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LE SERVICE DES EAUX

DANS LE XVI® ARRONDISSEMENT EN 4899

La première distribution d'eau exécutée à Paris était basée sur le fonctionnement d’une usine à vapeur dont l'histoire peut intéresser notre So— ciété, car cette usine est située à Chaillot, sur le territoire de l’ancienne commune de Passy.

Pompe à feu de Chaillot. — Les frères Périer constituèrent, avec l'approbation du Bureau de la Ville et l'autorisation du Parlement (7 février 1711), une compagnie d'actionnaires, en vue de distribuer l'eau de Seine dans plusieurs quartiers de Paris; cette compagnie se chargeait d'établir à ses frais tous les ouvrages et de les faire fonc tionner pendant quinze ans ; le privilège lui était accordé sous la condition que, dans un délai de trois ans, elle distribuerait aux Parisiens un vo lume de 450 pouces d’eau, soit 2.879 mètres cubes, ou environ 4/190° de la consommation actuelle de Paris (1).

L'usine fut établie en 1781; cette date se trouve encore inscrite au-dessus de la porte d’entrée du bâtiment dans lequel étaient placées les machines destinées à élever les eaux de la Seine. Pour une usine élévatoire, il doit y avoir au moins deux machines, afin d'éviter toute interruption de service, en cas de nettoyage ou de réparation. On installa, en effet, deux pompes ; l’une s'appelait la Constantine, du nom de M. Constantin Périer ; l'autre s'appelait l'Augustine, du nom de son frère Auguste. Ces machines étaient du système de Newcomen, importé d'Angleterre en France par les frères Périer.Le premier essai des pompes à feu de Chaillot fut fait en présence du lieutenant de police, et les eaux furent conduites, pour la première fois, le 17 juillet 4782, à une fontaine publique, établie à la porte Saint-Honoré.

Ces machines à vapeur excitèrent beaucoup la curiosité des habitants, parce que leur emploi en France était tout récent. Aussi Mercier, auteur du Tableau de Paris, s'écrie-t-il : « Voici donc une innovation qui porte un caractère de grandeur et d'utilité nationale; quel immense service va rendre aux habitants de la capitale la prompte distribution de l’eau (2) ! »

sf) et 645.000 en 1900. , ? ps

(2) Voir le Tubleau de Paris, par Mercier, 3° volume, p. 83.

On s’étonnait cependant de ce que l'eau était puisée dans la Seine, au-dessous de Paris (1) et à une assez grande distance du centre de la ville. Les uns prétendaient que l'emplacement de Chaillot avait été choisi parce qu'il était sur le chemin que suivait le roi pour aller à Versailles. D'autres déclaraient qu'on avait voulu favoriser le faubourg Saint-Honoré, comme étant le plus en état de souscrire des abonnements d’eau en faveur de la Compagnie, qui avait dépensé plus de deux millions pour l'établissement des machines à feu. IL est probable qu'on avait voulu profiter d’un emplacement qui se trouvait disponible au bord de la Seine et qui présentait l'avantage d’être peu éloigné de la colline sur laquelle il fallait monter l'eau, afin d'être au-dessus des principaux quartiers de Paris. Les réservoirs dans lesquels la pompe à feu de Chaillot montait l’eau de la Seine à cette époque étaient situés sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la-place des Etats-Unis. Ces réservoirs, dont la hauteur au-dessus du niveau de l’étiage de la Seine variait entre 31 et 34 mètres et qui ont alimenté d'eau la plus grande partie de Paris jusqu’en 1837, étaient au nombre de quatre (2); le premier recevait l’eau montée par les pompes ; elle séjournait dans le second réservoir, pour y déposer les matières en suspension, afin d’être clarifiée ; le troisième servait à la distribution et le quatrième en cas de réparation. L'action de la pesanteur suffisait pour faire circuler l’eau dans les tuyaux depuis ces réservoirs jusqu'aux maisons des abonnés et aux fontaines publiques, qui étaient placées à la porte Saint- Honoré, à la Chaussée-d’Antin, à la porte Saint- Denis et à la rue du Temple. Le prix de l’abonnement était de 50 livres par an, pour un muid (soit 274 litres) par 24 heures (3).

Les travaux de canalisation nécessaires pour la création et l'alimentation de ces quatre fontaines occasionnèrent des dépenses excédant les prévisions ; le nombre des actions émises à 1.200 livres, qui était primitivement de 1.200, fut porté en 4786 à 5.100. Les opérations de la Compagnie furent critiquées par le comte de Mirabeau, père du grand orateur, dans un premier mémoire (4) publié en1785. La Compagnie attribua ces attaques à l’agiotage des spéculateurs à la baisse; elle avait pour avocat le célèbre Beaumarchais, qui, dans uneréponse intitulée «les mirabelles »,déclara que le comte de Mirabeau ne connaissait nullement le sujet qu'il traitait. Un second mémoire du comte de Mirabeau impressionna sans doute l'opinion publique; les actions baissèrent rapide

(1) Il aurait été, en effet, préférable d'établir l’usine en amont de Paris,afin d'avoir des eaux moins impures, puisqu'il s'agissait alors de procurer l’eau potabl Dans les derniers temps, les eaux refoulées par la pompe à feu de Chaillot ne servaient que pour la voie publique.

(2) Ils avaient chacun 30 toises de longueur, 10 de largèur eto pieds de hauteur. La capacité des quatre réservoirs était d'environ 13.000 mères cubes.

(3) Actuellement l'eau de source est vendue aux abonnés à raison de ofr par mètre cube ; une consommation de 274 lit

Em. Potin possède ce document, avec la réponse, dans ses archives personnelles.

ment ; d’ailleurs, l’approche de la Révolution inquiétait les capitalistes. Un seul banquier (1) réunit entre ses mains la presque totalité des actions et les vendit à la Ville de Paris, suivant un traité passé le 4 avril 1788, après approbation de l’assemblée générale des actionnaires et du Conseil d'Etat.

L'entreprise desfrères Périer,qui avait bienréussi au point de vue technique, puisque la Constantine et l’Augustine ont continué à fonctionner pendant plus de soixante-dix ans, n'est restée que pendent très peu de temps entre les mains de ses promoteurs et ne leur a procuré que des mécomptes.

Le décret du 7 septembre 1807 remit les pompes à feu de Chaillot et les autres établissements hydrauliques de Paris au service des ponts et chaussées, qui en est actuellement chargé (2).

Le 8 août 1859, la pompe à feu Augustine fut remplacée par la machine Iéna,et le 1 juin 4833 la machine Alma fut substituée à la Constantine. Ces deux nouvelles machines, plus puissantes que les précédentes, étaient du système Cornouailles etavaient été construites dans l'usine de MM.Schneider, au Creusot. En 1866, les anciennes chaudières à bouilleurs furent remplacées par des générateurs tubulaires du système Farcot. Ces divers perfectionnements ont permis de sextupler le débit des pompes (3). C’est la pose des générateurs Farcot qui a nécessité la construction de deux bâtiments en briques, de chaque côté de l'édifice carré qui avait suffi jusque-là pour contenir les machines.

La pompe à feu de Chaillot ne sera bientôt plus qu’à l'état de souvenir. Elle est en effet remplacée par de nouvelles machines installées à l’usine d'Auteuil, sise entre le quai et l’avenue de Versailles, un peu en aval du pont Mirabeau.

Grand réservoir de Passy. — Le premier grand réservoir construit à Paris pour la distribution des eaux est celui de Passy ; les bassins dans lesquels étaient emmagasinées auparavant les eaux élevées par la pompe à feu de Chaillot ont donné leur nom au quartier des Bassins (qui a repris récemment le nom de quartier de Chaillot), ainsi qu’à la rue des Bassins. Jusqu'en 4898 le réservoir de Passy comprenait deux bassins supérieurs où le niveau de l’eau se trouve à l’altitude de 75,33, deux bassins inférieurs et un

(1) Recherches sur les eaux publiques de Paris, ouvrage in-4° publié à Paris, en 1812, par Girard, qui a été ingénieur du service aulique de Paris, au commencement du x1x

(2) M. Girard a dirigé le service des eaux de Paris sous le premier Empire et sous la R

ration ; ses successeurs ont été : MM. Mary, de 1832 à 1848; Darcy, de 1848 à 1850; Dupuit, de 1850 à 1856; Belgrand, de 1856 à 1878; Couche,

de 1878 à 1885; Bechmann et Humblot, de 1885 à 1888 ; Humblot seul de 1888 à 1898; Bechmann, chef du service des eaux et de l'assainissement, depuis 1890 (@) M. Girard, directeur du service des eaux, déclare qu'on élait arrivé, en 1807, à porter le débit de chacune des deux pompes de Chaillot à 217 pouces d'eau par 24 heures, soit à 4.165 mètres cubes, chiffre beaucoup plus élevé que celui qu'avaient pu atteindre les frères Périer; or, chacune des deux nouvélles pompes : peut élever 24.000 mètres cubes d’eau par 24 heures.

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bassin de réserve. L'eau de Seine non filtrée élevée par les machines de Chaillot s'emmagasinait dans ces derniers ainsi que dans un des bassins supérieurs ; l’autre, voûté et ‘recouvert de terre, est réservé à l’eau de source. En 1898 on y a ajouté un nouveau bassin pour l’eau de rivière, au niveau des bassins supérieurs, et sis parallèlement à la rue Copernic derrière les maisons en bordure de cette rue (1).

Les eaux de Seine ne servent plus aujourd’hui pour les besoins domestiques, auxquels il est pourvu actuellement au moyen d'eaux de sources; mais pendant la première moitié du xix° siècle, toutes les eaux potables distribuées dans la ville de Paris consistaient en eau de rivière filtrée. Cette eau filtrée dans les fontaines publiques, dites fontaines marchandes, était approvisionnée dans des tonneaux à bras par les porteurs d’eau; à qui mille litres étaient vendus à raison de 90 centimes à À franc; ils la montaient à domicile au prix de 10 centimes par voie de 20 litres, ce qui faisait ressortir le prix du mètre cube à > francs, soit environ quinze fois plus que ce qu’on paie aujourd’hui. Je me souviens d’avoir vu, dans ma jeunesse, les porteurs d’eau monter la voie d’eau dans les cuisines, où ils versaient dans une fontaine filtrante (2), ou dans tout autre récipient, le contenu de deux seaux de métal, tenus en équilibre aux deux bouts d’une barre de bois cintrée reposant sur leur épaule.

Cest sur le territoire du XVI° arrondissement que furent établies les pompes à feu de Chaillot et les réservoirs des frères Périer, berceau de la première distribution publique, puis les grands réservoirs de Passy; cependant ces ouvrages n'étaient destinés qu’au service de l’ancien Paris. Les habitants de Passy et d'Auteuil s’alimentaient autrefois par des puits creusés dans leurs propriétés (3), jusqu'au niveau de la nappe aquifère retenue par l'argile, ou de la nappe d'infiltration de la Seine.

Sources d'Auteuil. — On désignait sous ce nom un ouvrage qui était situé rue de la Cure et où étaient réunis, dans un regard, trois filets d’eau sulfureuse et ferrugineuse, provenant des drainages opérés dans le coteau. De ce regard partait une conduite en plomb de 0,041, qui aboutissait dans un réservoir situé à l'angle de la rue d'Auteuil et de la rue Donizetti. L'eau amenée dans le réservoir (4) pouvait être puisée

1) Les grands réservoirs de Passy, qui ont été construits sous la direction de M, l'ingénie ir en chef Be nd, ont élé établis de manière à pouvoir renfermer 37.100 mètres cubes d’eau, la contenance étant de 5.700 mètres cnbes pour

assin supérieur de Bel-Air, 10.000 pour le n inférieur de Be Air, 6 6.200 pour le bassin supérieur d i 26) 11.300 pour le ba ur et 3.900 pour le ba ve. La capacité du nouveau bassin est de 00 mètres.

Le tarif actuel est, par mètre cube, de ntimes pour l'eau de urce eb d'environ centimes pour l’eau de r e (non filtrée).

(3) La profondeur de ces puils variait entre 13 et 19 mètres sur Auteuil, entre 21 et 29 mètres sur Pa

(4) La capacité de ce rèse 19,96; d’après un jeau débit du tuyau aliment tres cubes par 24 heures débit était plus élevé au siècle.

ir n'était que de

datant de 1869, le tait d'environ 46 mèil est probable que le commencement du

à une fontaine installée sur le terre-plein de la place de l’ancien marché et munie d’une pompe à volant.

Les ouvrages avaient été exécutés par le sieur Faber, à qui la commune d'Auteuil avait concédé, le 49 ventôse an IV, le trop-plein de la source d'Auteuil, sous la condition d'établir divers travaux de canalisation et d'aménagement et de construire à ses frais la fontaine sur l'emplacement de l’autel de la Patrie et de l'arbre de la Liberté. La concession avait été définitivement confirmée par un arrêté municipal du 15 germinal an VI, constatant que le sieur Faber avait rempli ses engagements. La commune d'Auteuil n’avait droit qu'aux deux tiers de l’eau, un tiers étant réservé à la villa Montmorency ; le partage d’eau s’opérait dans la citerne placée au pied de la fontaine.

Quand les eaux de la Vanne furent introduites dans les conduites du XVI arrondissement, c’està-dire vers 1875, on alimenta par un branchement de la canalisation publique la fontaine dont le débit diminuait de plus en plus, par suite du développement des constructions exécutées dans ce quartier. La population parut regretter les eaux de la source d'Auteuil auxquelles on attribuait des propriétés curatives (1).

Usine d'Auteuil. — C'est vers 1898 que la Société des eaux d'Auteuil et des communes environnantes fit construire l'usine d'Auteuil et les petits réservoirs coptigus au cimetière de Passy.

L'usine d'Auteuil, qui vient d’être transformée pour recevoir les nouvelles machines destinées à remplacer celles de Chaillot et qui ne fonctionnait plus déjà depuis quinze ans, comprenait, au mo ment du rachat opéré en 1857 par la Compagnie générale des eaux (MM. A. Dufour et Cie), trois machines (2) et quatre pompes. Cette usine d’Auteuil puisait les eaux dans la Seine et les refoulait dans les petits bassins de Passy, placés à 48 mètres au-dessus du niveau du fleuve ; en outre, elle alimentait une cuve construite sur les terrains où a été ensuite établie la gare d'Auteuil et fournissait l’eau de Seine à la commune de Boulogne.

Les petits bassins de Passy étaient divisés en trois compartiments dont un était muni d'un filwe à sable ; l’eau ainsi filtrée n'était vendue qu'aux porteurs d’eau ; la vente d’eau était située dans les dépendances du réservoir.

Le filtre a été supprimé en 1876, après l’introduction des eaux de la Vanne dans les conduites du XVI° arrondissement. Les petits bassins de Passy ont reçu depuis l’eau de Seine, montée par

(1) Il ne reste plus de cette source qu'un écoulement intermittent, qui se produit à un petit orifice placé dans le socle du lampadaire situë dans la villa Montmorency, en face de la grille d'entrée de la rue Poussin. Le jet, froid, dégage une assez forte odeur d'œufs et colore en jaune la vasque de fonte. De temps à autre, quelques fervents y viennent puiser. En réalité, d'ap l’anal rail plutôt inefficace, lourde et inc Elle avait disparu momentanér ent, à la suile de travaux de tranchées à s dans la villa. NAS)

( machines à vapeur étaient verticales ä à balancier ; leur marche était onéret Cor elles consommaient, par heure et par cheval, en eau montée, 3k,15 de charbon, landis que ies machines modernes ne consomment guère plus d'un kilogramme.

la pompe à feu de Chaillot; ils ne sont plus en service aujourd'hui et sont destinés à disparaitre prochainement.

Séparation du service public et du service privé. — La distribution d’eau a été complètement modifiée à Paris par suite de l’adoption du système de la séparation des services public et privé, qui a été admise en principe, dès 1854, par le conseil municipal, mais n’a pu être appliquée au XVI arrondissement qu’en 1875. Le système consiste à desservir les maisons au moyen d'eaux de source et à n’employer les eaux de ri-

réservoirs d'où partent les conduites de distribution soient assez élevés pour que les étages supérieurs des maisons puissent être alimentés.

La dérivation des eaux de la Dhuis, qui ont été introduites pour la première fois dans le réservoir de Ménilmontant en 1865, et celle des eaux de la Vanne, qui sont arrivées en 1874 dans le réservoir de Montsouris, constituent les premiers tra vaux exécutés au xix° siècle pour l’adduction des eaux de source à Paris. Une conduite maitresse de 0%,60 de diamètre, passant sur le pont de l’Alma, amène les eaux de la Vanne aux grands

Population deMParis. "0e" cm 1.700.000 | 1.850.000 | 2.512.000 | 2.700.000

Service public 60.000 128.000 360.000 419.000

Nombre de mètres cubes \ Service priv 55.000 90.000 173.000 296.000

consommés par jour

\ Totale rer 115.000 218.000 533.000 645.000 TS : { Service public... 36 69 143 165 Nombre de litres d'eau \ ARRET 9 : a 2e consommés par jour ) Service privé.......... 82 48 69 89

et par habitant {

MOINE eee. 68 117 212 25%

vière que pour les besoins de la voie publique et del’industrie.Le service public et le service privé ont chacun des canalisations parfaitement distinctes et séparées.

Les fleuves et rivières sont contaminés par l'apport des égouts ; ils sont l'instrument naturel de transport des déjections de toute nature et des résidus industriels ; dans les centres de population, l’eau des puits peut ètre corrompue par des infiltrations de toutes sortes, et on sait que l’eau peut servir de véhicule à beaucoup de germes pathogènes ou suspects et favoriser ainsi le développement de diverses maladies endémiques, telles que les affections inflammatoires du tube digestif : dysenterie, choléra, fièvre typhoïde, etc. Il y a donc un grand intérêt à affecter exclusivement l’eau de source à l’usage des habitants et à n’employer l’eau de rivière que pour l’arrosage des voies publiques, des squares, des plantations, le lavage des chaussées, les réservoirs de chasse des égouts, les besoins industriels (1). Mais ce système est dispendieux parce qu’il augmente la longueur des canalisations et repose sur l’adduction des eaux de source. IL convient, en outre, que les

.(1) La moyenne annuelle du nombre de bactéries contenues dans un centimètre cube d'eau

y, et de 262

de Chaillot; il € collecteur

au de

supérieure à celle de l’eau ère non filt au poiut de vue hygiénique.

> améliore la qualité des eaux de ri-

permanente, une eau comparable à l'eau de source convenablement choisie. — V.

aussi Bulletin, t. IL, p.

réservoirs de Passy (bassin supérieur de Villejust), ce qui a permis de distribuer, à partir de 1815, l’eau potable dans les quartiers du XVI° arrondissement vù le terrain ne se trouve pas à plus de 45 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Mais pour desservir les quartiers plus élevés, c'est-à-dire la partie de Passy comprise au nord de la rue Raynouard et de la place du Trocadéro, entre la rue de Ranelagh et l'avenue du Bois-de- Boulogne, il a fallu établir, sous le sol des boulevards extérieurs, une grande artère mettant le XVIS arrondissement en communication avec le grand réservoir de Ménilmontant (1). Les quartiers élevés de Passy ont ainsi été desservis avec l’eau de la Dhuis ou de la Vanne, de 1875 à 1893, c'est-à-dire antérieurement à l’exécution de la dérivation de l’Avre. D’ailleurs, on n’a pas maintenu ce système d’alimentation, qui laissait beaucoup à désirer à Passy, étant donnée la situation désavantageuse résultant de ce que ce quartier se trouvait à l’extrémité des conduites de distribution et surtout de ce que la pression dans les tuyaux de conduite était affaiblie par le développement énorme qui s’est produit dans ces dernières années pour la consommation en eau de source, comme l'indique le tableau ci-dessus :

On voit que l'accroissement de la consommation

(1) Sile réservoir de Ménilmontant, qui est lacé à l'altitude de 107 mètres, n'avait reçu que 1 eaux de l'aquedue de la Dhuys, dont le débit est de 0.000 mètres cubes par jour, il n'aurait pas suffi à cette extension de service; en conséquence, une usine de refoulement fut établie à l'extrémité de la rue Lafayelte, ce qui permit de puiser chaque jour un cube d'eau considérable dans la canalisation maîtresse de la Vanne et de l’élever dans le réservoir de Ménilmontant. Ce régime a pris fin en 1893, lors de l’arrivée des eaux de l'Avre.

d’eau est encore plus rapide que celui de la popu- L’achèvement, en 1893, de la dérivation de lation. La raison principale en est que jusqu'à la l’Avre (provenant du département de l’Eure) perf ; venue des eaux de source, on était obligé de mit d'apporter une amélioration très sensible dans monter l’eau à bras d'homme dans les étages : le la distribution d’eau du XVI° arrondissement (1). iour où, par l'effet de la pression dans les tuyaux, Les eaux de l'Avre sont emmagasinées à l’alti-

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