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STATION DE PASSY

sement n'a besoin de recourir à aueune subvention : son budget de dépenses comprend environ 1.400.000 francs, équilibré par des recettes dont le montant s'élève à la même somme.

Beaucoup de belles habitations ont été construites à Passy, depuis que le lycée Janson y a été fondé ; le voisinage du bois de Boulogne attire et retient les familles ; la population aisée s'accroît très rapidement, ce qui favorise la prospérité du lycée, où le nombre des élèves augmente chaque année. Il n'était que de 458, en 1884, année de la fondation etest, en 1901, de 1853, dont 800 pour l’enseignement classique, 400 pour l'enseignement moderne, et le surplus réparti entre les classes élémentaires et primaires. L'augmentation porte principalement sur le nombre des élèves externes, qui était de 233 en 1884 et s'élève, en 1901, à 4.377. Pour être en mesure de satisfaire aux demandes de nouvelles admissions, il faudrait créer un lycée d’externes à Auteuil.

Le nombre des élèves reçus chaque année au baccalauréat est en moyenne de 200. Depuis dix ans, 800 élèves ont été reçus aux écoles du gouvernement (polytechnique, normale, Saint-Cyr, navale, centrale, institut agronomique et écoles supérieures du commerce). En douze ans, le lycée Janson a obtenu huit fois le prix du Lendit de Paris, fondé en 1889 par le président Carnot.

La Chaussée de la Muetle prolonge la rue de Passy jusqu'aux pelouses du Ranelagh, en passant devant l'entrée principale du château (1) dont elle porte le nom. C'était autrefois un chemin compris dans l'enceinte du bois de Boulogne: une partie avec grille, située à l'extrémité de la grande rue de Passy (2) et à la naissance de la rue de la Pompe, donnait entrée au bois; plus tard, cette porte fut tranférée à l'endroit où se trouve aujourd'hui la station de ’assy ; enfin, elle fut supprimée lors de l'annexion, en 1860.

Le décret du 11 décembre 1811 classa la chaussée de la Muette comme route départementale n° 2, de Paris à Saint-Cloud, et fixa sa moindre largeur à 14 m. 50 ; elle s'étendait alors jusqu'à la porte de la Muette. La partie retranchée de l'avenue de la Muette a reçu, en 1865, les noms d'avenue Prudhon et avenue Raphaël.

Ce n’est qu'en 1860 qu'on a achevé la chaussée de la Muette, qui est plantée d'arbres: elle n’est bordée de maisons que dans les parties comprises entre la rue Mozart et la rue Largillière d’un côté, entre la rue de la Pompe et le château de la Muette de l'autre côté, le surplus étant occupé par les pelouses du Ranelagh. Jenny Vertpré (Mme Carmcuche), actrice du Gymnase, habita longtemps le n° 8 de ia chaussée de la Muette, avant 1857.

La station de Passy (chemin de fer de Paris à Auleuil) a son entrée sur la chaussée de la Muette. Le 30 septembre 1896, la compagnie du chemin de fer (3) fit abattre, sur une longueur de 169 mètres, la palissade séparant la promenade du Ranelagh du trottoir de la station de Passy, afin d'établir le pavillon de réception où le tsar Nicolas IT et la tsarine débarquèrent le 6 octobre 1896, pour faire leur entrée triomphale à Paris par le Ranelagh, les

a) Voir ci-dessus, et aux annexes, p. 295, les indications données sur l'histoire du château de la Muette.

2) C’est sans doute pour ce motif que la rue de Passy se termine encore aujourd'hui au point où commence la rue de la Pompe.

3) Voir pages 176 à 180 du Ile volume du Bullelin, l'article de M. Emile Potin, intitulé : « Le Tsar Nicolas IT et la Tsarine à Paris », el, aux annexes (p. 381), un exlrait du journal le Gaulois, du 13 septembre 1901.

avenues Prudhon et Raphaël, le bois de Boulogne et l'avenue des Champs- Élysées.

Comme c'est par Passy que cette entrée à eu lieu, la Société historique d'Auteuil et de Passy, qui veille à la conservation des souvenirs historiques du XVI° arrondissement, a formé le projet d’ériger au Ranelagh un monument commémoratif de l’arrivée de l'empereur et de l'impératrice de Russie à Paris. Le projet de ce monument a été établi par l'éminent statuaire M. Gustave Michel, qui est vice-président de cette Société et lui prête son concours avec le plus grand désintéressement.

Ce monument ne peut être élevé que sur des terrains appartenant à la ville; l'autorisation du conseil municipal de Paris est done nécessaire. Dans la séance du conseil du 21 avril 1898, M. Le Breton, rapporteur de la 3e commission, a proposé d'émettre un avis favorable à la demande de la Société, étant entendu qu'on adopterait l'emplacement admis par le service d'architecture de la ville (1) et que la 4° commission serait appelée à statuer sur l'esthétique du monument, avant son exécution. Ces conclusions furent adoptées ; mais le conseil décida, le 26 avril 1898, qu'il n'y avait pas lieu de concéder un terrain et qu'il apposerait lui-même une plaque commémorative.

Néanmoins, la Société n'a pas abandonné son projet; elle ne l'a jamais perdu de vue; elle continue ses démarches et elle espère que le conseil municipal lui accordera bientôt un emplacement pour l'érection du monument projeté.

Embarcadère de Pas

(Collection de M. Chandebois.)

Les renseignements concernant l'avenue de la Petite-Muette seront donnés

ci-après, en parlant de la rue Gustave-Nadaud, qui l’a remplacée. La partie de la rue de la Tour qui est comprise entre la rue de Passy et la

1) À la pelouse angulaire qui se trouve au croisement de la chaussée de la Muette et de l'avenue Prudhon,

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