‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 59 sur 329 · RUE FOUCAULT · texte numérisé non relu

RUE FOUCAULT

La rue Nilot a été ouverte sur une propriété de la famille Nitot. Le terrain de 75.000 mètres carrés, clos de murs, compris entre la rue de Chaillot et l'ancien mur d'enceinte, avait été acheté en 1810 par M. Nitot, un des bijoutiers fournisseurs de Napoléon I# (1) et était connu sous le nom de clos Nitot. Un banquet réformiste y fut donné en 1848. Le décret du 13 mars 1869 a autorisé le colonel Nitot, le comte Treilhard, conseiller d'État, le sénateur Boittelle et le baron d'Erlanger, alors propriétaires du clos Nitot, à ouvrir sur leurs terrains et suivant les alignements fixés par ledit décret, une rue de 12 mètres, destinée à faire communiquer la rue de Lubeck avec la place Galilée (place des États-Unis), à charge par eux d'abandonner gratuitement à la Ville de Paris le sol de la rue projetée et de se soumettre aux autres conditions énoncées dans leurs soumissions de fin 1866 et du 8 novembre 1868. L'arrêté du 20 juillet 1868 avait donné à cette nouvelle voie le nom de rue Nitot.

Le percement de la rue Le Nôtre, avec une largeur de 145 mètres, est indiqué sur le plan annexé à la loi du 98 avril 1869, approuvant la convention passée entre l'État et la Ville de Paris pour la place du Roï-de-Rome (place du Trocadéro) et ses abords. Cette rue a une pente très rapide ; le décret du 10 novembre 4877 lui a donné sa dénomination en l'honneur d'André Le Nôtre, architecte et dessinateur de jardins (1613-1700), fils d'un surintendant des Tuileries. Ayant succédé à son père, il fit planter la grande allée des Tuileries, dessina pour Fouquet le pare du château de Vaux, créa l'immense parc de Versailles et les jardins de Trianon, ceux de Chantilly, Saint-Cloud, Meudon et Sceaux, ainsi que la terrasse de Saint-Germain, les canaux du parc de Fontainebleau et la promenade d'Amiens. Louis XIV lui conféra le cordon de Saint-Michel et voulut lui donner des armoiries : « Des armoiries, répondit Le Nôtre, j'ai déjà les miennes : trois limaçons couronnés d'une feuille de chou. »

La rue Théry est une voie privée, ouverte en 1869, avec une largeur de 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. Théry, fabricant de chocolat.

La rue Debrousse a été ouverte, comme voie privée, en 1869, avec une largeur de 12 mètres, par la Société Latessieur de Launay, dont un des principaux actionnaires était M. François-Hubert Debrousse (1817-1878), qui à construit plusieurs chemins de fer (ligne de Picardie et Flandres, Compagnie franco-algérienne). Le décret du 29 novembre 1901 a classé la rue Debrousse au nombre des voies publiques et en a fixé les alignements.

La rue Foucault a été ouverte, vers 1874, par la Ville de Paris, avec 12 mètres de largeur ; le nivellement y a été fixé par l'arrêté du 13 octobre 1874 et elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 7 juillet 1884, qui en a fixé les alignements. Sa dénomination lui a été donnée par le décret du 10 novembre 1877, en mémoire de Jean-Bernard-Léon Foucault (1819-1868), physicien et membre de l'Académie des Sciences. La hauteur des maisons de la rue Foucault est limitée à 14,30.

Foucault a fait, de 1850 à 1852, des expériences qui ont été fort remarquées et qui rendaient visible le mouvement de rotation de la terre. Si on fait osciller un pendule, il se déplace dans un même plan vertical ; il se meut donc dans un plan invariable, pendant que la terre tourne. Pour l'observateur

Gi) Voir p. 445 l’articlé de M. Émile Poltin iftitulé : « Une Rue de Chaillot ».

placé sur la terre, c'est le plan d’oscillation du pendule qui paraît se déplacer d'orient en occident, c'est-à-dire en sens inverse du mouvement de la terre. Comme le disait Foucault, dans son feuilleton scientifique du Journal des Débats, « le mouvement apparent du pendule révèle au spectateur le mouvement réel du globe qu'il habite». Le pendule de Foucault était constitué par un fil d'acier d'environ 70 mètres de longueur, fixé par un bout au sommet de la voûte intérieure de la coupole du Panthéon et portant, à l'autre extrémité, une boule de plomb d'environ 30 kilogrammes, traversée par une tige de cuivre et munie d’un style d'acier. En raison de sa grande longueur, le pendule mettait 16 secondes à revenir au point d'où il était parti; la terre continuant pendant ce temps à tourner, le pendule répondait à une autre division du cercle, de 8 mètres de circonférence, au-dessus duquel il oscillait, et chaque oscillation double du pendule correspondait à un déplacement d'environ 2 millimètres et demi. Pour manifester ce déplacement, on avait garni le pourtour du cercle d'une couronne de sable, posée sur le dallage du monument, à l'intérieur d'une balustrade circulaire qui en séparait le public ; une brèche était pratiquée dans cette couronne de sable par une pointe fixée à la boule du pendule. Les expériences du pendule de Foucault seront refaites au Panthéon en 1902, sous la direction de M. Camille Flammarion, secrétaire général de la Société astronomique de France, directeur de l'observatoire de Juvisy, auteur de /a« Pluralilé des mondes habités, et de M. Berget, directeur du laboratoire de M. Lippmann à la Sorbonne. L'appareil sera installé sous la coupole par les soins de M. Nénot, architecte de la Sorbonne. Le fil d’acier, qui aura un diamètre de 72 centièmes de millimètre, sera retenu au repos par un fil de chanvre qu'on enflammera pour le rompre et mettre l'appareil en mouvement.

La villa de la Tour à été formée, à partir de 1874, par M. Souchier, propriélaire des terrains qui appartenaient depuis longtemps à sa famille; il était maire de Chantilly à l’époque de son décès, survenu en 1891. Pendant la nuit, cette villa est fermée par des grilles; elle appartient actuellement aux propriétaires des neuf maisons qui y ont été construites. Elle forme un coude et n'avait primitivement d'entrée que sur la rue de la Tour, au n° 96 bis: mais M. Souchier lui a donné ensuite une seconde entrée sur la rue Eugène- Delacroix, en autorisant la construction de deux maisons en façade sur cette rue, sous la condition de laisser un passage libre d’une largeur de 4 mètres ; cette largeur est celle qui existe entre les clôtures des diverses maisons de la villa ; mais les actes de propriété interdisent d'élever des constructions sur les jardinets, de sorte que la distance minima entre les façades des maisons (excepté les deux qui donnent sur la rue Eugène-Delacroix) est de 9,67 sur la partie perpendiculaire à cette rue Eugène-Delacroix, et de 10 mètres sur la partie perpendiculaire à la rue de la Tour. 11 résulte des actes de propriété que la villa doit être habitée bourgeoisement ou par des personnes y établissant seulement leurs bureaux ; — que les murs sont mitoyens jusqu'à la hauteur des constructions pour les parties construites, et jusqu'à la hauteur d'héberge pour les parties non construites ; — que les propriétaires ont à leur charge les gages du concierge de la villa, l'entretien du pavillon qui lui sert de logement, celui des grilles, de l'égout commun, des trottoirs et des pavages. Il était stipulé, en outre, qu’en cas de décès de M. Souchier, comme dans le cas où il ne serait plus propriétaire d'un seul terrain de la villa, l'adminis

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