‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 78 sur 329 · RUE DONIZETTI · texte numérisé non relu

RUE DONIZETTI

de fer et qui portent les noms d'avenue de Montmorency, avenue des Sycomores, avenue des Peupliers, avenue des Tilleuls (4) el avenue de Boufflers. Ce dernier nom rappelle le souvenir du chevalier Stanislas-Jean de Boufflers (1738-1815), fils de la célèbre marquise, qui fut d’abord abbé, puis chevalier de Malte, se fit nommer gouverneur du Sénégal en 1785, membre de l’Académie française en 1788 et est surtout connu par ses poésies légères.

L'hôtel des frères Jules et Edmond de Goncourt, surnommé par eux le grenier d'Auteuil, était entre l'avenue des Sycomores et le boulevard de Montmorency, où il avait entrée au n° 67. Edmond de Goncourt est mort le 16 juillet 1896. Le prix de vente de cet hôtel, qui a été aliéné, en août 1901, doit être versé à l’Académie de Goncourt, qui fonctionnera dès que le décret de reconnaissance d'utilité publique, dont le projet est soumis à l'examen du Conseil d'Etat, aura été promulgué et aura accordé la personnalité civile à cette académie.

Le boulevard de Montmorency (2) doit son nom à la maréchale de Luxembourg-Montmorency, auparavant, marquise de Boufflers (1707-1787), mentionnée ci-dessus comme ayant été longtemps propriétaire du domaine. Les conditions d'exécution, avec largeur de 12 mètres et plantations d'arbres, ont été fixées par la décision du ministre des Travaux publics du 18 mars 1853, approuvant l'établissement de plusieurs voies latérales au chemin de fer d'Auteuil. La construction de ce boulevard a été faite sous la direction d’'Eugène Flachat, ingénieur en chef de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint- Germain et sous la surveillance du service des promenades, à la tête duquel était Alphand.

Le décret du 24 août 1864 a donné à la rue des Arts le nom de rue Géricault, en mémoire du peintre Jean-Louis-André-Théodore Géricault (1794- 1824), qui exposa en 1812 son Chasseur de la garde impériale en 1814 son Cuirassier blessé et en 1819 le Radeau de la Méduse. 1 est mort prématurément d’une chute de cheval.

Le même décrét à donné le nom de rue Poussin à la rue du Débarcadère (précédemment rue Neuve), également ouverte par la Compagnie du chemin de fer en 1853 et ayant 15 mètres de largeur. Nicolas Poussin (1594-1665) s’est distingué surtout dans le paysage historique ; il commença à Rome, en 1638, une suite de chefs-d’œuvre qui lui donnèrent une grande réputation ; il fut appelé à Paris vers 1640 par le cardinal de Richelieu et reçut, avec une pension de 3.000 francs, et un logement dans un pavillon, situé au milieu du jardin des Tuileries, le titre de premier peintre du roi avec la direction de tous les ouvrages de peinture et d'ornement des maisons royales. Il fut chargé de la décoration de la grande galerie du Louvre. Il retourna en septembre 1642 à Rome, où il mourut; il y fut enterré dans l’église Sainte-Marie in Lucina.

La rue Poussin avait été détruite jusqu'au marché par le bombardement de 1871 (3).

La partie de la rue Donizelli, comprise entre la rue La Fontaine et la rue Poussin, a été ouverte en 1853 par la Compagnie du chemin de fer et à reçu

(1) La veuve du peintre Alphonse de Neuville s'est éteinte le 9 février 1901, au n° 10 de l'avenue des Tilleuls.

(2) Voir aux annexes (p. 490) le procès-verbal d'adjudication du 26 juillet 1856, imposant des règlements spéciaux pour le boulevard de Montmorency.

(3) Voir aux annexes (p, 385) l'article déjà cité sur les ruines de 1870-1871.

alors le nom de rue de Montmorency; mais comme ce nom appartient à une rue du IIIe arrondissement de Paris, le décret du 24 août 1864 l’a dénommée rue Donizetti, en mémoire du compositeur de Bergame, Gaëtano Donizetti (1798-1848), qui fut professeur de contrepoint au conservatoire de Naples et maître de chapelle à la cour de Vienne; ila composé plus de soixante opéras, parmi lesquels on distingue Anna Bolena, l'Elisir d'Amor, Lucia de Lammermoor, ainsi que l'opéra comique si populaire « la Fille du Régiment ». En 1879, la rue Donizetti a été prolongée jusqu'à la rue d'Auteuil ; elle a englobé la rue du Tour-de-la-Fontaine, dont l'élargissement à coûté 5.019 francs.

La rue Chanez occupe, avec la rue de Civry, à peu près l'emplacement d'un ancien chemin qui était voisin de la lisière du bois de Boulogne et qui allait, au sud de la commune de Boulogne, se raccorder avec la route de la Reine. Cet ancien chemin a été remplacé, un peu avant l'annexion, par une voie non classée et dénommée avenue de l’Alma, dont l'établissement près de la gare d'Auteuil avait été imposé par le domaine de l’État aux acquéreurs de terrains provenant du bois de Boulogne. La mise en état de viabilité de cette avenue a été terminée en 1869; le décret du 10 août 1868, l'avait dénommée rue Chanez, en mémoire du baron Jean-Baptiste-Victor Chanez, général de brigade (1746-1895).

La maison de Casimir Périer, qui se trouvait au n°7 de la rue Chanez, au milieu d'un superbe jardin, a été détruite avec tout son mobilier par le bombardement de 1871.

La rue des Pâlures, qui va del’avenue de Versailles à la rue Félicien-David, fut ouverte en vertu d’un arrêté préfectoral du 13 février 1854, qui a fixé les alignements de cette rue,

Le chemin de la Galiote n'était d'abord qu'un passage de 7 mètres de largeur et18 mètres de longueur, qui faisait communiquer l'avenue de Versailles avec le chemin de halage. Son nom était parfaitement justifié, puisque les galiotes qui assuraient alors le transport par eau y avaient un débarcadère pour desservir Auteuil. La circulation sur ce chemin prit de l'importance à cause des chantiers de bois, charbons et autres matériaux qui s’établirent peu à peu entre le fleuve et l'avenue de Versailles. Sur la proposition présentée le 14 août 1855 par le conseil municipal d'Auteuil, un arrêté du sous-préfet de Saint-Denis, en date du 23 février 1856, fixa les alignements de la rue de la Galiote, avec moindre largeur de 12 mètres. Une délibération municipale du 13 novembre 1858 alloua une somme de 3.150 francs pour le pavage de cette rue. Lors de la construction du pont Mirabeau (1) en 1897, la Ville de Paris vendit à M. Briens le sol de l’ancienne rue de la Galiote, qui fut remplacée, en vertu du décret du 21 avril 1897, par une rue parallèle de 30 mètres de largeur et 40 mètres de longueur, située en prolongement du pont, c'està-dire un peu à l’amont de l’ancienne rue de la Galiote. Conformément à la demande de Mlle Madeleine Godard et au vœu précédemment émis par la Société historique d'Auteuil et de Passy, le décret du 29 juin 1897 a donné à cette nouvelle voie le nom de rue Benjamin-Godard, en mémoire du compositeur Paul-Louis-Benjamin Godard (1849-1895), d’abord violoniste du plus

(1) Voir ma note sur la Seine entre lé pont d'iéna et le viaduc d'Auteuil; elle est reproduite aux annexes, page 365;

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