‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 231 sur 329 · AUX HABITANTS DE PASSY · texte numérisé non relu

AUX HABITANTS DE PASSY

Ce ne fut guère que vers 1824 qu'on commença à bâtir dans ce qu’alors on appelait la plaine à Passy, c’est-à-dire dans tout cet espace compris entre la rue de la Tour, les fortifications, l'avenue de Neuilly et l'avenue Kléber. On se mit alors à tracer des rues spacieuses que l'on coupa par le milieu par une route magnifique allant de la place de l’Are-de-Triomphe de l'Etoile à l'extrémité du pare de la Muette et qu’on baptisa du nom d'avenue de Saint-Cloud (actuellement avenue Victor- Hugo et partie de l'avenue Henri-Martin).

Les entrepreneurs de cette voie conçurent alors

le dessein de la faire déclarer route départementale, pour que les frais d'entretien dont ils étaient grevés fussent supportés par les fonds de voirie du département. La municipalité de Passy s’empressa de seconder l’entreprise dans ses démarches ; mais, comme l'affaire trainait en longueur, on résolut de la porter Jusqu'au roi lui-même. Charles X, qui régnait alors, accueillit avec bienveillance les ouvertures qui lui furent faites à ce sujet; il voulut, avant tout, voir les choses de ses propres yeux et promit de passer par la nouvelle route, lors de son premier voyage à Saint-Cloud. Ons’informa du jour où le roi effectuerait cette promesse, et, le jour pris (22 mai 1826), M. Augé de Fleury, maire de Passy, accompagné des entrepreneurs et d’un grand nombre d'habitants, se rendit au— devant du roi jusqu’au rond-point (place Victor- Hugo). Dès que le roi aperçut le cortège municipal placé sur son passage, 1l donna l’ordre d'arrêter. Le maire, s’avançant alors respectueusement, prononça d'une voix émue le discours qu’il avait préparé pour la circonstance. Et Sa Majesté luirépondit parcesmémorables paroles: « Jesuisenchanté de cette belle route, qui merapprochedes habitants de votre commune. Je saisqu'ilsm'aiment bien, je les aime beaucoup aussi ; assurex-les de ma bienveillance et de ma protection. » Et la calèche royale repartit au galop.

(Extrait en partie des Chroniques de Passy, de Quillet, t. 1, p.239 à 235.)

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