‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 79 sur 329 · RUE GEORGE-SAND · texte numérisé non relu

RUE GEORGE-SAND

haut talent, puis auteur de symphonies et de concertos, enfin de Jocelyn et de /a Vivandière, à l'Opéra-Comique.

Dans les premières années du second Empire, plusieurs grandes propriétés situées dans le voisinage de la rue La Fontaine et de la rue des Perchamps furent morcelées, ce qui permit à des particuliers d'aménager l'avenue Boudon et l'avenue Heymès.

Par une délibération du 6 novembre 1859, le conseil municipal d'Auteuil, sur la demande de MM. Sipière et Boudon, autorisa l'ouverture, entre la rue La Fontaine et la rue Rémusat, de deux nouvelles voies qui ne furent d'abord exécutées qu'incomplètement et formaient une équerre à laquelle on a donné le nom d’avenue Boudon ; la partie située entre la rue La Fontaine et la rue George-Sand existe encore aujourd'hui, sous le nom d'avenue Boudon ; c’est une voie privée de 9 mètres de largeur. La partie de l'avenue Boudon qui autrefois formait un coude et débouchait rue La Fontaine est actuellement incorporée dans la rue George-Sand.

L'avenue Heymès était une ancienne sente, qui n'avait dans l'origine que 1 mètre de largeur et figure sans dénomination sur le plan cadastral de 1842. Elle a été élargie à 4 mètres, vers 1850, par la veuve du général Heymès, qui avait fait les campagnes du premier Empire, est cité dans l'histoire de Thiers, fut nommé maréchal de camp en 1834, était aide de camp du roi Louis-Philippe et a été enterré au cimetière d'Auteuil. La propriété Heymès était située vis-à-vis de l'avenue du même nom, à la rue de la Source. Elle consistait en un pare très ombreux, avec de vieux arbres et un pavillon qui ne comprenait qu'un rez-de-chaussée et un étage. C'était une de ces fraîches et mystérieuses habitations cachées derrière les haies vertes de ce qu'on appelait alors le quartier des Vignes, où l’on se perdait dans des sentes étroites et sinueuses, bordées de grands arbres, de prairies et de quelques vestiges de vignobles.

L'avenue Heymès, qui était alors fermée par des barrières en bois, et où deux riverains seulement avaient des droits de passage, débouchait par le haut dans la rue de la Source jusqu'à l'exécution de la rue Mozart. La propriété Heymès a été acquise à l'amiable par la Ville de Paris en 1882. (Voir le Bulletin municipal officiel du 22 novembre 1883.)

La rue George-Sand (précédemment avenue Boudon entre cette rue et la rue La Fontaine, avenue Heymès entre les rues La Fontaine et Mozart) a été classée par le décret du 31 décembre 1880, qui en a autorisé l'ouverture entre la rue Chardon-Lagache et le coude formé alors par les deux sections de l'avenue Boudon. Le décret du 5 novembre 1883 a prescrit l'élargissement de l'avenue Heymès (qui a coûté 93.000 francs), l'a incorporée à la rue George- Sand et a classé cette dernière rue entre les rues La Fontaine et Mozart. Enfin, le décret du 11 mars 1886 lui a donné son nom en mémoire d'Amantine-Lucie-Aurore Dupin, dame Dudevant, arrière-petite-fille de Marie de Vertières, ci-dessus mentionnée comme ayant habité Ja rue d'Auteuil; elle est née en 1804, a vécu jusqu’en 1876 et s’est illustrée comme écrivain sous le pseudonyié de George Sand. Son père avait habité Auteuil pendant la Révolution.

Antérieurement à l'annexion, Auteuil était surtout une réunion de maisons de plaisance fréquentées pendant la belle saison par la population parisienne : le principal revenu de ces propriétés consistait dans le produit de

leur location comme maisons de campagne. Aussi, dès que fut posé le principe de l’annexion d'Auteuil à la Ville de Paris, divers propriétaires et négociants s'émurent-ils du dommage que pouvait leur causer la réalisation de cette mesure : pour les uns, c'était la menace de perdre les locations d'été; pour d’autres, c'était l'obligation de se déplacer ou de payer les droits d'octroi.

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