‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 241 sur 329 · M. DAUVERGNE · texte numérisé non relu

M. DAUVERGNE

M. Dauvergne (François-Fortuné), fils d'un officier français au 84° de ligne, naquit à Parme (Italie), le 4 août 1803. ; ,

Elevé au collège de Bourges, il y fit de brillan-

tes études et obtint le grand prix d'honneur en

Doué d’une intelligence supérieure, passionné pour l'étude, il possédait des connaissances aussi étendues que variées, S'adonnart tour à tour aux sciences et à la littérature, aimant également les arts, il écrivait, sculptait et peignait avec la même facilité.

Vers 1836, il vendit son étude de notaire et

témoignent de la haute estime que son dévouement, pendant le choléra de 4849, inspira à tous’ A la suite de cette terrible épidémie, le ministre de l’Agriculture et du Commerce lui décerna une des deux médailles d'argent qui furent attribuées à la commune de Passy (1).

M. Dauvergne donna sa démission de maire au mois de juin ou de juillet 4852, non sans avoir couru quelques dangers en raison de ses convic-

Portrait de F.-F, Dauvergne; maire de Passy.

vint se retirer à Passy, où il fut peu après nommé conseiller municipal, puis maire le 24 mai 41848, en remplacement du citoyen Tard, démissionnaire.

Dans son passage à l'administration de la mairie, il traversa des moments difficiles. Son attitude énergique, durant les émeutes de juillet 1848, lui valut les félicitations unanimes de ses concitoyens.

Un grand nombre de lettres émanant du curé de Passy (M. Locatelli), ainsi que des notables de la commune, et demeurées entre les mains de la famille, attestent son mérite et son courage et

tions républicaines, et il rentra dans la vie privée.

Il mourut le 43 août 1877, à l'âge de soixantequatorze ans. Ses restes reposent au cimetière de Passy, dans une tombe de famille.

Je suis heureux, comme petit-fils d’un des anciens maires de notre vieil et aimé village de Passy, de pouvoir, ici, rendre hommage à la mémoire de celui qui m’a laissé, à moi et à tous ceux qui l'ont connu, le souvenir d’un homme de bien et l'exemple de solides vertus.

Henri DAUVERGNE,

M. POSSOZ

Nous empruntons à l’Annuarre de Passy de 4858 (seule année parue) les quelques détails sui vants donnés par M. Alf. Lefeuve sur M. Possoz, maire de Passÿ de 183% au 14 mars 1848, et du 94, juin 1852 au premier janvier 1860, date de l'annexion.

« Il est des hommes dont la vie tombe dans le domaine public ; la probité et le mérite de M. Possoz, sa volonté droite et inflexible l'ont déjà assez fait connaître pour qu'il ne nous soit pas permis, malgré le désir formellement exprimé par Possoz, de passer sous silence une vie si laborieusement remplie et vouée: aux intérêts publics ; d’ailleurs, beaucoup d’autres avant nous ont déjà relaté la vie de M. Possoz dans des écrits plus étendus que nous le pouvons faire, et c'est même dans ces notes biographiques que nous puisons tous nos éléments. (Voir les Hommes du jour, par Germain Sarrut et Saint-Edme. — La Galerie administrative, par Pascallet. — Les Fastes administratifs, par G. Haudard, et l’Observateur des Tribunaux, t. XVIIL.)

M. Jean-Frédéric Possoz, né à Paris en 4797, fut de bonne heure destiné à la carrière commerciale, qu'il quitta en 1827, époque à laquelle il vint se fixer à Passy. Il restait complètement étranger aux affaires publiques lorsque vint la Révolution de 4830, qui le tira du calme de sa vie privée. Il fut successivement, par l'élection de ses concitoyens, nommé oflicier de la garde nationale, en 1532 adjoint au maire de Passy, et en 1834 membre du conseil général de la Seine par 578 suffrages sur 650 votants. En 1837 et 1846, il fut réélu dans ces dernières fonctions à une immense majorité par l'arrondissement de Saint- Denis. Cette faveur imposait à M. Possoz des devoirs de dévouement auxquels il n'a jamais manqué.

En 1839, à l’époque où le choléra sévissait avec le plus de rigueur, M. Possoz organisa à Passy un bureau médical destiné à procurer des soins aux malades ; il se dévoua à la tâche qu'il s'était imposée, tant que dura le fléau, avec un zèle et un sentiment d'humanité au-dessus de tout éloge. — Plus tard, désigné pour la médaille d'honneur, il refusa cette distinction et demanda qu'on substituât à son nom celui d’un médecin de Passy (M. Petit), qui avait contribué à cette bonne œuvre. La commission déféra à son vœu:

mais les habitants de Passy n’ont pas oublié cette dette de reconnaissance. Au mois d'avril 1834, il fut nommé maire en remplacement de M. Gabriel Delessert.

Parmi les améliorations importantes que la commune dut à M. Possoz, nous pouvons citer, entre autres, l'ouverture de la barrière Franklin par la rue des Bons-Hommes, sur l'emplacement de l’église des Minimes, et l'ouverture de la barrière des Batailles; l'acquisition d’une maison Commune (place de Passy), faite au prix de 40.000

(1) L'autre fut décernée à M.

macien,

Machez, phar-

francs sur les deniers personnels de M. Possoz. Cette somme s’est trouvée plus tard remplie par une Subvention de 20.000 francs alloués à la commune par M. le préfet de la Seine, et par une contribution extraordinaire de 20.000 francs dont Simposa la commune de Passy. Quant aux frais, qui s’élevèrent à 42.049 fr. 60, il furent couverts par une souscription volontaire ouverte à la mairie. M. Possoz souscrivit pour 2.000 francs. On lui doit encore l'établissement de trottoirs dans la Grande-Rue, l'éclairage au gaz, l’embellissement de la barrière des Bons-Hommes, et la plantation d'une promenade sur un terrain dont la Ville de Paris ne dut la jouissance qu'aux pressantes sollicitations du conseil municipal de Passy.

M. Possoz n’a jamais cessé de provoquer, par ses demandes et ses écrits, la sollicitude de l’autorité compétente sur la négligence et l'incurie que l'on mettait dans l'entretien et la surveillance des carrières des environs de Paris, et notamment de celles de Passy.

Après avoir analysé la. vie publique de M. Possoz, nous devons citer un trait qui ne lui fait pas moins honneur. Après la faillite du sieur Callot, agent de change, une dame Labdent, âgée de soixante-quinze ans, compromise pour une somme considérable, avait eu recours aux conseils, soins et démarches de M. Possoz, qui réussit à la faire admettre au bilan de la faillite pour la somme entière.Cette dame, voulant témoigner toutesareconnaissance à M Possoz, lui offrit en viager tout ce qu’elle possédait. Il refusa et obtint que la somme de 140.000 francs, reliquat de la faillite Callot, fut léguée au frère de Mme Labdent, M. A. Vandevelde, négociant à Amsterdam. Dans son procès avec M. le prince de Talleyrand, ce Nestor de la diplomatie, M. Possoz se fit remarquer par la loyauté de sa conduite ; cette affaire a eu un tel retentissement qu'elle est aujourd'hui connue de tout le monde ; nous croyons inutile de répéter ces débats, qui n'étaient pas à l'honneur de la famille de M. de Talleyrand.

M. Possoz fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en mai 1838, puis officier. Le 14 mars 1848, M. Possoz fut dans la même journée, révo qué de ses fonctions de maire par deux arrêtés signés l’un par Recurt, adjoint au maire de Paris, membre du gouvernement provisoire, et l’autre par M. Ledru-Rollin, ministre de l'Intérieur. Il fut aussi révoqué, vers cette même époque, comme membre du conseil général. En 1849, sur la proposition de M. le préfet de la Seine, une décision ministérielle le réintégra dans ces dernières fonc tions, et le 24 juin 4852, il fut réinstallé dans celles de maire de Passy, qu'il remplit jusqu'au 4er janvier 1860, date de l'annexion. M. Possoz mourut le 6 mai 1875 et fut inhumé au cimetière de Passy. Son nom fut donné à une de nos places. témoignage de reconnaissance qui lui était bien dû pour avoir administré cette commune pendant plus de vingtet un ans. à 4.

Nous ne pouvons oublier de mentionner, ici l'alter ego de M. Possoz, M. Vital, nommé son premier adjoint en 4837, comme lui destitué en 4848 et réinstallé en 4852. C'est lui qui, antérieurement à la création du quartier Guichard, comprenant la nécessité, pour la commuue, d’une

voie de communication de la place de Passy à ce

- qu'on appelait alors la Plaine, créa entièrement

sur ses terrains et de ses deniers personnels, la rue qui porte justement son nom, et qu'il offrit purement et simplement à la commune.

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