MUSÉE GUIMET
L'hôtel du ministre de la République de l'Équateur est au n° 44 de l'avenue d'Iéna.
La place d'Iéna, qui a 70 mètres de largeur, comprend deux grandes faces rectilignes ; elle a été formée en même temps que l'avenue d'Iéna et en vertu du même décret du 6 mars 1858; elle est restée longtemps sans dénomination ; son nom lui a été donné par un décret du 10 décembre 1878. Le 3 juillet 1900 a eu lieu, sur la place d’Iéna, la cérémonied’inaugurationde la statue en bronze de Washington (1), offerte à la France par un comité de dames des États-Unis : elle est l'œuvre de deux artistes américains : David French et Edward Potter. Des candélabres ont été installés sur cette place en février 1900. Michel Perret (1813-1900) occupait l'hôtel n° 7 de la place d'Iéna (2). L'hôtel du ministre du royaume de Perse se trouve au n° 1 de celte place.
Le musée Guimet, qui constitue un établissement unique en Europe au point de vue de l'histoire comparée des religions, particulièrement de celles de l'Asie, occupe un espace compris entre la rue Boissière, l'avenue et la place d'Iéna. A la suite de ses voyages et missions scientifiques, M. Guimet a rassemblé à grands frais, dans ce musée, qui a d'abord été établi à Lyon, beaucoup d’antiquités et de curiosités hindoues, thibétaines, chinoises, japonaises, égyptiennes, alexandrines, grecques, romaines, gauloises, ete., d'objets de céramique japonaise et 13.000 volumes, tant imprimés que manuscrits. Cet établissement était connu, à Lyon, sous le nom de Musée Guimet dès 1879.
C'est en 1882 qué M. Guimet prit la résolution de transférer son musée à Paris. Ce projet a été réalisé grâce à sa tenace persévérance, à ses libéralités, à son désintéressement, ainsi qu'au zèle et au dévouement infatigable de M. Xavier Charmes, alors directeur du secrétariat au ministère de l’Instruction publique. La première idée de M. Guimet avait été d'offrir son musée à la Ville de Paris: mais ses amis et M. Xavier Charmes lui représentèrent que, par son but même, ce musée devait plutôt relever du ministère de l’'Instruction publique, d'autant plus que c'était ce ministère qui avait confié à M. Guimet les missions scientifiques au cours desquelles il avait commencé à réunir, en Asie, les images de divinités, les livres et manuscrits religieux, les objets sacrés de l'Inde védique, de l'Inde brahmanique, du bouddhisme chinois et japonais, en ayant soin de s’en faire expliquer le sens par des indigènes.
Le 9 janvier 1883, M. Guimet offrit de céder à l'État, sous certaines conditions, toutes ses collections, vitrines, etc. M. René Goblet, ministre de l’Instruction publique déposa, le 1° juillet 1885, sur le bureau de la Chambre des députés, un projet de loi approuvant une convention aux lermes de laquelle M. Guimet s'engageait à céder à l'État toutes ses collections et à faire construire à ses frais et risques, sur un terrain à céder par la Ville, un palais dont la dépense était évaluée à 1.590.000 francs, moyennant le paiement en trois annuités d'une subvention de 780.000 francs, sous la condition qu'un crédit
al de cette statue équestre est gravée l'inscription suivante : « Offert
(1) Sur le piédest it8-Unis en souvenir de l'amilié et de l'aide fraternelle prêtées
par les femmes des par la France lors des guerres de l'Indépendance. » >) Voir à la p. 207 du IIIe volume un article nécrologique sur Michel Perret.
es
annuel de 45.000 francs serait ouvert par l'État pour l'entretien du musée, que M. Guimet en serait le directeur à vie et, qu'après lui, le directeur serait choisi par le ministre de l’Instruction publique, sur une proposition des corps savants ressortissant à son ministère. Ces dispositions furent approuvées par une loi du 8 août 1885.
M. Guimet avait exprimé le désir que l'emplacement du palais fût choisi de manière à avoir les dégagements nécessaires sur une grande voie et à se trouver à proximité des musées modernes (Trocadéro, musée Galliéra, grandes collections des ponts et chaussées). On pouvait satisfaire à ces conditions en achetant un terrain d'environ 4.000 mètres carrés, à l’angle de l'avenue d'Iéna et de la rue Boissière ; mais les ventes faites auprès de cet emplacement en 1884 et 1885 faisaient ressortir un prix, par mètre carré, de 300 francs, impliquant une dépense de 1.600.000 francs, que la Ville trouvait trop élevée. Cette difficulté fut aplanie à la suite de négociations avec les propriétaires, MM. Grienenger et d'Erlanger, qui offrirent de céder le terrain pour 1 million ; ce prix fut accepté, le 15 décembre 1885, par le conseil municipal de Paris.
Le palais a été construit sous la direction de M. l'architecte Terrier, et les collections y ont été installées en 1888; M. Guimet est encore actuellement le directeur du musée, qui a pour conservateur M. de Milloué et pour conservateur adjoint M. Deshayes. Les Annales et la Revue de l'histoire des religions donnent un exposé très complet de toutes les religions orientales.
Lors de la construction du mur d'enceinte de Paris, sous Louis XVI, ce mur fut bordé à l'extérieur par de larges boulevards qu'on appelait « boulevards extérieurs ». La commune de Passy payait des participations pour l'entretien des boulevards extérieurs de Passy et de Longchamp, qui était fait par les soins de la Ville de Paris : ces deux boulevards ont été supprimés par suite de la construction de l'avenue Kléber.
L'utilisation de ces boulevards extérieurs était tout indiquée dans le programme des travaux d'embellissement de l’ouest du nouveau Paris. En effet, en prolongeant la ligne qui passait par la barrière Sainte-Marie (place du Trocadéro) et par la barrière du Roule, on obtient l'alignement droit qui forme l'axe des deux avenues actuelles Kléber et Wagram, s'étend sur plus de 2.800 mètres de longueur et croise perpendiculairement, sous l'arc de triomphe de l'Étoile, l'axe des magistrales avenues des Champs-Élysées et de la Grande-Armée.
L'ouverture de la partie de l'avenue Kléber comprise entre la place de l'Etoile et la rue Pauquet a été autorisée par le décret du 13 août 1854, qui a réglé tout ce qui concerne cette place el ses abords. Le surplus de l'avenue occupe l'emplacement de l’ancien boulevard extérieur de Passy, entre la rue Pauquet et la rue de Longchamp et celui de l’ancien boulevard extérieur de Longchamp, entre la rue de Longchamp et la place du Trocadéro. L'ancien boulevard extérieur de Passy, qui s'étendait de la barrière de Neuilly (place de l'Étoile) à la barrière de Longchamp, n'était pas en ligne droite dans toute son étendue : à 400 mètres environ de distance de l'Étoile, il s’infléchissait suivant une courbe qui raccordait les deux alignements du boulevard. Cette courbe ne pouvait pas être maintenue dans le plan d’embellissement des abords de la place de l'Étoile ; on forma donc l'avenue Kléber en rectifiant