‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 43 sur 329 · LE BOIS DE BOULOGNE · texte numérisé non relu

LE BOIS DE BOULOGNE

à Auteuil, en vertu du décret du 18 août 1852. Cette délibération fut approuvée par une décision du ministre des Travaux publics du 18 mars de la même année. En 1856, la Ville a vendu aux riverains du boulevard Beauséjour une zone de terrains situés au-devant de leurs immeubles, avec obligation de se clore au moyen de grilles d'un modèle déterminé et de cultiver ct zone en jardins d'agrément.

Alphand, directeur général des travaux de Paris, habita depuis 1854 le premier chalet à gauche de la villa Beauséjour, qui a son entrée au n° 7 du boulevard portant le même nom; il mourut, le 6 décembre 1891, dans cette propriété, qui est occupée encore aujourd'hui par sa famille.

Pendant plusieurs siècles, le bois de Boulogne (1) a été aménagé, de même que les autres forêts de la couronne, avec de larges avenues et ronds-points ou étoiles, comme on en rencontre dans tous les bois ayant également dépendu des chasses du roi. La loi du 8 juillet 1852 céda à la Ville de Paris le bois de Boulogne, sous la condition de consacrer au moins deux millions à l'embellir, le Gouvernement désirant y remplacer les allées poudreuses de l'ancienne forêt par des jardins anglais. Les dépenses d'aménagement du bois se sont élevées à 16.206.259 francs ; mais la Ville a vendu pour 10.401.484 francs

{1) Voir dans le Bulletin de la Société historique les articles suivants, de M. Léopold

Mar : « Trois Rencontres au bois de Boulogne », p. 177 du Ier volume; — au IIIe volume : « Un Souper du Régent à Bagatelle »,pp.68 et 69; — « L es Emaux du château de Madrid »,

pp. 71 et 72; — et « Une Grande Chasse au bois de Boulogne », p. 168;

«Le Château de Madrid », par M. le comte Fernand de 1 lise, pp. 129 à 133 du Ile volume ; *

« Les Souvenirs anglais sur le bois de Boulogne », par M. Edmond Wahl, pp. 64 à 66 du Ifle volume ; ÿ

« Les Fêtes de nuit au bois de Boulogne », par M. Charles Alphand, petit-fils du directeur des travaux de Paris, p. 164 du IIIe volume;

« Le Troubadour Catelan », par M. Antoine Guillois, pp. 200 et 01 du Ier volume ;

Anciennes inscriptions de la pyramide Catelan, p.20 du IIIe volume;

Poésie de Mistral sur le troubadour, p. 21 du IIIe volume;

Observations sur la sécurité au bois de Boulogne, pp. 187 et 206 du Ille volume ;

« Les trois Chènes du bois de Boulogne », par M. te s de Grandsaignes, p. 112 du Ile volume ;

« La Forêt de Rouvray », par M. Gaston Duchesne, pp.170 du Ile et 8 du Ile volume ;

« Le Bois de Boulogne pendant la Révolution », par Mme C hochod-Lavergne, pp. 21 à

25; — « La Comédie à Bagatelle », par M. le D'{ He 1gne, avec une note de Mme Chochod-

Lavergne, pp. 226 el 227; —« Tué par les fauves », de M. Gaston Duchesne, p. 199; — el Anecdote sur Bagatelle », par M. Léna, p. 227 du IIT° volume.

Voir également l’article publié par M. Brau de Saint-Pol Lias dans le Monde moderne de juillet 1899, et un article du Pelit Journal du 17 juillet 1895.

La monographie du bois de Boulogne pourra faire l'objet d’un ouvre bornerai donc ici à ajouter aux indications données ci-dessus la liste suivante de livres publiés au sujet du bois de Boulogne :

Lettre de saint Vincent de Paul au cardinal de Larochefoucauld, sur l’état de dépravation de l’abbaye de Longchamp. En latin, avec la traduction française et des notes par l'abbé Jean de Labourderie, Paris, Montardier, 1827;

Vie de Mme Isabelle, sœur de saint Louis, fondatrice de l'abbaye de Longchamp, par Danielo, Paris, 1840

Le bois de Boulogne, précis historique et littéraire, par Mme Emilia Telsatme, Paris, imp. A. Delcambre, 1854;

Notice pittoresque et historique sur le bois de Boulogne el ses environs, par G. D., chef de bureau à la préfecture de la Seine, Paris, A. Fontaine, 1855;

Le bois de Boulogne architectural, avec dessins, par Th. Nequer, Paris, Coudrilier, 1860;

Paris-guide, par les principaux écrivains et artistes de la France, Paris, Librairie Internationale, 1867 (voir l’article d'Amédée Achard sur les Champs-Elysées, le bois de Boulogne, Auteuil et Passy), t. II, pp. 1228 à 1250.

ge spécial ; je me

de terrains et a reçu de l'État une subvention de 2.110.313 francs, ce qui à réduit la dépense à sa charge au chiffre de 3.694.455 francs.

Les travaux de transformation du bois de Boulogne ont été commencés par l'architecte Hittorf, membre de l'Institut, avec le concours du jardinier Varé. Ils ont été repris et achevés par Alphand, qui est l'auteur du plan de transformation effectivement réalisé et qui à été heureusement secondé par le jardinier paysagiste Barillet-Deschamps (1).

Le projet dressé, à la fin du xix° siècle, pour l'éclairage électrique du bois de Boulogne, supposait qu'il serait exécuté successivement en trois lots : 1° allée des fortifications entre les portes Maillot et Dauphine et parcours de la porte Dauphine à Suresnes ; 2° allées du tour du lac ; routes de Saint-Cloud, de la Muette à Neuilly, des lacs à Passy; 3° avenue de l'Hippodrome et partie de l'avenue de la Reine-Marguerite.

Il est bien regrettable que la situation des crédits n'ait pas encore permis de réaliser ce projet.

La rénovation des principaux quartiers de Paris, notamment du XVIe arrondissement, par Alphand, est basée sur ce qu'au lieu de procéder à des percements de ruës isolément, comme on l'avait fait jusqu'alors, il à arrêté, d'après des vues d'ensemble, le tracé de larges avenues et de nouveaux boulevards.

La première avenue ainsi créée fut celle du Bois-de-Boulogne. Le décret du 2 mars 4864 lui avait donné officiellement le nom d’«avenue de l'Impératrice », qu'elle avait déjà reçu en fait, depuis sa création. Un arrêté du maire de Paris, du 12 septembre 1870, la dénomma « avenue Uhrich » (nom du général qui commandait Strasbourg pendant le siège de cette ville). Elle a reçu, par décret du 40 février 1875, sa dénomination actuelle.

En vue de faciliter les relations entre le centre de Paris et le bois de Bou logne, le gouvernement décida, par décret du 31 mars 1854, la rectification et l'élargissement de la route départementale n° 4 entre les abords de la place de l'Étoile (2) et la porte Dauphine, ainsi que, par décret du 13 août de la même année, l'ouverture de la nouvelle voie (3) sur une longueur de 90 mètres

Ga) L'ouvrage qui a été publié sur la généralité de Paris (divisée en ses vingldeux élections), le 4 septembre 1708, et dont un résumé a été communiqué à la Société historique par son secrétaire général, M. Emile Potin, indique pour le bois de Boulogne une superficie, « tant en bois planté que places vuides ou remplies de bâtiments », qui équivaut à 678 hectares. Il est dit dans cet ouvrage que le bois est « renfermé de murailles », que les religieuses de Longchamp y possédaient anciennement 80 hectares, qui ont été réunis au corps du bois par arrêl du conseil du 18 mai 1679 et qu'un arrêt du même conseil du 29 avril 1689 a ordonné que, pour indemniser les religieuses de cette réunion et pour leur racheter leurs droits d'usage et de pâturage, il leur serait fait fonds annuellement de 2.400 livres.

La superficie du bois de Boulogne est actuellement de S48 hectares, dont 376 en forét, 193 en gazons, jardins et maisons, 129 en routes el sentiers, 121 en concessions diverses et 9 en eaux. La longueur des routes, allées et sentiers est de 160 kilomètres, et celle des ruisseaux de 12 kilomètres. L'alimentation des lacs et des cascades consomme environ 800 mètres cubes d'eau par jour.

Les locations, concessions et recettes diverses procurent un revenu annuel d'environ 600.000 francs, un peu supérieur aux dépenses annuelles d'entretien.

Voir à la page 9 du ITT° volume du Bulletin une note de M. Tabariès de Grandsaignes sur d'anciens plans du bois de Boulogne.

(2) Pour la place de l'Etoile, voir page 76.

3 Les travaux d'ouverture de l'avenue du Bois-de-Boulogne ont été commencés par le service des routes départementales de la Seine ; ils ont été continués et terminés par

Page 1