‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 3 sur 329 · DER · texte numérisé non relu

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Charonne et passait près de la Bastille, il envoya demander au prisonnier de lui prêter le château de Chaillot, où il avait déjà logé en 1629 pendant que le roi (1) habitait le château de Madrid. Sur la demande de Bassompierre, la duchesse de Nemours se hâta de quitter le château de Chaillot, où le cardinal demeura pendant plus de six semaines, N'est-il pas singulier qu'il ait ainsi

À. X Theme de race.

(Collection de M. Em. Potin.)

demandé à son prisonnier de lui céder sa maison de plaisance? L’année d’après, le château de Chaillot fut occupé par le chancelier Séguier (2). Bassompierre fut rendu à la liberté le jour même des funérailles du grand ministre; il disait à cette occasion : « Je suis entré à la Bastille pour le service de Monsieur le Cardinal ; j'en sors également pour son service. »

(1) Ces faits sont relatés dans un ouvrage intitulé : « Le palais du Trocadéro », et imprimé en 1878 par l’éditeur Morel et Cie, 13, rue Bonaparte.

(2) Voir aux annexes (p.253) l’article de M. Léopold Mar sur Philippe de Commines et le maréchal de Bassompierre.

Le maréchal de Bassompierre (1379-1646) fut le dernier seigneur laïque de Chaillot ; après lui, ce furent les dames du monastère de la Visitation qui détinrent la seigneurie et ses droits jusqu'à la Révolution.

Sous Louis XIV, un arrêt du conseil du roi, de juillet 1659, érigea Chaïllot en faubourg de Paris, sous le nom de «faubourg de la Conférence » (1). Cette faveur fut accordée à Chaillot dans le but d'y augmenter le produit des impôts, par suite du changement des tailles en droits d'entrée : toutefois, les règlements de la ville de Paris n'étaient pas tous applicables à Chaillot.

En1784, les fermiers généraux obtinrent de Calonne, ministre de Louis XVI, l'autorisation de construire un mur d'enceinte (2) autour de Paris, afin d’empêcher la contrebande et de mieux assurer la perception des droits d'octroi. La plus grande partie de Chaillot fut comprise dans cette enceinte et dépendit, en conséquence, du Il‘ arrondissement (aujourd'hui le VIII); le surplus de Chaillot (c'est-à-dire la partie située au delà du mur d'enceinte et bordée par des boulevards extérieurs) fut réuni à la commune de Passy (3).

Le château seigneurial de Chaillot était un édifice commencé en 1576 par la reine Catherine de Médicis. Henri IV et Marie de Médicis ayant renoncé à la succession de Catherine, la liquidation fut très longue. Le président Janin et Bassompierre agrandirent le château, qui était construit à mi-côte, avec pavillon central.

3assompierre étant mort en 1646 sans héritie

rs directs, le domaine passa

dans les mains du comte Tillière, fut vendu ensuite par autorité royale et acheté en 1651 par Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, et veuve de

Charles I, roi d'Angleterre, décapité en 1649; cette princesse y établit, en 1652, le couvent des dames de la Visitation-Sainte-Marie. L'architecte Mansard aecola au château un portique formant cloître et construisit une chapelle, dans laquelle Bossuet prononça, le 16 novembre 1669, l’oraison funèbre d'Henriette de France, qui avait été si malheureuse, bien qu'elle fût fille, femme et mère de rois.

Le monastère royal de la Visitation est surtout célèbre (4) par les deux retraites qu'y fit Mlle de la Vallière, la première en 1671, et la seconde trois ans après, cédant la place à Mme de Montespan ; elle quitta la Visitation, en avril 1674, pour entrer aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques, sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde.

On peut citer, parmi les pensionnaires du très aristocratique couvent de la Visitation, la fille du due de Mortemart, gouverneur de Paris, sœur aînée de Mme de Montespan; la fille du duc de Lorges; Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin, qui avait eu l'ambition d’épouser Louis XIV; la fille de M. de Harlay, premier président du Parlement de Paris. M" de Motteville, auteur de mémoires sur Anne d'Autriche et la Fronde, morte en 1689, eut dans ses dernières années un pied-à-terre au couvent de la Visitation. Marie

1) Ce nom provenail des conférences tenues à l’île des Faisans pour faire la paix avec l'Espagne et le projet de mariage de Louis XIV.

(2) On disait à cette occasion : le mur murant Paris rend Paris murmurant.

(3) Voir aux annexes (p. 56) l'article de M. Antoine Guillois, intitulé : « Paris depuis ses origines jusqu à nos jours ».

(4) Voir aux annexes (p. 260) l’article de M. Léopold Mar sur le monastère royal de la Visitation de Chaillot ; et l'article (p. 257) de M. Edmond Wahl intitulé : «Souvenirs anglais sur Chaillot et le bois de Boulogne »,

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d'Este, seconde femme de Jacques Il, roi d'Angleterre, s'y retira souvent, de

1688 à 1718. à Les bâtiments de la Visitation furent considérablement augmentés en 4704.

La nouvelle chapelle de ce monastère, inaugurée le 29 janvier 1706, se trou-

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Collection de M. Em. Potin.)

vait sur l'emplacement actuellement occupé par le bassin du jardin du Trocadéro; en le construisant, on a trouvé beaucoup d ossements féminins, parce que le cimetière où on enterrait les visitandines était situé autour de cette chapelle.

Quelques mois avant le 14 juillet 1790, le couvent de la Visit primé et les religieuses dispersées. Pendant la Terreur furent violées et les œuvres d'art enlevées. Les

ation fut sup- , les tombes royales bâtiments du monastère fu-

rent employés à divers usages pour le service de la nation et ils ne furent entièrement démolis que sous Napoléon [°", pour donner place à la construction, alors projetée, du palais du roi de Rome.

L'emplacement comprisentre le monastèreroyal de la Visitation et le Coursla-Reine était occupé par l'immense prairie de la Savonnerie, qui fut, sous Louis XIV, transformée en une pépinière dont les sujets allaient peupler les parcs royaux, ainsi que les promenades publiques; c'est sur cette pr airie domaniale qu'Henri IV avait fait établir, vers 1605, la manufacture royale de la Savonnerie (1), pour y fabriquer des tapis dans le genre de ceux du Levant. Elle avait son entrée au n° 25 du quai de Chaillot et se trouvait sur l’emplacement qu'occupe actuellement la Manutention militaire. On y conduisait fréquemment Louis XIII, dans son enfance (2).

La reine Marie de Médicis avait établi à la Savonnerie un hôpital d'orphelins qui y étaient « alimentez, entretenus et instruitz » et employés au tissage de la toile.

Dans le Journal de voyages de deux jeunes Hollandais à Paris en 1656-1658 (H. Champion, 1900), il est dit que ces deux jeunes gens, nommés MM. de Villiers, visitèrent un atelier de tapisserie dont le « maistre » Dupont leur montra des portraits qu'ils prirent « de prime abord pour des tableaux de véritable peinture », mais qu'en s'approchant, ils reconnurent faits « de laine ». Ils ajoutent

Le père de cet excellent ouvrier en apporta le secret de Perse, où il avait passé quelques années, et ce fut luy qui en establit la facture de la Savonnerie, où quantité de petits enfants sont entretenus avec un insigne advantage du public, parce qu'outre qu'on les empêche de RE on fait fleurir un art qui n'est guère connu en Europe qu'en cet endroit.

La Savonnerie, qui a été manufacture royale avant celle FE Gobelins, fut réorganisée par Colbert en 1663 et reconstituée par le duc d’ Antin en 1713; elle acquit une réputation européenne par la perfection de ses ouvrages et on y a encore exécuté, sous le premier Empire, de très belles tapisseries. Elle a quitté Chaillot en 4895, époque à laquelle e Ile a été réunie à la manufacture des Gobelins.

Le monastère royal de la Visitation et ses dépendances s'étendaient entre le quai de la Seine et la barrière Sainte-Marie (place du Trocadéro}. Il était borné d’un côté par le couvent des Minimes, ou Bonshommes, de l'autre côté par la ruelle d'Hérivault, correspondant à la partie basse de la rue de Magdebourg, qui le faisait communiquer avec le quai, et par la ruelle Sainte- Marie, aboutissant à la rue des Batailles (aujourd'hui avenue d'Iéna). Le mur d'enceinte de Paris séparait les dépendances du couvent de la Visitation de celles du couvent des Bonshommes; ces dernières s'étendaient sur environ le tiers des jardins du Trocadéro; le reste de l'emplacement occupé actuellement par ce jardin était compris dans l'enceinte du monastère de la Visita-

(1) Voir aux annexes (p.273) l’article de M. le comte Fernand de l'Eglise, sur la manufacture des Li pis de la Se xvonnerie, ainsi qe ï article de M. Antoine Guillois intitulé : « Paris depuis ses origines jusqu’à nos jours ». Voir également, dans le 3m volume du Bulletin,

l'article de M. Henri Maïstre, intitulé : « Chaillot el le bois de Boulogne en 1660 », pp. 277 el 278; ainsi que l'article, du méme auteur, intitulé : « Les manufactures de Chaillot en l an IX » (pp. 279 et 260).

(2) Voir aux annexes 1 277) l'article de M. Léopold Mar, intitulé : « Louis XIII au

XVIe arrondissement.

tion, dont les dépendances renfermaient tout l’espace compris entre le quai de la Seine, la rue de la Montagne (aujourd'hui rue Beethoven) et la rue Vineuse. Sur le territoire d'Auteuil, les terrains compris entre la route de Versailles (longeant la Seine) et les hauteurs étaient occupés par quelques

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Paris et environs, par N. de Fer, géographe de Sa Majesté catholique, Avec privilège du Roy. — 1717.

(Collection de M. Em. Potin.)

vignes et par les dépendances de la maison seigneuriale des abbés de Sainte- Geneviève.

On voit qu'aux xvrr et xvmr siècles, les rives de la Seine entre le Cours-la- Reine et le Point-du-Jour, où se trouvent actuellement des quartiers élégants, appartenaient, dans presque toute leur étendue, à quatre établissements : la Savonnerie, le monastère de la Visitation, le couvent des Bonshommes et l’abbaye de Sainte-Geneviève.

Le village de Passy (1), qui est mentionné, pour la première fois, dans une charte de mai 1250, et fut érigé en seigneurie au xv° siècle, n’a été, pendant plus de cinq cents ans, qu'un hameau dépendant de la paroisse d'Auteuil et habité par quelques vignerons et cultivateurs. Au xvn° siècle, comme on ne pouvait se rendre de Passy à l'église d'Auteuil qu’en faisant un long trajet par de mauvais chemins, Claude Chahu, seigneur de Passy, fit ériger, en 1666, une chapelle (2), sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâce, qui est devenue l’église de Passy; cette succursale était desservie par la congrégation de Saint-Paul, dite des Barnabites. Grâce aux dons et à la persistance de Mme Christine de Heurles, veuve de Claude Chahu, le village de Passy fut érigé en paroisse par lettres-patentes de Louis XIV, en date du 16 mai 1672.

L'église Notre-Dame-de-Grâce de Passy fut desservie par trois religieux barnabites de 1672 à 1736 ; par quatre, de 1736 jusqu’à la Terreur, et, depuis, par des prêtres du clergé séculier. La liste chronologique des curés de Passy, par M. Léopold Mar, se trouve ci-après aux annexes (p. 248).

Dès le milieu du xvu° siècle, les médecins conseillèrent aux Parisiens de séjourner pendant l'été à Passy, pour y prendre les eaux minérales (3), qui faisaient alors concurrence à celles de Forges ; elles ont dû, avec la salubrité de l’air (4) et le voisinage du bois de Boulogne, déterminer beaucoup de citadins à venir, pendant la belle saison, à Passy, où l'établissement thermal était situé entre la rue Raynouard et le quai de la Seine, sur des terrains qui avaient été primitivement cultivés en vignes et où se trouvaient plusieurs sources, Ce qui avait fait donner à ce lieu, en latin, le nom de Fontanilum. C'est vers 1657 que la Faculté de médecine commença à s'occuper de la vertu curative de ces eaux ; elles tombèrent en discrédit dans les dernières année du xvn siècle ; mais, vers 1720, l'abbé Le Ragois les remit à la mode; on y établit des jardins et des salons qui étaient fréquentés par des personnes de toute condition et firent de ces eaux un lieu de plaisir. Elles furent l’objet de rapports favorables à l’Académie des sciences en 1670 et 1671; les médecins déclaraient qu'elles étaient ferrugineuses, sulfureuses et balsamiques et

(1) Pour l'étymologie attribuée au nom de Passy, voir aux annexes (p. ) un extrait des documents déposés en 1892 par M. Antoine Guillois sur le bureau de la Société historique d'Auteuil et de Passy. Il résulte d'un article de M. Tabariès de Grandsaignes, p. 164 du IVe tome du Bullelin, que Passy est désigné en latin, sur d'anciens actes, par le mot Passiacum et que cette désinence en acum était généralement ajoutée, à l’époque galloromaine et dans les premiers siècles du moyen âge, au nom du propriétaire pour désigner un domaine rural; telle est l’origine des noms de lieu terminés en ac dans le midi de la France (langue d’oc) et en y dans les pays de langue d’oîl.

(2) Voir aux annexes (p.280) l’article de M. Léopold Mar sur la fondationde la paroisse

de Passy. Voir également, pp. 112 à 116 du premier volume du Bulletin, article de M. le Dr Paul Raymond, intitulé : « Documents sur Claude Chahu, Christine de Heurles et la seigneurie de Passy. » Voir aux annexes (p. 496) l’article de M. de Forges de Montagnac sur le démembrement de la paroisse d'Auteuil. ) Voir pp. 236 à 238 du Ier volume : « Les amusements des eaux de Passy », par M. Léopold Mar, et pp. 10 à 12 du IVe volume du Bulletin, l’article du même auteur, intitulé : « Curieux litige entre l'abbé Le Ragois et le sieur Guichon ». Voir également « Les origines des eaux de Passy et d'Auteuil », par M.le Dr Paul Raymond, pp. 52 à 55 du Ier volume ; et un extrait des observations faites, en l'Académie des sciences, sur leg eaux minérales de plusieurs provinces de France, par M. Berrus, pp. 247 et 248 du IT° volume du Bullelin.

(4) Le Monileur du 9 mai 1832 constate que la première épidémie de choléra, qui avait occasionné une très grande mortalité à Paris, n'avait fait qu'un très petit nombre de victimes à Passy el à Auteuil. La même constatation ressort d'une carte statistique de l'époque, que possèdent les archives de la Sociélé historique,

les considéraient comme un remède contre la stérilité des femmes. Elles jouirent d'une grande vogue pendant la plus grande partie du xvim® siècle ; il était de bon ton d'y aller. Laveillard, directeur des eaux, partit en 1785, pour suivre Franklin en Amérique, et, l'établissement ayant alors changé de propriétaire, l'entrée des jardins fut interdite au public; les eaux perdirent leur célébrité ; elles étaient cependant encore fréquentées sous le premier Empire, car on lit dans le Moniteur du 20 juin 1806 l'annonce suivante : «Le public est prévenu que l'on continue toujours la distribution des nouvelles eaux minérales de Passy, qu'on peut les prendre tous les matins dans l'endroit même où jaillissent les sources d’où on les tire, et qu’un jardin, qui n'est à l'usage que des buveurs d'eau, leur offre une promenade agréable et contribue à les rendre plus efficaces. » Les sources ont été englobées dans la propriété de M. Benjamin Delessert, et leur débit s’est trouvé beaucoup diminué par suite des fouilles exécutées pour établir les fondations des maisons du voisinage.

La situation de Passy et d'Auteuil entre Paris et Versailles, au milieu de collines boisées du haut desquelles on a de très belles vues, a beaucoup faeilité l'établissement, pendant le xviu* siècle, de maisons de plaisance avec pares et jardins dans cette région: les châteaux qui s’y trouvaient, auprès de ceux de la cour, ont été fréquemment habités par des personnages de marque, appartenant à l'aristocratie, à la littérature, aux beaux-arts et à la finance. Dans l'histoire de chaque rue, je me suis attaché à rappeler les principaux personnages qui y ont séjourné autrefois. Pour Passy, les deux résidences les plus importantes (1) étaient, au xvmr siècle, son château seigneurial et le château de la Muette.

Déjà célèbres sous la seigneurie de M"° Chahu, le château et le parc de Passy avaient une certaine importance. Samuel Bernard (1651-1739), riche banquier qui s'était enrichi sous le ministère Chamillard et avait amassé, dit-on, une fortune de plus de trente millions, dépensa 300.000 livres pour embellir cette propriété et y installa son ancienne maîtresse, Mme de Fontaine (2). Bernard de Rieux, fils de Samuel Bernard, et son petit-fils, Bernard de Boulainvilliers, eurent ensuite le château seigneurial de Passy, qui, vers le milieu du xvm siècle, était très luxueux et renfermait beaucoup d'objets d'art, une chapelle et un théâtre. Le parc avait plus de 8 hectares ; on y voyait une orangerie, des serres en cristal, des volières en filigrane d'or, des grottes tapissées de verdure, des berceaux où le fruit était suspendu (3) dans des treillages d’acajou ou de bois de rose, plusieurs terrasses et beaucoup de statues. Il était situé en amphithéâtre sur la hauteur occupée actuellement par la rue de Boulainvilliers; les jardins s’étendaient jusqu’à la route de Versailles. La rue Raynouard séparait le pare du potager, qui était pourvu de deux bassins et avait une superficie de plus de 4 hectares.

(1) En ce qui concerne Auteuil, on peut se reporter aux pages relatives à l'histoire du quartier d'Auteuil, pour le château du Coq, la maison de Mme Helvétius, celle de Boileau la maison seigneuriale des abbés de Sainte-Geneviève et le château des Boufflers.

(2) Samuel Bernard maria une des filles de Mme de Fontaine au fermier général Dupin ; elle devint célèbre par son esprit et sa beauté; son fils, Dupin de Francueil, également fermier général, épousa Marie-Aurore, fille naturelle du maréchal de Saxe et veuve du comte de Horn; de ce mariage naquit Maurice Dupin, père de Mme George Sand.

(3) Voir l'ouvrage de Capefigue, intitulé : « Mesdemoiselles de Nesles et la jeunesse de Louis XV », Paris, Amyot, 1864. |

LE PASSÉ D'AUTEUIL, DE CHAILLOT ET DE PASSY ill

L'époque la plus brillante du château seigneurial de ’assy fut celle du séjour de M. de la Pouplinière (1), fermier général, à qui le marquis de Boulainvilliers avait cédé à vie ce château en 1747; il y recevait des dames dignes du pinceau de Watteau, des écrivains et des artistes: pour avoir son orchestre constamment à sa disposition, il logeait tous ses musiciens au chàteau, On peut citer, parmi ses hôtes, Jean-Jacques Rousseau, le maréchal de Richelieu, Marmontel, Rameau, Gossec, La Condamine,le peintre pastelliste La Tour, Mme de Genlis.

Lith de Thierry frères,

ANCREN CHATEAU DE BOULAINVYILILIERS (Château seigneurial de Passy.

(Archives de la Société.)

Louis-Philippe Rameau (1683-1764) était fils d'un organiste de Dijon et fut lui-même organiste pendant la première partie de sa carrière : il tint l'orgue à Lille, puis à Clermont, et ne commença à composer qu'à l'âge de quarante ans. 11 publia, en 1722, son Trailé d'harmonie ; il fit représenter, en 1739, l'opéra de Dardanus, qui établit sa réputation, à laquelle avait également contribué son drame lyrique de Castor et Pollux (1737). De 1748 à 1754, il fit de fréquents et longs séjours au château seigneurial de Passy, où il dirigeait les concerts du fermier général La Pouplinière. Il avait été créé par Louis XV chevalier de Saint-Michel (2) et compositeur du cabinet du roi.

(1) Voir aux annexes (p.284) l'article intitulé : «Le château seigneurial de Passy sous lé règne de M. de la Pouplinière », par M. Léopold Mar; également aux annexes (p. 287) l’article du même auteur intitulé : « La Tour à Passy et à Auteuil »; p. 288, la note sur « Jean- Jacques à la fête de Passy » ; ainsi que l'article (p.288) de M. Edmond Wahl sur Mme de Genlis.

Voir également ci-après les détails donnés sur ce château dans la notice concernant la rue de Boulainvilliers, p. 103,

(2) Voir l’article de M. Emile Potin sur Rameau (p. 90 du IVe volume du Bulletin).

Le dernier châtelain de Passy, Anne-Gabriel-Henri, marquis de Boulain-

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