‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 40 sur 329 · AVENUE SAINT-PHILIBERT · texte numérisé non relu

AVENUE SAINT-PHILIBERT

type réglementaire, avec interdiction d'exercer aucun genre de commerce ou d'industrie.

La largeur du boulevard Lannes a été fixée à 12 mètres par le décret du 9 septembre 1861; celui du 2 mars 1864 lui a donné sa dénomination, en l'honneur de Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809) ; général de brigade en 1797, il se couvrit de gloire à la bataille d’Arcole, accompagna le général Bonaparte en Égypte, commanda la garde consulaire, gagna la bataille de Montebello en 1800, fut nommé maréchal de France et due à la proclamation de l'Empire, se distingua aux batailles d'Austerlitz, léna, Eylau et Friedland et fut blessé mortellement à la bataille d'Essling.

Le boulevard Suchet a 14 mètres de largeur ; sa dénomination lui a été donnée par le décret du 2 mars 1864, en l'honneur de Louis-Gabriel Suchet, maréchal et duc d'Albuféra (1772-1826); volontaire en 1791, capitaine en 1798, général de division en 1805, il commanda l’armée française en Espagne, de 1808 à 1819 ; il fut nommé maréchal en 1810 et duc en 1819, après la conquête du royaume de Valence. Il se fit remarquer par sa modération et son équité ; Napoléon disait de lui : « Si j'avais eu, en Espagne, deux maréchaux comme Suchet, non seulement j'aurais conquis la Péninsule, mais je l'aurais conservée. » Suchet fut créé pair de France par le roi Louis XVII.

L'amiral Jauréguiberry a habité le n° 45 du boulevard Suchet.

La suppression de l'enceinte fortifiée de Paris entre la Seine et la porte de Pantin est, depuis longtemps, décidée en principe; mais la question financière n'a pas reçu encore de solution. L'exécution est subordonnée à une entente à établir sur la fixation de l'indemnité à payer à l'État, pour la cession des terrains qui dépendent de cette partie des fortifications et qui seraient occupés par des boulevards, des rues et des constructions particulières. Pour la partie comprise entre la Seine (Point-du-Jour) et Pantin, l'estimation des terrains, faite par l'administration des domaines, montait à 130 millions, chiffre qui sera probablement réduit. La Ville de Paris aurait à dépenser une cinquantaine de millions pour travaux de voirie. La réalisation de ce programme entrainera la création de nouveaux quartiers, ce qui favorisera l'accroissement de la population dans la région de l’ouest; mais cette opération demandera probablement beaucoup de temps, car le prix des terrains serait avili, si on voulait les vendre tous en même temps.

La cilé des Belles-Feuilles, dont l'entrée se trouve près de l'intersection de la rue des Belles-Feuilles avec la rue Mérimée, a été fondée en 1840, par M. Tamiset, propriétaire.

La rue des Marronniers à été ouverte en 1842 sur l'emplacement d'une allée de marronniers, qui ornait le parc de l’ancien château de Boulainvilliers; pendant plusieurs années après sa création, ce n'était qu'une impasse aboutissant à la rue du Ranelagh. Pour remédier à celte situation, le conseil municipal de Passy a décidé, par délibération en date du 13 juillet 1847, que la rue des Marronniers serait prolongée jusqu'à la rue de Boulainvilliers, sous la condition que les propriétaires intéressés verseraient les subventions offertes par eux pour ce travail; la délibération du 10 février 1849 autorisa le maire à acheter à M. Morel et à M. et Mme Heurtaut le terrain nécessaire pour réaliser ce prolongement.

L'avenue Saint-Philibert est une voie privée, qui est fermée, pendant la

114 HISTOIRE DU XVI° ARRONDISSEMENT nuit, par des grilles à ses deux extrémités et qui prolonge la rue Lekain (autrefois rue de la Fontaine); c’est sans doute pour ce motif qu'elle est désignée sous le nom de rue de la Fontaine sur le plan cadastral de 1859. Cette avenue a été ouverte en 1846 sur des terrains appartenant à MM. Messier et Amoyet et provenant des dépendances de l’ancien château de Boulainvilliers. Elle porte le prénom du propriétaire, M. Boullée, ancien magistrat, qui l’a achevée.

L'impasse ou passage Cothenet, qui a 5",60 de largeur, est une voie privée, allant de la rue de la Faisanderie au boulevard Flandrin ; elle a été créée en 1846 par M. Cothenet, propriétaire.

La rue Benjamin-Delessert, qui a été ouverte en 1847, est incorporée au boulevard Delessert; les indications concernant cette rue seront données ci-après, en parlant dudit boulevard (voir page 157).

Par délibération du 14 mars 1895, le conseil municipal de Passy avait demandé que le sentier, ayant alors 2 mètres de largeur et allant de la barrière Sainte-Marie (place du Trocadéro) au chemin de la Croix (rue Decamps), fût remplacé par une rue de 10 mètres de largeur et que cette rue fût dénommée « rue Blanche », comme traversant l’ancien canton dit « l'Arpent- Blanc ». Ce vœu n'a été réalisé qu’en 1848, époque à laquelle la « rue Blanche » fut ouverte, avec une largeur de 10 mètres, entre les abords du boulevard de Longchamp et la rue Decamps. Par délibération du 18 juillet 1847, le conseil municipal de Passy avait approuvé le projet d'ouverture de la rue Blanche, la faisant déboucher sur le boulevard extérieur de Longchamp, en face de la barrière Sainte-Marie, par le passage déjà ouvert alors au public sous le nom d'impasse Triboulet. La partie de la rue Blanche la plus voisine du boulevard de Longchamp a été supprimée pour la formation de la place du Trocadéro. La remise de la rue Blanche, par la Société Malézieux, à la commune de Passy a été approuvée en 1854. En 1862, M. Herran prolongea la rue Blanche, comme voie privée de 12 mètres de largeur, entre la rue Decamps et la rue Herran.

Le décret du 24 août 1864 a donné le nom de rue Greuze (1) à la rue Blanche, en l'honneur du peintre Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), qui se forma presque seul, se plaisait à peindre des scènes intimes et sut se former un genre très brillant par la naïve simplicité et la grâce infinie qu'il prêtait à ses personnages. Il a laissé beaucoup de tableaux célèbres : l’Accordée de village, la Cruche cassée, le Père de famille expliquant la Bible à ses enfants, la Jeune Fille qui pleure son oiseau mort. Comme son ami Vernet lui reprochait de ne solliciter ni récompense ni distinction, il lui répondit : « Que veux-tu, j'ai le talent facile, mais le jarret trop raide ; je suis un homme d'autrefois : je ne m'incline que devant Dieu et devant les femmes. »

La rue Leroux a été ouverte en 1848 sur des terrains de la plaine de Passy, appartenant aux héritiers de M. Leroux, ancien agent de change, qui avait été un des principaux actionnaires de la Société des terrains de la plaine de Passy et qui mourut en 1843. Elle a porté précédemment le nom de « rue Debelleyme » et fut ainsi classée par le décret du 31 octobre 1863. Elle a été

(1) La consolidation du sol sous-miné a été exécutée sur 7 mètres de longueur en 1890 et 1893 ; la distance du sol au ciel de la carrière est de 22%,60, vers la cité Greuze, el la hauteur de la galerie d'exploitation ést de 1,90,

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