‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 54 sur 329 · RUE LAPÉROUSE · texte numérisé non relu

RUE LAPÉROUSE

soin est poussé à l'excès et qui paraissent peu naturels. Après avoir fait neuf fois le portrait de Louis XIV, il avait l'honneur de le voir encore poser devant lui, pour une dixième toile. Louis XIV lui dit : « Mignard, vous me trouvez vieilli. » — « Sire, répondit l'artiste, je vois quelques lauriers de plus sur le front de Votre Majesté », et, le jour même, il était nommé directeur de l'Académie de peinture.

C'est rue Mignard, n° 11, à l'angle de la rue de la Tour, qu'habitait le poète Eugène Manuel, inspecteur général de l’Université. Pour honorer sa mémoire, la Société historique d'Auteuil et de Passy, dont il avait été le président pendant huit ans, a fait apposer sur sa maison une plaque qui a été inaugurée le dimanche 27 octobre 1901. De nombreux et beaux discours ont été prononcés, par ses amis et ses admirateurs, le 4 juin 1901, jour de ses obsèques, et le 27 octobre 1901, jour où la plaque commémorative a été posée sur sa maison, sous la présidence de M. l'inspecteur général Adrien Dupuy, délégué par le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, pour présider cette cérémonie. On pourra lire ces discours aux pages 42 à 52 du IV* volume du Bulletin, avec le compte rendu des obsèques de M. Eugène Manuel, à qui sont dus le développement et la prospérité de la Société historique d'Auteuil et de Passy. Elle a demandé que son nom soit donné à une des rues du XV{: arrondissement (1).

L'impasse de Malakoff, qui a son entrée au n° 161 de l'avenue Malakofi, a une largeur de 5 mètres. Elle a été créée, en 1858, par la Compagnie du chemin de fer sur des terrains ayant appartenu à M. Cassard. Elle a reçu sa dénomination en 1864.

La rue Dumont-d'Urville a été ouverte en 1860 sur l'emplacement de deux anciennes voies, créées à l’époque de l'établissement du mur d'enceinte de Paris sous Louis XVI (chemin de ronde de l'Étoile et une partie du boulevard de Passy). La largeur légale, qui avait été fixée à 41,69 par arrêté du 17 août 1843, a été portée à 12 mètres lors de l'ouverture de l’avenue Kléber, l’alignement étant maintenu du côté des numéros pairs. Le décret du 2 mars 1864 2 donné à cette rue sa dénomination actuelle, en l'honneur du célèbre navigateur Jules-Sébastien-César Dumont-d'Urville (1790-1842), qui a publié ses voyages autour du monde et ses études sur la Polynésie; il a découvert plusieurs terres dans l'océan glacial antarctique; il fut chargé en 1830 de conduire Charles X en Angleterre, fut nommé contre-amiral en 1841 et périt dans la catastrophe du 8 mai 1842 (chemin de fer de Versailles, rive gauche). Le général Boulanger, qui fut ministre de la Guerre, a habité le n° 11 bis de la rue Dumont-d'Urville en 1888-1889.

Rue Dumont-d'Urville n° 1 et rue de Belloy n°2 on voit un hôtel du style Renaissance, qui a été construit en 1883 ; au second étage et faisant face à la place des États-Unis, s'avance une tourelle en encorbellement. À l'encoignure de la rue Dumont-d'Urville et de l'avenue d'Iéna se trouve un hôtel qui a été construit en 1867 et où demeurait le maréchal Bazaine lorsqu'il fut arrêté.

La rue Lapérouse a été ouverte en 1860, avec 12 mètres de largeur, par la Ville de Paris, sur l'emplacement d'une partie de l’ancien boulevard de Passy; elle n'existait antérieurement que du côté des numéros impairs, dont les

Ga) Voir aux annexes (p.499) le discours par M. Dupuy (le 27 octobre 1901). On trouvera également aux annexes (p. 440) celui que j'ai prononcé aux obsèques du regretté M.Manuel,

alignements ont été fixés par une ordonnance du bureau des finances du 16 janvier 1789. Sa dénomination lui a été donnée par le décret du 2 mars 186%, en l'honneur de Jean-François de Galaup de Lapérouse (1741-1788), enseigne en 1764, lieutenant de vaisseau en 1775, capitaine de vaisseau en 1780; il s’illustra en Amérique dans la guerre contre les Anglais, sous les ordres de l'amiral d'Estaing ; il partit de Brest en 1785, avec la Boussole et l'Astrolabe, pour un voyage de circumnavigation, découvrit au Kamtschatka le détroit qui porte son nom et arriva à Botany-Bay en 1788; on n'eut plus ensuite de ses nouvelles. En 1827, le capitaine anglais Dillon découvrit les débris de son navire et, l'année suivante, Dumont-d’Urville trouva des indices certains de son dernier séjour à l'île de Vanikoro (Océanie), où il avait perdu la vie, et y fit élever un monument funéraire. Émile de Girardin, publiciste, a habité le n° 27 de la rue Lapérouse de 1877 à 1881, date de sa mort.

La rue Herran, qui longe le lycée Janson-de-Sailly et a 12 mètres de largeur, est une voie privée, ouverte en 1862 par M. Herran, qui a été successivement en Espagne, en Angleterre et en France, ministre des républiques américaines de Honduras, Salvador et Costa-Rica.

La rue du Général-Appert est une voie privée ; elle fut ouverte en 1864, avec une largeur de 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. l'ingénieur Philipps, qui, à l’époque où elle était encore à l'état d’impasse, la nomma «rue Appert », parce que la première maison y fut construite par le général Appert(1817-1891). Ce général servit longtemps en Afrique, futnommé général de brigade le 14 juillet 1870, commanda la place de Versailles en 1871 et une division d'infanterie, à Orléans, en 1875. Il fut ensuite envoyé à Saint-Pétersbourg, où il était très apprécié par le tsar, ce qui lui permit de rendre de grands services à la France. C'est sur la demande des habitants que la dénomination de « rue Appert » a été remplacée, le 10 avril 1893, par celle de «rue du Général-Appert ». Le prolongement de cette rue a été ouvert d'août 1897 à avril 1898, entre les rues de la Faisanderie et Spontini,; tous les frais de cette ouverture (viabilité complète et éclairage) ont été payés par M. de Rothschild.

La Ville de Paris décida de ne pas aliéner les pelouses du Ranelagh ét de les aménager pour en faire une promenade publique. Par délibération du 6 décembre 1857, le conseil municipal de Passy accorda à la Ville de Paris une subvention de 1.000 francs, pour établissement de bancs sur ces pelouses. Elles sont actuellement desservies par les avenues Ingres, Prudhon, du Ranelagh et Raphaël, dont les riverains sont astreints, dans l'intérêt de l’embellissement du quartier, à certaines servitudes (1), en vertu du cahier des charges régissant la vente aux enchères du 4 décembre 1858. Cette adjudication comprenait 44,756 mètres carrés, qui ont été vendus pour 1.351.000 francs. A l’époque où elle a eu lieu, la situation des pelouses du Ranelagh laissait encore beaucoup à désirer ; elles étaient envahies par des haies et des broussailles ; des chemins de piétons y étaient tracés dans tous les sens. Les ingénieurs de la Ville dressèrent, en 1859, un projet montant à 155.000 francs pour niveler le sol, le semer à nouveau, y tracer les chemins longeant le pare de la Muette et le chemin de fer d'Auteuil, terminer les nouvelles avenues

(1) Voir aux annexes (page 441) les règlements spéciaux qui régissent les aboïds du à 3 leon sc a y 1 appAIl 4 nr ag © à > &@ sy F FA Ranelagh (contrat de vente des terrains bordant les avenues Ingres, Prudhôn et Raphaël).

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