‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 58 sur 329 · RUE MOZART · texte numérisé non relu

RUE MOZART

29 mai suivant à déclaré d'utilité publique l'ouverture de cette voie, en spécifiant qu'elle aurait 20 mètres de largeur : qu’elle partirait du carrefour formé à Auteuil par la rencontre des rues Poussin, des Vignes (Pierre-Guérin), de la Fontaine (La Fontaine) et de Magenta (Pierre-Guérin) ; enfin qu'elle aboutirait au point de jonction des rues de la Pompe et de Boulainvilliers, avec formation d’un carrefour de dégagement à l'intersection de ces deux dernières rues avec la rue de Passy.

Le percement de cette rue Mozart a été immédiatement commencé; mais on n’a exécuté, sous le second Empire, que la partie comprise entre la rue Bois-le-Vent et la rue de l’Assomption (1). On à ouvert, en 1876 et 1877, la section qui s'étend de la rue de l'Assomption à la rue Ribéra, ainsi qu'une amorce près de la rue La Fontaine; on a fait, en 1881, la partie qui s'étend entre la rue Ribéra et la rue La Fontaine ; enfin on a mis en état de viabilité, de juin 4895 à février 1897, la section comprise entre la chaussée de la Muette et la rue Bois-le-Vent.

On a donc mis près de trente ans à percer la rue Mozart (qui dessert Auteuil et Passy}, ce qui tient à ce que les travaux ont été interrompus fréquemment, et l’on peut dire que les prévisions n’ont pas encore été complètement réalisées, car les ingénieurs de la Ville avaient projeté primitivement de prolonger la rue Mozart jusqu’à la place du Trocadéro, afin de relier directement cette place avec Auteuil. On n’a pas exécuté jusqu'ici ce prolongement, qui devait avoir 20 mètres de largeur, comme la rue Mozart; plus on attendra, et plus la dépense s’accroîtra, en raison des constructions qui s'élèvent sur le tracé. On peut diviser ce prolongement en deux sections : la première aboutirait à la place Possoz, où l'emplacement de la voie projetée est indiqué par deux amorces; la seconde section couperait la rue Vital près de son intersection avec la rue Nicolo, la rue de la Tour entre la rue Bellini et la rue Louis-David, la rue Schefïer à son intersection avec la rue Bellini; elle traverserait la rue Pétrarque et, ce qui constitue une grave difficulté, le cimetière de Passy, pour rejoindre la place du Trocadéro, entre l'avenue Henri- Martin et la rue Franklin, au point où le mur du cimetière de Passy a été reconstruit, en 1900, avec une forme à arcades, qui difière de celle adoptée pour les autres parties de ce mur de soutènement.

La dépense totale faite de 1867 à 1897, pour l'ouverture de la rue Mozart, s’est élevée à 2.472.655 francs ; la revente des terrains et des matériaux de démolition ayant procuré une recette d'environ 750.000 francs, le sacrifice de la Ville de Paris pour la création de cette voie peut être évalué à 1.700.000 franes-

Le compositeur Jean-Chrysostome-Wolfgang-Amédée Mozart (1756-1791) fut présenté à l'empereur d'Allemagne François I° à l’âge de six ans ; il composait déjà alors des pièces de clavecin et jouait à livre ouvert; il n'avait pas encore huit ans quand il touchait l'orgue à Versailles ; il fut présenté l’année suivante à la cour d'Angleterre. Il composait de mémoire, sans le secours du piano, et jetait rapidement ses idées sur le papier ; il est l’auteur de Don Juan, des Noces de Figaro, de la Flûte enchantée, d'une célèbre messe de requiem et de beaucoup de symphonies.

(1) Les travaux de la rue Mozart ont été dirigés de 1866 à 1868 par M. l'ingénieur Ernest Rousseau et M. le conducteur Mahieu; en 1876 et 1878, par M. l'ingénieur Bartet et M. le conducteur Lomprez: en 1881, par M. l'ingénieur Choquet et M. le conducteur Roty; en 1896, par M. l'ingénieur Babinet et M. le conducteur Chevallier.

Le décret du 21 novembre 1901 a modifié les alignements à l'angle de la rue Mozart et de la chaussée de la Muette.

L'impasse Mozart, qui a son entrée au n° 36 de la rue Mozart, à peu de distance de la rue du Ranelagh, n'a qu'une largeur de 1°,25 sur une longueur de 28 mètres et était précédemment nommée « impasse de la Chaise ». C'est le restant d'une ancienne sente, dite de la Chaise, qui avait été classée comme chemin public rural par arrêlé du 5 octobre 1857; elle commençait à la rue de la Glacière (ensuite rue Davioud) et arrivait au lieu dit La Chaise (Beauséjour). Une grande partie de son étendue s'est trouvée supprimée par suite du percement de la rue Mozart. Le nom d'impasse Mozart a été substitué à celui d'impasse de la Chaise par l'arrêté du 3 septembre 1869.

Le décret du 2 mars 1867 a donné le nom de rue Largillière à la voie à ouvrir entre la rue Mozart et le boulevard Beauséjour ; un autre décret du 29 mai de la même année a déclaré d'utilité publique l'ouverture de cette rue, qui a été immédiatement exécutée : 1° sur un emplacement appartenant à la Ville et précédemment occupé par le service municipal des promenades et plantations ; 2 sur des terrains appartenant à la Société Heugel et Cie,

Nicolas Largillière (1656-1746) fut d'abord attaché, en Angleterre, à la personne du roi Charles IT; la protection de Van der Meulen, peintre historiographe de Louis XIV, lui procura des commandes de portraits en France ; Charles Le Brun le prit en amitié. La vérité du coloris, la fraîcheur du ton et la légèreté de touche de Largillière le firent surnommer le Van Dyck français. Il entra, en 1686, à l’Académie de peinture, dont il devint ensuite chancelier. On lui doit un eæ-voto qui décore l’église Saint-Étienne-du-Mont, le Repos, donné à Louis XIV par la Ville de Paris, en 1687, et le Mariage du duc de Bourgogne en 1697; il a fait 1.500 portraits.

Au n° 4 de la rue Largillière, à l'angle de la chaussée de la Muette, se trouve l'habitation que s’était fait construire M. l'architecte Lheureux, mort récemment ; il a dirigé l'agrandissement de l'École de droit, avec nouvelle façade sur la rue Saint-Jacques. Si on entre dans cette maison, on voit du jardin une construction originale : trois corps de bâtiment reliés à gauche par une tour à deux étages, qui sert d'escalier et à laquelle s’adosse une rotonde. La description de cette habitation se trouve à la page 821 de l'Encyclopédie d'architecture, publiée par Mme veuve Morel et Cie.

La villa Herran, qui a son entrée rue de la Pompe, au n° 85, a été formée en 1867 par M. Herran (1).

La villa de Longchamp a son entrée sur la rue de Longchamp, entre le n°36 et le n° 38, près de l'avenue Kléber; c'est une voie privée qui n’a que 2,50 de largeur et qui constitue une rectification d’un ancien chemin de Chaillot, qui était dénommé « ruelle du Bouquet-des-Champs », était coudé et avait une largeur variant entre 1 mètre et 3,50. Cette rectification avait été dénommée rue Rigaud (2) par le décret du 27 février 1867. Les propriétaires lui ont donné, en 1887, le nom de villa de Longchamp.

(1) Voir p.146 pour la rue Herran. La longueur de la voie sous-minée est de 20 mètres à partir de la rue de la Pompe; la distance du sol au ciel de la carrière est de 8,55, et la hauteur de la galerie d'exploitation est de 5 mètres. Quelques fontis s'étaient manifestés; la villa Herran a été consolidée par les propriétaires de cette voie privée.

(5) Hyatinthe-Fratiçois-Honoré Rigaud (1659-1743) & été direëtéeur de l'Académie dé peinture en 1735; le Louvré à de lui {6 Murtyre dé saiht André, les portraits dé Lebrün et de Mignard,.

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