayant été habitées par des personnages acluellement décédés,