PLACÉ DE PASSY
ar délibération du 21 décembre 1834, le conseil municipal de Passy, considérant que le local loué par la Mairie était insuffisant et qu'il y avait lieu d'acquérir une maison commune (1), autorisa ee à M. et à Mme Créciat de leur propriété, grande rue de Passy, 67, pour y installer la mairie, avec toutes ses dépendances, et y créer une hs publique.
M. et Mme Créciat se mirent d'accord avec le maire de Passy pour fixer à 55.000 francs le prix d'achat des terrains (bâtiments et jardins), qui ont servi à établir la mairie et la place, mais sous la condition que la mutation de propriété serait faite à très bref délai. Comme ils ne voulaient pas attendre, pour le paiement, l’accomplissement des formalités permettant à la commune de faire face à la dépense, M. Possoz, maire de Passy, leur versa de ses deniers 30.000 francs ; M. Anceaume, adjoint, et M. Coade, conseiller municipal, payèrent également de leurs deniers, mais sous la garantie personnelle de M. Possoz, le surplus, soit 15.000 francs, le 1% mars 1835. En vertu d’une ordonnance royale du 25 du même mois, l'acquisition faite par M. Possoz et consorts fut réalisée, les 4 et 10 mai suivants, au nom de la commune de Passy, par contrat notarié. Les frais d'actes d'acquisition se sont élevés à 3.852 francs, et les frais d’appropriation de l'immeuble à 8.197 francs ; la dépense totale a été couverte de la manière suivante :
Part à la charge de la commune de Passy et acquittée par cette commune
au moyen d'une contribution extraordinaire. . . , . NEA CEE 20 :000Nir: Subvention accordée par l'administration du A de la Seine sur les fonds d'octroi de banlieue. . . . HN TA 202000 ES Produit de la revente à M. Morison d'une par HE r CRUE MNT 15.000 » Souscription de divers particuliers, notamment : 2.500 fr. fournis par la famille Delessert, 2.000 fr. par M. Possoz, 1.000 fr. par M. Fulchiron, 100 fr. chacun par M. le comte Portalis, M. le comte de Las Cases et M Guichardde/Mareil etc SE ST 19.049 »
LOI ERRERR RNE R CE UZO ir
L'examen du registre des délibérations municipales montre que le projet de pavage et de cailloutage de la nouvelle place publique a été approuvé le 8 août1835, que les fonds nécessaires pour l'installation des services de mairie ont été votés le 8 novembre de la même année et que la mairie a été installée le 1° janvier 1836.
La nouvelle place ayant 34 mètres de largeur, prit d'abordle nom de « place d’Armes », et ensuite celui de « place de la Mairie », parce qu’elle bordait un des côtés de la mairie de Passy. En 1848, on l’appela « place Béranger », en souvenir du long séjour que l’illustre chansonnier avait fait à Passy ; mais peu de temps après, on lui rendit le nom de « place de la Mairie », qu'elle ne pouvait pas conserver quand il fut décidé que la mairie du XVI° arrondissement serait établie à l'avenue Henri-Martin. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par l'arrêté préfectoral du 26 février 1867.
La maison n° 2 de la place de Passy, où se trouve actuellement une succursale du Crédit lyonnais, formait, en 1827, le café-restaurant du Midi, avec
(1) La mairie de Passy avait été installée jusqu'alors dans des locaux loués par la commune, rue Franklin, n° 3; cette maison appartenait au maire et ancien notaire, M, Augé de Fleury,
jardins et bosquets; le premier étage de cette maison était occupé, dès 1863, par le cercle de Passy, qui n'existe plus depuis longtemps.
Le 8 août 1826, le conseil municipal de Passy accepta la proposition du sieur Bénit, demeurant rue de l'Église (Annonciation), n° 15, consistant à établir un marché sur un terrain dont il était propriétaire, rue Neuve-de-l' Église (Jean- Bologne). Un marché forain se tint ensuite périodiquement sur la place de Passy. Le premier acte concernant le marché couvert actuel consiste en une délibération municipale du 5 juillet 1853, demandant l'établissement d’un marché devant contenir 133 places et être établi auprès de la place de la Mairie. Les travaux de première construction du marché de Passy, qui appartient à la ville et est régi par elle, furent achevés le 25 novembre 1855 ; mais ce marché fut ouvert dès le 4 avril 1854. En vue de l'agrandir, la commune de Passy acheta à Mme Delahous , le 40 août 14857, un terrain en partie couvert de bâtiments, pour 36.657 francs, y compris 4.657 francs de frais. Malgré cette extension, le marché était encore encaissé par des propriétés privées et avait besoin d'être aéré. En 1873, époque à laquelle les travaux de la nouvelle mairie de l'avenue Henri-Martin étaient poussés avec activité, il fut décidé que les terrains sur lesquels s'élevaient les constructions affectées aux divers services municipaux de l'arrondissement seraient aliénés, mais sous la réserve que l'emplacement occupé par la justice de paix et par le bureau de bienfaisance ne serait pas compris dans cette aliénation, et qu'il serait utilisé, pour agrandir encore le marché; il a ainsi obtenu une façade sur la petite place qui le sépare de la rue Bois-le-Vent.
La rue Beethoven se nommait autrefois rue de la Montagne, nom parfaitement justifié par son excessive déclivité. Elle avait son origine à la route de Versailles (quai de Passy), dans le voisinage de la Seine et auprès de la barrière des Bonshommes, qui était une des entrées de Paris; cette entrée s'est appelée aussi barrière de la Conférence (1), puis barrière de Passy. Après avoir formé un coude très prononcé et longé le mur de clôture de l’ancien couvent des Bonshommes, la rue de la Montagne aboutissait au carrefour de Passy où convergent les rues Raynouard, de Passy, de la Tour, Vineuse, Franklin et deux voies modernes (boulevard Delessert et rue Alboni). Ce carrefour s’est appelé autrefois la Croix-Vineuse et le carrefour de la Montagne ; il constituait l'entrée de Passy et on y voyait avant la Révolution la potence seigneuriale. Quillet dit, dans ses Chroniques de Passy, qu'il y avait un second pilori, placé au bas de la rue de la Montagne, à l’'encoignure du quai.
La rue Beethoven a fait partie de la route départementale n° 2, de Paris à Saint-Cloud; elle n'avait que trois ou quatre maisons au milieu du xvin° siècle etelle ne forme plus aujourd’hui qu'une impasse, aboutissant d’un côté à la route de Versailles (quai Debilly et quai de Passy), et de l’autre à des escaliers, parce qu'une section, comprenant tous les numéros pairs du n°42 au n° 26, a été supprimée pour l'alignement du boulevard Delessert, dont l'exécution à permis de faire communiquer la rue de Passy avec le centre de Paris par des pentes admissibles. La partie la plus élevée de la rue Beethoven a été démolie en 1893, pour la construction du large escalier constituant la rue Alboni.
La raffinerie de sucre de MM. Delessert avait une entrée au n° 2 de la rue
1) La barrière de Passy était un reculement de la barrière de la Conférence, située précédemment auprès de la pompe à feu de Chaillot.