‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 213 sur 329 · D) | D LD RS HIIRÈRÈRS CHERS RARES · texte numérisé non relu

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l’eau a pu s'élever jusqu'aux sommet des mai- tude de 107 mètres dans le réservoir de Saint

sons, le porteur d’eau a disparu, et la consomma- ‘Cloud, d'où une conduite unique, de 4,50 de tion domestique (eau de source) a pris un accrois- NE Rue ï RAA idôr:s 1) oir la hote intitulée : « Les eaux de l'Avre ll sement considérable. à Passy », pp. 98 et 99 du I volume du Bulletin IE Alimentation actuelle en eau de source. — de notre Société.

ANNEXES 4oi

diamètre, en tôle d’acier, les amène à la porte d'Auteuil, par laquelle elles entrent dans la capitale, en se subdivisant en deux grandes branches, dont la première, ayant un ‘diamètre de 1,10,

Eu de Rire des Réservoirs de 6 Passy.

Eu deRinëre des Réservirs de Ptit Passy.

FN £u de iv conduite ascens de Chaillot

ESS &u d'Oureq.

Légende

et alimente les grands réservoirs de Passy, où la pression se trouve réduite d'environ 25 mètres, La seconde branche se dirige, par les boulevards militaires, vers le réservoir de Montsouris.

Alimentation du XVIe arrondissement en eau de rivière (1899).

Suit le boulevard Suchet, l'avenue Victor-Hugo et ensuite les boulevards extérieurs, pour se jonctionner près du boulevard Magenta avec la conduite maitresse de Ménilmontant ; de cette première branche se détache une conduite de 0",80 de diamètre, qui est placée sous le sol de la rue Copernie

La première branche de la dérivation de l’Avre alimente directement, en eau potable, les quartiers les plus élevés, c’est-à-dire la partie de Passy comprise entre la rue du Ranelagh, la rue Raynouard, la place et l'avenue du Trocadéro. Les grands réservoirs de Passy ( Villejust) envoient

ho2 HISTOIRE DU XVI°

l'eau de l’Avre dansle quartier des Ternes et jusqu'à l’avenue du Bois-de-Boulogne. La partie de Passy qui se trouve dans le voisinage de la Séine, le quartier d'Auteuil et celui de Grenelle sont alimentés en eau potable par la Vanne.

Alimentation actuelle en eaux de rivière.

— Le service public est fait, dans le quartier de Grenelle, au moyen des eaux de l'Ourcq, mais dans tout le XVI® arrondissement, c’est l’eau de Seine qu’on emploie pour ce service.

Il a été dit ci-dessus que les grands réservoirs de Passy recevaient l’eau pompée en Seine par l'usine de Chaillot; ils recevront désormais la même eau de la nouvelle usine d'Auteuil par une conduite de refoulement unique de 0",90 de diamètre qui suit l’avenue de Versailles, traverse le parc du Trocadéro et va rejoindre avenue d'Iéna les deux anciennes conduites ascensionnelles de 0®,60 de diamètre de l’usine de Chaillot.

Quand le plan d’eau des réservoirs est peu élevé au-dessus du sol, ils ne peuvent pas desservir convenablement les parties situées aux abords immédiats de ces bassins : c’est pour ce motif que la partie haute de Passy (située entre la place du Trocadéro, la rue de Passy et la rue de la Pompe) est alimentée directement, en eaux de Seine, par la conduite maitresse venant du réservoir de Villejuif, en attendant l'amélioration projetée, qui consistera dans un service spécial surélevé commandé par l’usine d'Auteuil.

Les grands réservoirs de Passy alimentent, en eau de Seine : 4° la partie du XVI arrondissement située à l’est de l'axe des jardins du Trocadéro, de la place du même nom, de l'avenue Malakoff, de la place Victor-Hugo et d’une ligne tracée parallèlement à l'avenue Bugeaud ; 2€ l’extrémité de l’avenue Victor-Hugo (dans le voisinage de la station Henri-Martin) et la partie située entre le chemin de fer de ceinture, près de cette station et des fortifications (avenues Raphaël, Ingres et Prudhon).

Le surplus du XVI arrondissement, comprenant tout le quartier d'Auteuil, est alimenté en eau de Seine, pour le service public, par les petits réservoirs de Passy.

La consommation d’eau de source est beaucoup plus forte en été que pendant la saison froide ; il résulte de ce fait que, pendant la plus grande partie de l’année, dix mois environ sur douze, les abonnés n’absorbent pas toute la quantité d’eau de source fournie par les dérivations, et c'est à Passy que s’opère le déversement dans le service public du cube d'eau d’Avre qui n’est pas utilisé par le service privé et qu'il convient d'affecter en ce cas au service public, afin de diminuer le travail des machines et des pompes. Deux canalisations de 0,60 et de 0,92 reçoivent cette eau et la dirigent l’une sur le réservoir de Villejuif, par le pont d'Iéna, et l’autre vers le réservoir de Charonne. Enfin, lorsque la consommation de l’eau de source se réduit dans de telles proportions que les différentes conduites maitresses de distributions d'eau de rivière ne sufüisent plus à absorber l'excédent disponible, le service public, au lieu d'être fait par les bassins inférieurs des grands réservoirs de Passy, s’accomplit par les bassins supérieurs, ce qui produit un supplé-

ment de pression d'environ 3",50 et une augmentation de débit de près de 20.000 mètres-cubes par 24 heures.

Fonctionnement des grands réservoirs de Passy. — Les réservoirs de Paris sont disposés de manière à pouvoir être alimentés de diverses façons, suivant les circonstances ; sans cette précaution, le moindre accident sufürait pour interrompre la distribution des eaux. Les divers compartiments des grands réservoirs de Passy peuvent recevoir :

4° L'eau de la dérivation de l’Avre, qui y aboutit directement par la canalisation de la rue Copernic ; ;

2° L'eau de La dérivation de la Vanne, qui y est amenée, au besoin, par la conduite du pont de l'Alma ;

3° L’eau de la dérivation de la Dhuis et l’eau relevée de la dérivation de.la Vanne, le réservoir de Villejust pouvant être mis en communication avec ces eaux par la canalisation de l'avenue Victor-Hugo ;

4° L'eau de Seine, pompée par l'usine d’Auteuil et qui est directement refoulée dans ces réservoirs ;

9° L’eau de Seine pompée à Ivry, par l’intermédiaire du résersoir de Villejuif et de la canalisation du pont d'Iéna ;

6° L’eau de Seine pompée à Bercy et refoulée d’abord dans la cuve de la place Saint-Pierre, à Montmartre ; cette dernière eau peut être amenée par la canalisation dite de Lariboisière, qui se détache à l’avenue Friedland de la conduite réunissant les grands réservoirs de Passy à ceux de Charonne.

Un pareille variété d'alimentation procure une grande élasticité pour la distribution générale des eaux ; d’ailleurs les services en eau de source et en eau de Seine sont complètement séparés, sans communication possible de l’eau de Seine avec l'eau de source, mais avec faculté du déversement des eaux de source surabondantes dans les bassins alimentés en eau de Seine.

Quand le temps se met au froid, la consommation diminue, et on en profite pour réduire le volume d’eau à élever par les machines, en reculant les limites d'influence des grands réservoirs de Passy jusqu'au pied du coteau de Charonne, sur la rive droite, et jusqu’à l’avenue du Maine, sur la rive gauche.

Si, au contraire, la chaleur se manifeste avec une grande intensité, les services de lavage deviennent plus exigeants, en même temps que le produit des dérivations d’eau de source doit être entièrement consacré aux besoins domestiques ; il résulte de cette situation que Passy a besoin d’être soutenu, et on emploie, par ordre de priorité, les moyens suivants pour donner au service public un volume suffisant d’eau de rivière :

4° Ouverture de la communication avec le réservoir de Villejuif,alimenté par les 1.700 chevauxvapeur de l'usine d'Ivry ;

90 Renforcement par la cuve de Montmartre, sur laquelle refoule l'usine de Bercy (600 chevaux) ;

8° Mise en marche simultanée des machines de l'usine d'Auteuil (450 chevaux):

ANNEXES f

Si un accident se produit sur la canalisation maitresse de l’Avre, la Vanne et la Dhuis accom— plissent seules le service des eaux potables.

Si, au contraire, c'est la Vanne qui fait défaut, pour arriver à son secours, Passy fournit l’eau nécessaire par la canalisation du pont de l’Alma.

Beaucoup d'autres cas peuvent se produire, notamment si des conduites viennent à se rompre. Le service est très complexe et demande beaucoup de soin, car l'exécution de manœuvres intempestives présenterait de graves inconvénients ; si, d’ailleurs, l'ouverture d'une communication entre réseaux différents apporte une amélioration dans le réseau le plus bas, elle cause dans l’autre une dépression qui ne doit pas être excessive. Le maniement de la distribution d’eau de Paris est done des plus délicats, il exige une sûreté de touche que seule peut donner une longue expérience.

Puils artésien de Passy. — Le forage du puits artésien de Passy (4), qui se trouve dans le square Lamartine, près de l'avenue Henri-Mortin, a été entrepris à la suite du succès constaté du puits artésien de Grenelle. Il a été confié, par un traité du 14 juillet 1855, au sondeur saxon Kind. La couche des sables aquifères fut atteinte, en 1861, à 576,70 au-dessous du sol (soit à 523",53 audessous du niveau de la mer (2), et à 19,33 plus bas qu'à Grenelle).

Le débit quotiden du puits de Grenelle fut réduit d’un tiers, dès 1861, par suite du fonctionnement du puits de Passy, dont le produit, par 24 heures, s’est élevé d’abord à 20.000 mètres cubes, a subi au début de nombreuses oscillations, s'est fixé longtemps à environ 8.000 mètres cubes et n’est plus que de 4.500 mètres cubes en 1897.

L'eau du puits artésien de Passy est tiède (environ 28 degrés; il est difficile d'abaisser la température de grandes masses d’eau ; d’ailleurs, l'eau du puits n’est pas aérée, c'est-à-dire qu'elle est dépourvue d'oxygène; elle ne renferme qu'une très faible proportion de carbonate de chaux et d'acide carbonique, ce qui lui donne un gont fade. Elle ne doit donc pas être employée comme eau potable; elle conviendrait plus aux usines qu'aux usages domestiques et serait susceptible d’être utilisée pour des bains ou des lavoirs, ainsi que pour des arrosages, ce qui faciliterait le lavage des ruisseaux quand le temps est assez froid pour faire craindre la gelée.

Une conduite en fonte de 0,50 de diamètre prend actuellement les eaux du puits artésien de Passy et les envoie dans le bois de Boulogne, où elles concourent à l'alimentation des lacs (3).

Fontaines. — Le XVI arrondissement possède : 21 fontaines à repoussoir, mises à la disposition des habitants dans les quartiers où les maisons ne sont pas pourvues d'abonnements — 4 fontaines Wallace, à débit réduit, permettant

(1) Voir la note sur le puits arl due à M. Léopold Ma du Bulletin de notre S

(2) Le puits de Passy, qui débouche au square Lamartine, est revèlu en bois, avec un diamètre de o%.80 jusqu'à la profondeur de 550 mètres; au delà, il a un diamètre de o%,70 et le tubage est en tôle de 0m,02 d'épaisseur.

(3) V. Bulletin. vol. TIL. p. 313

sien de Passy, 13 à 210 du II° volume

aux passants de s'abreuver — 3 fontaines monumentales, dont la plus importante est la cascade du Trocadéro, qui débite à l'heure 1.273 mètres cubes, tandis que les beaux jets de la place de la Concorde n’exigent ensemble que 330 mètres cubes à l'heure. L'eau jaillissant de Ja gerbe du rondpoint du Trocadéro est amenée par une galerie Spéciale à la cascade, d'où elle gagne des conduites qui la versent dans les canalisations d’eau d’Oureq du Champ de Mars; elle y sert finalement à l’arrosage.

L’aquarium du Trocadéro, siège de l'établissement de pisciculture, consomme par jour 4.110 mètres cubes d'eau de source (1).

Améliorations projetées. — La population des dix premiers arrondissements de Paris était de 1.010.970 habitants en 1886 et de 1.008.170 en 1896 ; elle est donc restée stationnaire dans cette première zone depuis dix ans ; mais dans la seconde zone (du XIe au XXe arrondissement) elle a passé de 1.333.580 habitants en 4886 à 1.503.785 habitants en 1896, soit une augmentation de 470.000 âmes; d’ailleurs, le nombre d'habitants par hectare n'est que de 213 dans la seconde zone, tandis qu'il s'élève à 438 dans la première. Ces chiffres semblent indiquer que la population s'augmentera encore dans la seconde zone, qui forme la périphérie de Paris et a été annexée en 1860 ; en mème temps il parait certain que la consommation d’eau continuera à croitre plus rapidement que la population. Il faudra augmenter les quantités disponibles, tant en cau de source qu’en eau de rivière. La dérivation des sources du Loing et du Lunain, votée en 1897 et mise en service en 1900,est bien loin de suffire aux besoins nouveaux du service privé et dans un avenir peu éloigné de nouvelles amenées d’eau de source devront être entreprises.

Cependant Le XVI arrondissement est aujourd'hui très convenablement desservi en ce qui concerne les eaux de source; mais le réseau des eaux de rivière a encore besoin d'y être amélioré et étendu.

L'importance du grand réservoir de Passy, déjà augmentée par la juxtaposition du nouveau bassin établi en 4898 sur un terrain acheté depuis longtemps pour cette destination, est appelée à s'accroître encore par suite de l'établissement projeté d'un service haut en eau de Seine surélevée.

Enfin la nouvelle usine d'Auteuil va renfermer — outre les deux machines qui remplacent celles de Chaillot — une machine spéciale, permettant d'élever 18.000 mètres cubes par 24 heures, pour le service du bois de Boulogne, dont les besoins s’accroissent progressivement : on évitera ainsi le long circuit que font les eaux de la Seine pour aller d’Ivry au réservoir de Villejuif, puis à celui de Passy et finalement au bois. né

On trouvera des renseignements très détaillés

(1) D'après le récolement arrété le 81 décembre 1896 pour. les conduites et les principaux appa s en service, le XVI* arrondis:

ment possédait à cette date : 651 bouches lavage, 1.147 bouches d'arrosage, 446 bouches d'incendie, 296 réservoirs de chasse ous le lavage des égouts et, en nombres ronds, 38 kilomètres de conduites enterrées et 165 kilomètres de conduites sous galerie. -

et fort intéressants sur la situation actuelle et sur les besoins futurs de la distribution des eaux à Paris, dans la brochure de M. Ernest Gay, conseiller municipal (Porte-Dauphine), notre collègue, et intitulée : Etude el proyramme pour le complément de l'alimentation de Paris en eaux de source et de rivière jusqu’en 1930. Cette brochure, dont l’auteur a gracieusement offert un exemplaire aux archives de notre Société, a été imprimée à la Bourse du commerce, 33, rue Jean- Jacques-Rousseau (Ch. Bivort), en 1898.

AuGustrE Donioc.

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