‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 283 sur 329 · LA MAISON DE BOILEAU APPRÉCIÉE PAR VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LA MAISON DE BOILEAU APPRÉCIÉE PAR VOLTAIRE

. Lorsque M. Saint-Lanne et un autre de noscollègues faisaient des recherches sur l'emplacement exact de la maison de Boileau, j'aurais voulu leur Communiquer la note que voici, qui les eût sans

doute aidés. Quoiqu’elle vienne un peu tard, elle garde néanmoins quelque saveur par les termes et par le nom de l’auteur.

Dans le tome V de la Correspondance génerale de Voltaire (édition de Baudouin frères, 1829), on lit la lettre suivante, adressée par Voltaire à M. de Cideville :

« Aux Délices, le 16 mai 1757.

.@.. Vous savez, d’ailleurs, qu’on n’est pas oisif pour être campagnard; il vaut bien autant planter « des arbres que faire des vers. Je n'adresse pas d’épitres à mon jardinier Antoine, mais j'ai assurément une plus jolie campagne que Boileau et ce n’est point la fermière qui ordonne nos soupers. J'ai eu la curiosité autrefois de voir cette maison de Boileau; cela avait l’air d’un fort vilain petit cabaret borgne; aussi Despréaux s’en défit-il, et je me flatte que je garderai toujours mes Délices.

« Jen suis plus amoureux pluslaraison m'éclaire. Je n'ai guère vu ni un plus beau plain-pied, ni des jardins plus agréables, et je ne crois pas que la vue du Bosphore soit si variée. »

Voltaire eût étéGascon, s’il n’eût été. propriétaire !

Mais Boileau n’était plus là pour la réplique.

Concluons que chacun est satisfait de ce qu'il a et le trouve plus beau que le bien du voisin. C'est la meilleure philosophie et le plus sûr moyen d'être heureux. Souhaitons, pour la paix sociale, que ce sentiment soit ou devienne celui de tout le monde.

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