‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 51 sur 329 · AVENUE MARCEAU · texte numérisé non relu

AVENUE MARCEAU

1861 ; ses eaux concourent à l'alimentation des rivières et lacs du bois de Boulogne.

Le côté impair de l'avenue Marceau, nommée précédemment «avenue Joséphine », appartient au XVI et le côté pair au VIII: arrondissement. Le territoire de l’ancienne commune de Passy comprenait le côté pair au delà de la rue de Presbourg, jusqu'à la place de l'Étoile. Le percement de cette avenue, autorisé par le décret du 13 août 1854 pour la section comprise entre la place de l'Étoile et la rue de Presbourg, et par le décret du 6 mars 1858, pour la partie comprise entre la rue de Presbourg et la place de l'Alma, fut immédiatement commencé, mais n’était pas encore terminé en 1864 (1).

Le décret du 27 janvier 186% approuva le traité conclu entre la Ville de Paris et la Société Thome et Cie, par lequel cette Société s'engageait à exécuter : 1° l'ouverture de l'avenue n° 1 (Alma) ; 2° l'achèvement de l’avenue Joséphine (Marceau) entre la rue de Chaillot et le carrefour de l'avenue de l'Empereur (Trocadéro); 3° l’amorce de cette dernière avenue, depuis son point de départ au quai Debilly jusqu'au pan coupé sur le passage de la pompe à feu.

Sur l'emplacement de l'Institution Sainte-Périne-de-Chaillot, qui a été transférée à Auteuil (2), on a percé, en 1865, une partie de l'avenue Joséphine (Marceau) et de la rue Bassano, ainsi que les rues Christophe-Colomb, Euler et Magellan. En outre, l’expropriation des terrains occupés par cette Institution a permis d'élargir la rue de Chaillot.

La construction de l'avenue Marceau a supprimé : 4° une partie de la rue Bizet ; 2 l'impasse des Blanchisseuses; 3° une partie de la ruelle Sainte- Geneviève (rue Keppler) ; 4° une partie de la rue Newton (3).

Le nom d'avenue Joséphine avait été donné à celte voie, par décret du 2 mars 1867, en l'honneur de l'impératrice Joséphine. Sa dénomination actuelle lui a été attribuée, par décret du 16 août 1879, en l'honneur de François-Séverin des Graviers Marceau (1769-1796), fils d'un procureur au bailliage de Chartres. Élu, en 1791, commandant du second bataillon des volontaires d'Eure-et-Loir,ilétait général à vingt-quatre ans, commanda l'aile droite de l'ai mée française à Fleurus, reçuten 1796 le commandementde lapremière division de l’armée de Sambre-et-Meuseetfuttué, à Altenkirchen, à vingt-six ans etdemi. La ville de Chartres lui a élevé, en 1851, une statue en bronze, qui est de Préault ; le musée de cette ville possède le beau tableau de Bouchot : Les Funérailles de Marceau.

La rue des Batailles, qui est remplacée par l'avenue d’Iéna, existait depuis fort longtemps à Chaillot; Henri IV et Gabrielle d’'Estrées y demeurèrent en 1593, avant l'entrée du roi à Paris. William Pitt, premier comte de Chatam, et Mme d'Épinay y ont logé. Le comte Treilhard, ministre sous le premier Empire, y a séjourné sous le Directoire ; le comte Regnaud de Saint-Jean-

1) Le nivellement de l'avenue Marceau a été fixé par arrèté du 12 décembre 1860 pour la partie comprise entre la place de l'Etoile et la rue de Chaillot, par arrêté du 20 juin 1865 pour la partie comprise entre la rue de Chaillot et la place de l’Alma.

(2) Voir page 216 les indications données sur l'institution de Sainte-Périne.

(3) La longueur sous-minée de lavenue Marceau, entre la rue Pierre-Charron et la rue de Chaillot, est de 65 mètres; devant le n° 33, la distance du sol au ciel de la carrière est de 12,65; la hauteur de la galerie d'exploitation est de 1,80. La consolidation a été opérée au moyen de piliers maçonnés et de remblais bourrés,

140 HISTOIRE DU XVI‘ ARRONDISSEMENT d'Angély, vers 1812-1815; Honoré de Balzac, vers 1832-1835 (sur l'emplacement du n° 12 de l'avenue d’Iéna), (ancien 43 de la rue des Betailles); Jules Sandeau, avant 184%.

Au n° 40 de cette avenue se trouve l'hôtel de style Louis XIV que le prince Roland Bonaparte a fait construire par M. Genty.

Le ministre du Royaume-Uni de Suède et de Norvège demeure au n°58, et le ministre de l'empire du Japon, au n° 75 de l'avenue Marceau.

Le 12 novembre 1848, on a livré à la circulation une nouvelle barrière, dite des Batailles, pour relier directement Chaillot à Passy. Les omnibus circulant entre Passy et la place du Carrousel pouvaient économiser huit à dix minutes pour leur trajet en prenant la nouvelle route, qui suivait la rue des Batailles et, après avoir franchi le mur d'enceinte, aboutissait au carrefour de Passy.

Le décret du 6 mars 1858, qui a déclaré d'utilité publique l'ouverture de l'avenue d'Iéna, nommée d’abord « boulevard n° 4 de Chaillot », avait assigné à cette avenue une largeur de 40 mètres; mais le plan d'alignements joint au décret n'indiquait qu'une largeur de 36 mètres, dimension qui a été effectivement suivie en exécution (1).

Les travaux furent commencés dès 1858, et leur exécution exigea plusieurs années. Le décret du 2 mars 1864 donna à cette voie, quand elle n'était pas encore terminée, le nom d’avenue d'Iéna, en mémoire de la victoire remportée par l’armée française sur les Prussiens le 14 octobre 1806. Un décret du 24 septembre 1864 approuva le traité passé entre la Ville de Paris et la Société Thome et Ci° pour l'achèvement de l'avenue d'Iéna, dont le percement a coûté 13.466.981 francs ; la revente des terrains et des matériaux ayant procuré une recette de 993.610 francs, la dépense nette ressort à 12.472.671 francs.

L'avenue d'Iéna a remplacé l’ancienne rue des Batailles entre le boulevard Delessert et la place d’Iéna ; elle a absorbé l'impasse de la Croix-Boisstère et une partie de la rue Newton. Le duc de Vivonne, frère de M. de Montespan, mourut en sa maison de Chaillot le 15 septembre 1688.

Bailly habitait pendant l'été une maison de campagne qu'il avait achetée vers 1758, quand il n'avait encore que vingt-deux ans. Le 15 juillet 1789, au lendemain de la prise de la Bastille, il avait été nommé maire de Paris et était rentré fort tard à sa maison de Chaillot. Le curé de Saint-Pierre, escorté de ses marguilliers, se rendit chez Baïlly, qu'il connaissait depuis longtemps, pour le féliciter et pour lui annoncer qu'il venait d’être nommé marguillier d’honneur de la paroisse : « Je suis touché de votre démarche, lui répondit Bailly; mais je ne puis accepter ce titre, n'en ayant jamais rempli les fonctions effectives; d'ailleurs, la Constitution proscrit toutes ces places d'honneur, incompatibles avec l'égalité. »

Jules Grévy, ancien président de la République, habita son hôtel de l’avenue d’Iéna depuis le 2 décembre 1887 jusqu'à sa mort, survenue en 1891.

(1) Pour l'avenue d’Iéna, la longueur de la voie sous-minée est de 178 mètres entre la place des Etats-Unis et la place d'Iéna et de 159 mètres entre cette dernière place et la rue de Magdebourg. Quelques fontis, dont un venu”à jour en 1797. La consolidation a été opérée au moyen de piliers maçonnés et de remblais bourrés. Près la place des Etats- Unis, la distance du sol au ciel de la carrière est de 16,50; la hauteur de la galerie d’exploitalion est de 4 mètres. u

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