AVENUES DU TROCADÉRO ET HENRI-MARTIN
les terrains de la Muette, situés entre le square Lamartine et le bois de Boulogne, qui appartenaient à la Ville de Paris; on les a vendus, avec la condition de bâtir dans un délai déterminé. La rue de la Pompe a été traversée à niveau et on n’a établi sur avenue Henri-Martin que trois pentes, dont l'une
Portrait d'Henri Martin.
(Collection de M. Émile Potin.)
règne depuis la place du Trocadéro jusqu'à la rue de la Pompe, l'autre depuis la rue de la Pompe jusqu'au square Lamartine et la troisième entre ce square et la porte de la Muette.
La station de l'avenue Henri-Martin (1) (bifurcation de laligne d'Auteuil et de celle des Invalides) et la mairie du XVI° arrondissement (2) ont leur entrée sur l'avenue Hentri-Martin, au long de laquelle une servitude non ædificandi a été réservée de chaque côté, conformément aux conclusions prises au nom de
1) Cette station se nommait précédemment « station de l'avenue du Trocadéro » : ce nom était bien justifié, à l'époque où l'avenue du Trocadéro s'étendait jusqu'auprès de la porte de la Muette; mais, ensuite, l'avenue du Trocadéro a été dénommée, dans la partie voisine de la station, avenue Henri-Martin. D'ailleurs il convenait d'éviter une confusion avec la station du métropolitain établie à la place du Trocadéro. On a donc donné à la station du Trocadéro, en 1900, le nom d'Henri-Martin.
(>) Voir page 187, note 3, les indications données sur la construction et l'inauguration de la mairie du XVIe arrondissement,
la Ville de Paris (1) devant le jury d’expropriation, dont la décision a été rendue le 14 juillet 1860 : aucune construction ne peut être élevée dans une zone de 10 mètres en arrière de l'alignement des clôtures ; cette zone devra toujours être cultivée. en parterres d'agrément, de niveau avec l'avenue; toutes les grilles de clôture sont du modèle réglementaire ; la façade prineipale des maisons est parallèle à l’axe de l'avenue ; elles doivent être habitées bourgeoisement et, en conséquenee, aucun genre de commerce ou d'industrie ne peut y être exercé.
La largeur de l'avenue Henri-Martin est de 40 mètres, savoir : deux trot- Loirs de 6 mètres chacun, deux voies carrossables ayant chacune 9 mètres et, dans la partie centrale, une allée cavalière de 10 mètres ; la distance entre les façades des maisons de cette avenue est de 60 mètres.
La construction de l'avenue de l'Empereur (avenues du Trocadéro et Henri- Martin) a entraîné lasuppression d’une partie du passage de la Pompe-à-Feu,des rues Basse-Saint-Pierre, Gasté, de Longchamp, de Lubeck, Greuze, Scheffer, de la totalité de la rue Virgile. L’extrémité de l'avenue d'Eylau (avenue Victor- Hugo) a été absorbée par l'avenue Henri-Martin depuis la rue de la Tour, d'un côté,etle boulevard Flandrin, del'autre, jusqu'aux bouleva rds Lanneset Suchet.
Il a fallu élargir le pont qui faisait passer le chemin de fer d'Auteuil sous l'avenue d'Eylau (avenue Victor-Hugo); cet élargissement a été exécuté en 1860 par la Compagnie du chemin de fer, à qui la Ville a remboursé la dépense de ce travail, montant à 21.000 francs.
Les travaux de viabilité de l'avenue Henri-Martin, aux abords de la station du chemin de fer, nécessités par l'établissement de la ligne de Courcelles aux Invalides, ont été exécutés de juin 1898 à septembre 1900. Les becs à incandescence ont été installés en mai 1900 sur l'avenue du Trocadéro, entre la place du Trocadéro et la place d'Iéna.
La pompe à feu (2; de Chaillot se trouve entre la place d'Iéna, le quai Debilly et l'origine de l'avenue du Trocadéro. Le service devant être transféré à Auteuil, la rue Villebois-Mareuil sera établie sur une partie de l'emplacement des bâtiments de la pompe à feu de Chaillot, qui a été désaflectée par arrêté du 46 mai 1900; les travaux à faire pour la nouvelle usine élévatoire d'Auteuil (avenue de Versailles, 77) ont été adjugés le 26 mai 1900.
En l'an IX, on avait établi dans l'enceinte de la pompe à feu (n° 6 et 7 du quai de Chaillot) des ateliers où étaient employés plus de quatre vingts ouvriers forgerons, fondeurs, ete., pour y fabriquer de l'artillerie de terre et de mer de tout calibre.
Le dépôt des phares el le laboratoire d'essais de l'École des ponts et chaussées occupent actuellement l'espace compris entre l'avenue du Trocadéro, l'avenue d'Iéna et la rue de Magdebourg ; l'entrée principale est sur l'avenue du Trocadéro. Après avoir occupé, de 1834 à 1848, un immeuble situé rue Nôtre-Dame-des-Champs et loué par l'État, le dépôt des phares fut établi, en 1849, conjointement avec le laboratoire d'essais de l'École des ponts et
(1) Voir aux annexes (p. 426) les règlements spéciaux applicables à l'avenue Henri- Martin.
>) Voir aux annexés (p. 426 ets.) l'article de M. Léopold Mar, intitulé: « L'Ancienne Pompe à feu de Chaillot». — Mon article sur le service des eaux dans le XVIe arrondissement, qui donne aussi des indications sur l'histoire de la pompe feu, est également reproduit aux annexes (p. 399).