‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 24 sur 329 · RUE DE LA TOUR · texte numérisé non relu

RUE DE LA TOUR

rue de la Pompe était autrefois un simple chemin qui était tracé à travers champs, s'étendait depuis le clos des pères Minimes (vulgairement Bonshommes) jusque vis-à-vis du mur du château royal de la Muette,et s ‘appelait

>avillon où le tsar Nicolas II et la tsarine ont débarqué le 6 octobre 1896.

(Archives de la Société.)

le « chemin des Moines », probablement parce que c'était celui que prenaient les Minimes pour aller à la plaine de Passy ou au bois de Boulogne. A la fin du xvur siècle, le chemin des Moines fut élargi à trente pieds (9 m. 7 5), en vue de former une rue que l’on désigna d’abord sous le nom de «rue du Moulin-de-la-Tour». à cause d'un moulin banalqu'on avait établisur l’ancienne tour qu’on voit encore aujourd hui dans le jardin de la maison portant le

n° 86. Cette tour, qui a servi autrefois de prison, a été restaurée en 1897 (L) ; il n'est nullement certain qu'elle soit un vestige du château que Philippe le Bel (2) a occupé à Passy. Ce moulin ayant été démoli, on donna à la voie qui

nous dccupe le nom de « rue de la Tour », qui était plus simple et présentait l'avantage d'éviter une demi-similitude avec la rue voisine (aujourd'hui rue Scheffer), qui s'appelait alors rue des Moulins.

Les délibérations du conseil municipal de Passy montrent que la viabilité de la rue de la Tour laissait beaucoup à désirer pendant les quarante premières années du xix° siècle. C'est en 1819 que ce conseil vota un premier crédit pour l'exécution d'un empierrement à la rue de la Tour. Le puisard qui avait été établi au point bas, c'est-à-dire à la jonction de la rue de la Tour et de la rue de la Pompe, ne pouvait pas absorber toutes les eaux, lors des grandes pluies ; elles inondaient les caves et les rez-de-chaussée du quartier etinterceptaient la circulation. Il est dit, dans la délibération municipale du 31 mars 1826, que le conseil, considérant que la rue du Moulin-de-la-Tour a acquis de l'importance par les constructions qu'on y a faites récemment, qu'elle n’est praticable pour aucune espèce de voitures, surtout à la fin de l'automne et pendant l'hiver, que l'écoulement des eaux ménagères des maisons y est une cause perpétuelle de dégradations, mais que la commune n’est pas en état de supporter les frais d'ua pavage, alloue un crédit de mille francs par an pour réparation et entretien. Cependant les dégradations occasionnées par les transports que nécessitait l'exploitation des carrières souterraines obligèrent le conseil à voter des crédits spéciaux : il approuva, le 2 mai 1828, un projet de cailloutage de la rue de la Tour (3) et, le 10 août 1844, il autorisa la construction de trottoirs et de caniveaux pavés sur une partie de cette rue, savoir : du côté des numéros pairs, depuis la rue des Tournelles (rue Louis-David) jusqu'à la rue de la Pompe, et, du côté des numéros impairs, depuis l'extrémité de la propriété Guichard (dans le voisinage de l'angle de la rue Desbordes-Valmore) jusqu'à la rue de la Pompe.

Vers 1840, la rue de la Tour, qui, jusqu'alors, n'allait pas au delà de la rue de la Pompe, fut prolongée jusqu'à l'avenue de Saint-Cloud (extrémité de l'avenue Victor-Hugo, aujourd'hui englobée dans l'avenue Henri Martin). Le cadastre de 1840 n'indique que trois maisons construites sur ce prolongement. Enfin, vers 1858, la ville de Paris continua la rue de la Tour sur des terrains retranchés du bois de Boulogne, jusqu'à la rue Militaire (boulevard Lannes). Sur cette partie, qui n'a été classée que par le décret du 14 mai 1883, une zone de servitude non ædificandi, ne permettant de construire qu'à 10 mètres de l'alignement des clôtures, a été établie du côté des numéros impairs, sur 45 mètres de longueur au delà de l'avenue Henri-Martin.

(1) Voir aux annexes (p.382) l'article intitulé : « La Tour de la rue de la Tour. n° 86 », par M. Léopold Mar. Un édit signé par Philippe-le-Bel en 1312 est daté de Passv.

(2) Cette tour avait déjà subi, sous le premier Empire, une restauration complète, qui lui a fait perdre son cachet primitif; du haut de la plate-forme, on a une très belle vue. Un dessin de cette tour a été donné dans l'Ilustration (numéro du > septembre 1899).

3) On doit supposer que les dénominations inscrites dans les délibérations municipales sont exactes ; on pourrait done conclure de celles qui viennent d'être citées que l'appellation de « rue de la Tour » a été adoptée entre 1826 et 1898,

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