‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 66 sur 329 · PR PRE SE · texte numérisé non relu

PR PRE SE

N€ à Versailles Je 22 Août 1753

(Collection de M. Ém. Potin.)

(1) Voir aux annexes (p. 469) la notice sur d’Aguesseau, par M. de Forges de Montagnac.

76 HISTOIRE DU XVI ARRONDISSEMENT inhumé, suivant son désir, auprès de sa femme, dans l’église même d'Auteuil. Le monument de 1753 consistait en une pyramide à base de marbre, couronnée par un globe d'or, surmonté d'une croix. La sépulture de d'Aguesseau fut violée en 1793 : mais les ossements furent recueillis par M. Benoit, maire d'Auteuil, et le tombeau fut restauré le 30 frimaire an IX. Après l'achèvement des travaux de réfection de la pyramide, qui avait été renversée en 1793, une cérémonie publique eut lieu en présence du maire d'Auteuil et du petit-fils du chancelier d'Aguesseau. Dans son discours, le maire déclara que cette place prendrait désormais le nom de place d’Aguesseau. La pyramide, qui avait été entourée d’une grille aux frais de la commune, en mai 1898, est actuellement remplacée par une colonne surmontée d'une croix et dédiée au Christ sauveur. L'affichage est interdit même en temps d'élections, sur le monument d'Aguesseau.

La mairie d'Auteuil fut établie originairement sur cette place; une délibération du conseil municipal d'Auteuil, en date du 17 thermidor an XIT, approuva un projet de reconstruction de la maison commune à la place d'Aguesseau. Cette mairie fut transférée, en 1844, à la rue Boileau.

L'ancienne église d'Auteuil (1), dont le portail et la tour octogonale étaient du xrve siècle, fut profanée le 46 novembre 1793, transformée en club, puis en grange et ensuite en fabrique de salpêtre. Elle fut rendue au culte en mai 4795. Comme cette église, dont la première pierre fut posée par le roi Philippe-l2-Long, en 1319, était devenue absolument insuffisante pour les besoins de la population toujours croissante d'Auteuil, et que, d'ailleurs, elle menaçait ruine, M. l'abbé Lamazou (2), curé d'Auteuil, entreprit de la remplacer par un nouvel édifice. La reconstruction put être réalisée grâce à une transaction passée entre le conseil municipal de la commune et le curé de la paroisse. La première pierre de la nouvelle église fut posée le 4° juillet 1877; les travaux, entrepris immédiatement, sous la direction de M. l'architecte Vaudremer, furent terminés le 20 octobre 1892, jour où Mgr Richard, cardinal-archevèque de Paris, consacra la nouvelle église.

L'église Notre-Dame d'Auteuil affecte la forme d'une eroix latine ; au tru meau de la porte d'entrée, la Vierge, statue en pierre (Maniglier, 1882); au tympan de cette porte, un bas-relief en pierre (Maniglier, 1880), représente le Christ entouré des symboles des quatre évangélistes. Au-dessus du portail se dresse le clocher, dont la forme rappelle le dessin de la tiare pontificale. La nef et le chœur sont entourés d'un bas-côté, avec chapelles aux transepts et à l'abside ; le transept est à la hauteur du chœur. Cet édifice appartient au style roman byzantin ; il unit l'élégance à la simplicité et imite les anciennes basiliques chrétiennes. Quoique les dimensions en soient peu considérables, il présente les caractères d'un monument religieux complet, avec chapelle des catéchismes, crypte, sacristie et dépendances (3).

L'ancienne Grande-Rue était étroite et sinueuse auprès de la place d’Au-

(1) Voir aux annexes (p. 237) l'article de M. Antoine Guillois sur la vieille église d'Auteuil; à la page 211 du I volume du Bulletin, une communication de M. l'abbé Depontaillier, et, à la page 192 du II volume du Bulletin, les notes de M. l'abbé Beurlier sur la paroisse d'Auteuil.

(2) M. l'abbé Lamazou fut nommé évêque de Limoges avant l'achèvement de l’és d'Auteuil ; il mourut en 1883, évêque d'Amiens.

(3) La longueur de la nouvelle église d'Auteuil est de 64 mètres du porche à labside ; la largeur du transept est de 24 mètres.

ÉGIISE NOTRE-DAME D'AUTEUIL 177 teuil ; mais, lors de la reconstruction de l'église, on en a amélioré les abords et on a remplacé la courbe de l'ancienne Grande-Rue par deux voies larges et rectilignes : la première constitue l'extrémité de la rue Théophile-Gautier :

Ancienne église d'Auteuil, vers 18404

(Dessin de M. Mar. — Archives de la Sociétés)

la seconde forme la partie de la rue Rémusal comprise entre la rue Théophile-Gautier et la! rue François-Gérard. Cette rue Rémusat, qui rem place une partie de l’ancienne Grande-Rue (partie dénommée rue Molière depuis l’an IX jusqu'en 1868), a reçu son nom actuel par décret du 10 no-

vembre 1877, en mémoire de Charles-François-Marie, comte de Rémusat (1797-1875), homme politique et littérateur, fils d’un chambellan de Napoléon I, qui fut préfet de la Haute-Garonne, et de Jeanne de Vergennes, amie intime de l'impératrice Joséphine. M. de Rémusat, parent de La Fayette et de Casimir Périer, représenta presque constamment, depuis octobre 1830, le département de la Haute-Garonne; il fut ministre de l'Intérieur le 1° mars 1840, ministre des Affaires étrangères le 2 août 4871 et membre de l'Institut. Il a publié de nombreux ouvrages. A la suite d’un traité passé avec M. Barraud, propriétaire riverain, un arrêté du 9 mars 1878 autorisa la rectification et l'élargissement à 20 mètres de la rue Rémusat ; cette opération de voirie à coûté 43.500 francs.

L'ancien sentier des Arches. a porté ensuite le nom de rue Sainte-Geneviève, parce qu'il conduisait à la maison seigneuriale de l'abbaye de ce nom. Dans sa séance du 29 pluviôse an II, le conseil de la commune d'Auteuil décida que cette voie serait appelée rue de la Montagne. Quelques années plus tard, on lui donna le nom de rue de Seine (1), à raison de sa proximité du fleuve. Cette voie publique, dont le tracé figure sur le plan de Roussel, publié en 1730, et qui forme aujourd'hui la rue Wilhem, partait de la place de l'église d'Auteuil, laissait sur sa gauche cette église et, sur sa droite, la vaste propriété des Génovéfains (dont la plus grande partie est occupée aujourd’hui par l'institution de Sainte-Périne), rencontrait la route de Versailles à environ 270 mètres à l'aval de la Grande-Rue et se prolongeait jusqu'au chemin de halage longeant la rive droite de la Seine. La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée par le décret du 24 août 1864, en mémoire de Guillaume- Louis Bocquillon, dit Wilhem (1781-1849), fondateur des écoles populaires de chant en France, qui fut chargé, en 1819, de créer l'enseignement de la musique et du chant dans les écoles mutuelles de la Ville de Paris et organisa, en 1833, les réunions périodiques des élèves de toutes les écoles, instruits séparément, en un seul chœur, qu'il désigna sous le nom d'orphéon, et où ils chantaient sans aucun accompagnement instrumental. La méthode d'enseignement de Wilhem ne tarda pas à se populariser en France et à l'étranger.

Un décret du 27 janvier 1876 déclara d'utilité publique l'élargissement à 12 mètres de la partie de la rue Wilhem (2) qui se trouve comprise entre les rues Mirabeau et Chardon-Lagache : ce travail a coûté 28.900 francs. Jusqu'à ces dernières années, la rue Wilhem suivait, entre l'avenue de Versailles et la rue Mirabeau, un tracé sinueux qui est occupé actuellement par la rue Narcisse-Diaz; un décret du 22 décembre 1890 a déclassé cel ancien tracé et l'a remplacé par un tronçon en ligne droite, prolongeant la partie de la rue Wilhem comprise entre la Seine et l'avenue de Versailles; la Ville de Paris arriva, en 1892, à terminer les acquisitions de terrains nécessaires pour réaliser cette opération de voirie; les terrassements et la mise en état de viabilité de cette section donnèrent lieu à une dépense de 70.650 francs. Enfin, par suite d'arrangements avec les propriétaires riverains, la partie de la rue Wilhem comprise entre le chemin de halage etTl'avenue de Versailles a pu être établie à son niveau définitif et mise en état

(1) En 1838, il fallut dépenser 838 francs pour mettre en état de viabilité la rue de Seine.

| La largeur de la rue Wilhem avait été fixée à 6 mètres par l'arrêté du 13 février 1838,

RUE LA FONTAINE 179 de viabilité ; cès derniers travaux, autorisés par arrêté préfectoral du 9 février 1895, ont entrainé une dépense de 33.100 francs. La mise en état de viabilité de la rue Wilhem, entre le quai d'Auteuil et l'avenue de Versailles, a été achevée en septembre 1898.

La dénomination de la rue Narcisse-Diaz, qui remplace, comme cela vient d'être exposé dans l'alinéa précédent, une partie de l'ancienne rue Wilhem, lui a été donnée par le décret du 8 janvier 1895, en mémoire de Narcisse-Virgile Diaz de la Pena (1809-1876), né à Bordeaux, qui fut décoré en 1851, et envoya, à l'Exposition universelle de 1855, des tableaux très remarqués.

La rue La Fontaine peut être divisée, au point de vue de son histoire, en deux sections distinctes, savoir : la partie comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue Gros, qui se nommait autrefois rue de la Tuilerie, et la partie qui s'étend de la rue Gros à la rue d'Auteuil et qui faisait autrefois partie du chemin, puis dela rue de la Fontaine.

Ce chemin figure sur le plan de Roussel, et était aussi dénommé, en 1731, « chemin conduisant à Passy ». Il doit son nom de « chemin de la Fontaine » à une source, dont les eaux coulaient autrefois dans toute la longueur de cette voie publique. En 1766, le prévôt d'Auteuil ordonna aux propriélaires riverains de creuser à leurs frais un fossé de 3 pieds de largeur et 3 pieds de profondeur pour recueillir les eaux de la source, qui, en se répandant sur le chemin, le rendaient impraticable. En 1800, ce chemin n'était bâti qu'aux abords de la Grande-Rue ; le surplus constituait une voie publique qui n'avait qu'une faible largeur, n'était pas bordée de maisons, longeait le parc de Boufflers et se dirigeait vers la Seine en aboutissant à l'avenue de Versailles. I1 est mentionné, dans un arrêté préfectoral du 8 mars 1825, sous le nom de rue des Deux-Fontaines et a fait ensuite partie de la route départementale n° 29.

L'ordonnance royale du 12 mai 1830 a fixé à 10 mètres la moindre largeur de la rue de la Fontaine ; une délibération municipale du 10 décembre de la même année constale que les propriétaires riverains avaient pris l’'engagement de céder gratuitement les terrains nécessaires pour réaliser cette largeur de 10 mètres entre la rue des Perchamps et la prairie d'Auteuil : cette cession n'avait d’ailleurs été consentie que sous la condition que l'administration ferait combler le fossé creusé en 1766, que le déversement des eaux ménagères rendait infect. L'arrêté du-16 avril 1857 a fixé une moindre largeur de 12 mètres, applicable à la partie comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue Gros. On a élargi successivement la rue de la Fontaine par voie d’alignements, et le conseil municipal d'Auteuil y a fait exécuter de nombreux travaux d'assainissement, de pavage et autres améliorations.

Un concours a été ouvert, à partir du 4° janvier 1898, par la Ville de Paris, entre architectes et propriétaires des maisons élevées pendant l’année. Le caslel Béranger, construction fort originale qui a été élevée au n° 46 de la rue La Fontaine par M. l’architecte Hector Guimard, a été primé par le conseil municipal au concours de façades de 1898.

Le décret du 2 octobre 1865 a donné le nom de rue La Fontaine : {° à la rue de la Tuilerie; 2 à la partie de la rue de la Fontaine faisant suite à la précédente ; en vertu du même décret, la partie de l’ancienne rue de la Fontaine comprise entre l'avenue de Versailles et la rue de la Tuilerie a été nommée rue Gros.

La dénomination de « rue La Fontaine » a été ainsi substituée à celle de «rue de la Fontaine », en mémoire de l’illustre fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695), qui fut souvent, à Auteuil, le commensal de Boileau et de qui Chamfort, qui, lui aussi, fréquentait beaucoup Auteuil, a dit : « Il offrit le singulier contraste d'un conteur trop libre et d’un excellent moraliste, reçut en partage l'esprit le plus fin qui fut jamais et devint en tout le modèle de la simplicité ; il posséda le génie de l'observation, même de la satire, et passa pour un bonhomme. Dérobant sous l’air d’une négligence quelquefois réelle les artifices de la composition la plus savante, il fit ressembler l’art au naturel,

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