RUE THÉOPHILE-GAUTIER
nette et des ducs d'Angoulême et de Berry. Sous la Restauration, il devint directeur des décorations de l'Opéra, peintre du roi et administrateur des fêtes et spectacles de la Cour. Son fils, né en 1804, a envoyé des tableaux remarquables aux Expositions de 1824 à 1855.
Dès 1876, le service des ponts et chaussées étudia, en vue de la reconstruction de l’église d'Auteuil, tout un"programme de travaux d'amélioration aux abords de cette église. Ce programme, qui à été sanctionné par le décret du 97 janvier 4876, comprenait l'élargissement de la rue Wilhem ci-dessus mentionnée, le percement de la rue Corot et l'ouverture ou achèvement, à 20 mètres de largeur, d’un prolongement de la rue de la Municipalité, entre la rue d'Auteuil et la rue François-Gérard ; cette dernière section s’est nommée d'abord rue de la Municipalité prolongée ; elle a fait ensuite partie de la rue du Point-du-Jour et senomme, aujourd'hui, rue Théophile-Gautier. Ces derniers travaux (1), exécutés en 1876 et 1877, ont coûté 122.847 francs.
La rue Corot, qui est latérale à l'église, et renferme le presbytère, a été mise en état de viabilité en 1877, moyennant une dépense de 10.300 francs. Son nom lui a été donné par arrêté préfectoral du 4 février 1879, en mémoire du célèbre peintre paysagiste Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), qui avait obtenu, en 1855, la médaille de 1" classe; Corot, homme excellent, a été surtout le peintre de Ville-d'Avray et des environs de Paris.
L'ouverture de la partie de la rue Théophile-Gaulier qui est comprise entre la rue François-Gérard et la rue Gros, ainsi que l'élargissement de cette dernière rue au droit d'immeubles appartenant à la Ville, a été autorisée par le décret du 10 juillet 1882. Maïs les démarches à faire pour l'acquisition des terrains ayant été très laborieuses, ces travaux ne purent être commencés qu'en 1885, année pendant laquelle on exécuta la première partie (2), comprise entre la rue François-Gérard et l'avenue Perrichont. Le dernier tronçon de la rue Théophile-Gautier, entre cette avenue et la rue Gros, donna lieu également à de très longues négociations avec les propriétaires de terrains, de sorte que la percée jusqu'à la rue Gros ne put être réalisée qu'en 1890. La dépense s'éleva (3), pour ce dernier tronçon, à 165.950 francs.
Le nom actuel de cette rue, dont la plus grande partie appartenait autrefois à la rue du Point-du-Jour, lui a été donné par le décret du 93 janvier 1892, en mémoire de Théophile Gautier (1811-1873), poète, publiciste, critique et littérateur, grand ami de Victor Hugo et de Gérard de Nerval. Il a passé quelques années de son enfance près du pont de Grenelle et a demeuré, dans sa jeunesse, rue Gros. Il s’est signalé par le culte de l’art, de la beauté et du romantisme ; son style original peut être considéré comme une ciselure littéraire.
Au n° 57 de la rue Théophile-Gautier se trouve un établissement d'in struction, dirigé par les Dominicaines du Saint-Rosaire : le corps principal du bâtiment est l’ancien château des Choiseul-Praslin. C’est dans le salon du rez-de-chaussée de ce château que périt dans les flammes la princesse de
(1) Ces travaux ont été exécutés, sous la direction d'Alphand et de l'ingénieur en chef de Fontanges, par l'ingénieur Bartet et le conducteur des ponts et chaussées Lomprez.
(2) La direction de ces travaux a été confiée à l'ingénieur en chef Barabant, l'ingénieur Babinet et le conducteur des ponts et chaussées Navez.
(3) Ces travaux ont été faits sous la direction de l'ingénieur en chef de Tavernier, de l'ingénieur Babinet et du conducteur des ponts et chaussées Navez,
Carignan, dont la robe prit feu au moment où elle allait se rendre au bal. La maison fut ensuite occupée par une école ecclésiastique, dirigée par l'abbé Millot, puis par une Institution de jeunes filles dirigée par Mlles Suleau et Moittié, qui la cédèrent aux Dominicaines le 8 septembre 1890. Dans le jardin, on remarque un portique d'ordre ionique sur lé fronton duquel on lit cette inscription : « Ici fut la maison de Molière. »
Le maire d'Auteuil écrivait, le 9 mars 1857, au sous-préfet de Saint-Denis que les 200.000 mètres carrés faisant suite au plateau de Passy et se trouvant placés entre le bois de Boulogne, le chemin de fer, la villa Montmorency et la rue de l'Assomption, qui ne renfermaient autrefois que des vignes, étaient occupés par des jardins enclos de haies et par des maisons de campagne, dont le seul inconvénient consistait dans la difficulté des communications, cette région n'étant desservie que par quatre sentiers ayant 2,50 de largeur et dénommés : les Fontis, la Cure, le Four et la Petite-Fontaine. Le maire ajoutait que la valeur des terrains s'était élevée à 10 francs, qu'elle tendait à augmenter, qu'il était impossible de laisser ce quartier plein d'avenir dans la situation où il se trouvait et qu'il avait nommé une commission pour étudier le tracé de nouvelles rues, mais que cette opération rencontrait des difficultés sérieuses, parce que le plateau comprenait 677 parcelles, appartenant à plus de cent propriétaires. En vue de réaliser ce programme, le conseil municipal d'Auteuil projeta, le 22 août 1857, des alignements pour la sente du Four (aujourd'hui rue de l’Yvette), la sente de la Fontaine (aujourd’hui rue talfet), la sente de la Petite-Fontaine (aujourd'hui rue Chamfort) et la sente des Fontis (aujourd'hui rue du Docteur-Blanche); mais ce n'est que bien des années après que ces sentes ont été effectivement transformées en rues.
L'ancienne sente du Four devait son nom à un four banal, dont il est fait mention dans des titres de 1225, 1250 et 1957. L'arrêté du 1% février 1877 a donné à cette voiele nom de rue de l'Yvelle; elle a été‘élargie (1) de 1883 à 1885, près de son débouché sar la rue Mozart, moyennant une dépense de 52.250 francs.
La partie de la rue Raffet qui va de la rue de la Source à la rue du Docteur- Blanche remplace l'ancien sentier de la Fontaine. On commença en 1877 par améliorer les pentes et la viabilité de cette rue, entre celle des Fontis; (aujourd'hui rue du Docteur-Blanche) et celle de la Cure (aujourd’hui rue Jasmin), moyennant une dépense de 37.400 francs; ensuite on exécuta le prolongement de la rue Raffet entre celle des Fontis et le boulevard de Montmorency, opération qui a coûté 19.000 francs. Le nom de cette voie lui a été donné par le décret du 2% août 1864, en mémoire de Denis-Auguste-Marie Raffet (1804-1860), qui entra en 1827 dans l'atelier de Gros et plus tard dans celui de Charlet. C'était un dessinateur habile et charmant, un aquarelliste remarquable. On distingue parmi ses œuvres l'Album du voyage du prince Demidoff en Crimée et en Asie-Mineure, et la Revue nocturne, espèce de résurrection des soldats des armées de Napoléon I‘, se pressant devant l'ombre du grand capitaine.
ssement à été exécuté sous la direction de l'ingénieur en chef Barabant, des ingénieurs Chabert et Babinet, et du conducteur des ponts et chaussées Navez.