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LE PASSÉ D'AUTEUIL, DE CHAILLOT ET DE PASSY 21 au nord-est s'étendaient les autres dépendances : ferme, orangerie, faisanderie, etc.
C'est au château de la Muette que Marie-Antoinette passa ia journée du 15 mai 1770, précédant celle de la célébration solennelle de son mariage avec le dauphin, petit-fils de Louis XV. C’est également à la Muette qu'elle résida généralement (1) avant de devenir reine de France, et c'est à ce château qu'elle reçut, avec Louis XVI, le 5 juin 1774, les grands corps de l'État venant présenter leurs compliments de condoléance sur la mort de Louis XV et de félicitations sur l'avènement au trône des nouveaux souverains. Les 7,8 et 9 juin, toutes les personnes présentées à la cour eurent l'honneur de faire leurs révérences de deuil à Leurs Majestés et à la famille royale. J'emprunte à une communication de M. Ch. Chandeboïs (2) l'anecdote suivante au sujet de ces révérences :
Les plus vieilles comme les plus jeunes dames accoururent à la Muette pour ce jour de réception générale, et les révérences profondes de certaines douairières, coiflées de petits bonnets noirs à grands papillons, prêtaient à rire. La reine, qui avait beaucoup de respect pour les convenances, s'efforcait de ne pas commettre la faute grave de perdre le maintien qu'elle devait observer ; une plaisanterie indiscrète d'une des dames du palais lui en donna cependant le tort apparent. La marquise de Clermont-Tonnerre, fatiguée de la longueur de la séance, et forcée par les devoirs de sa charge de se tenir debout derrière la reine, trouva plus commode de s'asseoir à terre sur le parquet, en se cachant derrière les robes à panier de la reine et des dames du palais ; de là, elle tirait les jupes de ces dames. Le contraste des espiègleries de M de Clermont-Tonnerre avec le sérieux de la représentation qui régnait dans la chambre de la reine déconcerta Sa Majesté plusieurs fois ; elle portait son éventail devant son visage pour cacher un sourire involontaire ; l'aréopage sévère des douairières déclara que la reine n’aimait que la jeunesse, qu'elle avait manqué à toutes les bienséances et, le lendemain, on faisait une chanson dont le refrain était :
Petite reine de vingt ans, Vous qui traitez si mal les gens, Vous repasserez la barrière.
Louis XVI signa au château de la Muette plusieurs édits, notamment celui par lequel il renonçait au droit de joyeux avènement (3).
Le premier voyage d'un ballon libre et portant des voyageurs (4) a eu pour point de départ, le 21 novembre 1783, le jardin de la Muette ; le ballon, du système des frères Montgolfier, inventeurs de l’aérostation, était monté par le marquis d'Arlandes et Pilâtre de Rozier ; le trajet, qui était de 8 kilo-
Ga) Voir la correspondance entre l'Impératrice Marie-Thérèse et son ambassadeur, le comte Mercy d'Argenteau (d’après Alfred Darnelle et Geffroy Didot, 1774), qui était chargé de conseiller la jeune dauphine et de rendre compte à sa mère de ses conversations, de ses relations et de toutes ses actions.
>) Voir aux annexes (p. 304) l’article de M. Ch. Chandebois, intitulé : « Cérémonies de rences de deuil à la Muette »,
3) Voir aux annexes (p. 305) l'article de M. Léopold Mar, intitulé : « L'édit de la Muette et les différents séjours de la cour de Louis XVI au château de ce nom »:
(4) Voir également aux annexes (p.308) l’article de M. Léopold Mar, intitulé : «Le premier voyage aérien, 21 novembre 1783 ».
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