‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 48 sur 329 · PALAIS DU TROCADÉRO · texte numérisé non relu

PALAIS DU TROCADÉRO

chaussées, sur des terrains appartenant à l'État et situés au coin du quai Debilly et de la rue de Magdebourg (1).

Lorsqu'à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, la Ville de Paris entreprit d'aménager les pentes du Trocadéro, elle entra en pourparlers avec l'État, qui, suivant traité du 6 décembre 1866, consentit à abandonner les terrains du quai Debilly; il fut décidé que le dépôt des phares et le laboratoire de l’École des ponts et chaussées seraient installés dans le terrain triangulaire compris entre la rue de Magdebourg, l'avenue du Trocadéro et l'avenue d'Iéna. La portion de ce terrain joignant la rue de Magdebourg, et mesurant 4.765 mètres carrés, fut affectée au dépôt des phares ; celle située près de l'angle de l'avenue d’Iéna et de l'avenue du Trocadéro fut affectée au laboratoire d'essais de l'École des ponts et chaussées. Pendant la construction des bâtiments actuels du dépôt des phares, de 1867 à 1869, ce dépôt fut installé provisoirement dans un immeuble, aujourd'hui disparu, qui était situé rue des Batailles, laquelle n’existe plus et a été remplacée par l'avenue d'Iéna. On voit que c'est depuis 1869 que le dépôt des phares est installé à son emplacement actuel.

La façade sur la rue de Magdebourg est surmontée d'une tour carrée, avec plate-forme permettant l'installation d'un feu qui, les jours de fête publique, projette des rayons lumineux jusqu'à Montmartre et au square des Buttes- Chaumont, d'une part, et de l’autre jusque sur les coteaux de Meudon et de

zellevue.

Un projet de loi a été déposé en 1901 par le ministre des Finances, en vue d'aliéner les terrains occupés par le laboratoire de l'École des ponts et chaussées, ainsi qu'une bande des terrains du dépôt des phares en bordure sur l'avenue d'Iéna; mais les bâtiments de ce dépôt en façade sur l'avenue du Trocadéro et sur la rue de Magdebourg ne seraient pas touchés.

En 1811, Napoléon I‘ voulut établir au Trocadéro un palais (2) pour son héritier, le roi de Rome. Les plans furent dressés par les architectes Fontaine et Percier et les fouilles commencées; mais la chute de l’Empire fit abandonner l’entreprise, et cette région, qui avait été occupée autrefois parles dépendances du couvent des Bonshommes et du monastère royal de la Visitation, redevint un désert escarpé et servit, sur divers points, de réceptacle aux immondices de Paris. En 1825, le conseil municipal de Passy avait proposé d'améliorer la demi-lune existant en face de la barrière Sainte-Marie (au point où se trouve actuellement la place du Trocadéro) en y créant une place de 50 mètres de rayon.

Le gouvernement de la Restauration avait décidé que l'emplacement du palais du roi de Rome serait affecté à la construction d'une caserne, dont la première pierre fut posée par le dauphin et la dauphine le 31 août 1826;

(1) La superficie sous-minée est de 4.700 mètres carrés sous le dépôt des phares et de 88o mètres ‘és sous le dépôt de l'Ecole des ponts el chaussées, A l'angle de l'avenue du Trocadéro et de la rue de Magdebourg, la distance du sol au ciel de la carrière est de 8",8, et la hauteur de la galerie d'exploitation de 1,70. A l'avenue d'Iéna, devant le dépôt, la distance du sol au ciel de la carrière est de 4,24, et la hauteur de la galerie d'exploitation de 1%,:

2) Voir aux annexes (p. 430) l'article de M. Antoine Guillois, intitulé : « Le Palais du roi de Rome ».— Voir également l'extrait du discours de M. Lanier: «A travers le Trocadéro », pp. 217 à 222 du Ier volume du Bulletin. Les archives de la Société possèdent des vues du palais projeté, ainsi que les portraits de Fontaine et de Percier.

troisième anniversaire de la prise, par le duc d'Angoulême, d'un fort de Cadix appelé Trocadéro, dont la reddition avait terminé heureusement la guerre d'Espagne. La caserne n'était pas encore bâtie en 1830 ; mais le nom de Trocadéro, qui avait été donné à ce coteau de Chaillot, à la suite du fait d'armes du 31 août 1823, fut maintenu par les gouvernements suivants.

Pendant bien des années on ne vit sur cet emplacement que des ruines (1) (fondations du palais du roi de Rome et bâtiments inachevés d'une caserne). Mais comme ce plateau domine le Champ de Mars et a une très belle vue sur les coteaux de Meudon et de Sèvres, il importait de comprendre la mise en état de viabilité de cette partie de Chaillot et de Passy dans le plan d'amélioration des quartiers de l’ouest de Paris, et cet embellissement a été réalisé à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867. Le projet primitif consistait à créer une vaste place, descendant en pente douce vers la Seine, et dont la partie culminante aurait été terminée par un demi-cercle sur lequel auraient débouché neuf avenues ou boulevards desservant Chaillot et Passy. Ce projet fut modifié en cours d'exécution et les pentes disposées de manière à constituer un vaste amphithéâtre où la population pourrait se grouper pour voir les illuminations du Champ de Mars; des pelouses entourées de parterres furent établies pour dégager la vue; la dépense s'éleva à 3.228.940 francs, dont environ 2 millions et demi pour les terrassements.

L'aspect a été complètement modifié en 1878 par la construction du palais du Trocadéro, à l'occasion de la troisième Exposition universelle de Paris. A cette époque, l'escalier monumental qui donnait accès à la place dut être supprimé et la place elle-même a reçu des modifications importantes. En vue d'assurer le dégagement des abords de l'Exposition, un square fut établi, moyennant une dépense de 714.000 francs, auprès de la rue Franklin.

Le projet du palais du Trocadéro, dressé par MM. les architectes Davioud et Bourdais, fut approuvé le 15 juin 1876. La période effective des travaux de construction, exécutés sous la direction de ces deux architectes, n’a duré que pendant dix-huit mois, ce qui porte à une moyenne de plus de 500.000 franes la dépense mensuelle, soit à près de 20.000 francs la dépense de chaque journée de travail pour l'érection de ce monument : il a donc été exécuté avec une vitesse vraiment remarquable; il fut inauguré le 1°" mai 1878.

Les galeries du palais du Trocadéro sont surtout consacrées à l’art décoratif du passé. La salle des Fêtes, qui peut contenir cinq mille spectateurs, est fréquemment utilisée pour des concerts et des réunions; on y a célébré, en 1894, le centenaire de l'École polytechnique. Le tableau suivant montre que le palais du Trocadéro est, de tous les monuments de Paris (bâtiments de l'État ou églises paroiïssiales), celui dont le sommet au-dessus du niveau de la mer est le plus élevé

(1) Ce quartier fut même peu sûr durant un certain nombre d'années,

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