‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 138 sur 329 · L'AMOUR, CE NOM ME RESTA · texte numérisé non relu

L'AMOUR, CE NOM ME RESTA

Mme de Genlis fut-elle jolie ? Peu importe aujourd'hui, dira-t-on. Il importe beaucoup. Ces charmes du nez, du visage et de la taille, ces agréments, dont elle nous entretient beaucoup, expliquent sa fatuité. Les vêtements, les attifements, les falbalas, les paillettes, les déguisements qu'on lui fit porter, préparent son naturel fardé, grimé, les attitudes et les poses qu’elle prit dans la mascarade de son existence.

Toute petite, il ne suffit pas qu'on lui dise : tenez-vous droite, mademoiselle ; ne louchez pas, mademoiselle; fi! que c’est vilain. On lui emprisonne la taille dans une cuirasse lacée au crochet, les pieds dans des souliers de petite Chinoise, le cou dans un carcan de fer, on lui couvre la tête de trois ou quatre mille papillottes, les yeux de bésicles. Elle porte une aune et demie de paniers et sa largeur devient le double de sa hauteur.

Elle apparait ensuite sous les traits de Cupidon dans un opéra-comique de sa mère. On la trouve si gentille qu'elle garde comme toilette ordi son attirail d'Amour, ses ailes bleues, son rose, son carquois, son arc pour aller à la messe le jour de la Fète-Dieu : Cupidon par de légers changements se métamorphose en ange.

Dans une fête de famille, elle représente l’Amnitié en costume de Savoyarde ? Pourquoi Savoyarde ? Plus tard, elle personnifie Iphigénie en robe de lampas cerise et argent, fourrée de martre. Adolescente, vêtue en homme, elle saute les fussés. Jeune femme, elle joue la comédie chez M. de Caraman, en vestale, en sultane favorite. La sultane a quelque reproche à faire au maitre de la maison ; elle le pince, l'égratigne, lui donne des coups de pied dans les jambes, après quoi on se réconcilie.

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