LA MUSE ERRANIE (JULES JANIN
Elle s'appelait Félicité-Stéphanie Ducrest de Saint-Aubin. Mais on l’appela aussi comtesse de Bourbon-Lancy, Mme la chanoïnesse à l’âge de sept ans, puis comtesse de Genlis, marquise de Sillery, puis citoyenne Genlis, Mme Bruslart. Elle eut plusieurs autres aliàs.
Elle nait à Champceri, près d’Autun. Elle réside à Cosne, à Saint-Aubin, dont son père est seigneur. Il se ruine, part pour Saint-Domingue. Mine Ducrest et sa fille, alors à Paris, rue Traversière, se réfugient chez M. de Chevilly, homme de robe. Mme Ducrest, sans domicile, recourt à celui de ses amis. Il le fallait bien. Les amis comprenaient cette nécessité. M. de Chevilly ayant été saisi par ses créanciers, nous trouvons la mère et la fille à Passy, chez La Pouplinière. Puis au couvent de Saint-Joseph, qu'habite Mme Dudeffand, leur parente, puis par-ci par-là dans Paris. M. le comte de Bruslart de Genlis, depuis marquis de Sillery, épouse Mile Ducrest. Le mari rejoint son régiment, la femme entre dans un couvent. Elle le quitte, habite la Picardie, le château de Sillery; elle entre au Palais-Royal comme dame pour accompagner sse de Chartres, en 1770 ; elle devient à trente et un ans gouvernante de Mlle de Valois, en 1781 gouverneur des princes ; elle s'établit avec ses enfants etses élèves au couvent de la rue de Bellechasse, réside de temps en temps à Saint-Leu, voyage eu France, en Angle terre. Au début de la Révolution, elle demeure à Passy, émigre en Angleterre par-ci par-là, revient s, part pour Tournai, Saint-Amand, pour la Suisse, à droite, à gauche, pour l’Allemagne, de côté et d'autre, rentre à Paris. Domiciles variés : rue d'Enfer, l’'Arsenal, rue de Berri, passtn dans Paris, puis Mantes, Chaillot, etc. Elle mourut près de Saint-Philippe-du-Roule, faubourg du Roule, n° 24.