‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 87 sur 329 · RUE CHAMFORT · texte numérisé non relu

RUE CHAMFORT

La ruelle de la Cure (voie privée) a son entrée entre les n° 13 et 15 de la rue Raftet.

La rue du Docteur-Blanche s'est nommée d’abord sente, puis rue des Fontis et occupe la partie haute du coteau d'Auteuil. Ce nom de Fontis (fondrières), qui a été appliqué souvent aux aflaissements du sol provenant de l'exploitation de carrières souterraines, provenait ici des mouvements de terrain occasionnés par l'extraction d’argiles pour la fabrication des briques. Pour opérer un raccordement avec la rue Raffet, on amorça en 1877 la mise en état de viabilité delaruedes Fontis; moyennant une dépensede 37.400 francs, En vue de poursuivre l'œuvre ainsi commencée, un décret du 31 janvier 1884 autorisa l'élargissement de la rue des Fontis, la mise en état de viabilité fut complétée au prix d'une dépense de 10.400 francs pour la partie comprise entre les rues de l'Assomption et de l’Yvette, et d’une dépense de 29.000 francs pour la partie restante, c'est-à-dire pour celle comprise entre la rue de l’Assomption et le petit tronçon qui avait été déjà exécuté en 1877, en même temps que la rue Raffet.

La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée, par décret du 16 janvier 1894, en mémoire du médecin aliéniste Esprit Blanche (1796- 1852), qui avait établi à Montmartre (1) une maison de fous et la dirigeait avec son fils le docteur Antoine-Émile Blanche, qui vint prendre en 1847 la direction de la maison de fous de la rue Berton à Passy et eut deux fils : l'aîné mourut jeune; le second est le peintre Jacques Blanche, qui habite l'hôtel n° 19 de la rue du Docteur-Blanche, où son père était venu se retirer et où il mourut le 47 août 1893. Le docteur Meuriot succéda au docteur Blanche comme directeur de la maison de santé de la rue Berton; il avait été reçu docteur en 1868 et est mort en mai 1901. 3

La rue Dangeau occupe une partie de l'emplacement d'une ancienne sente étroite et sinueuse, dite de la Petite-Fontaine, qui est marquée au cadastre de 1823. Sôn nom lui a été donné par le décret du 24 août 1864 en mémoire de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1636-1720), favori de Louis XIV, qu'il accompagna dans toutes ses campagnes, en qualité de colonel aide-de-camp ; il était académicien et ami de Boileau, qui lui dédia sa Satire sur la noblesse; il se servit de son crédit pour favoriser les gens de lettres. Dans son journal historique il a inscrit, jour par jour, de 1684 à 1720, tout ce qui se passait à la cour et dans la famille royale ; il dit en mourant : « J'ai la conscience de n’avoir jamais écrit dans mon journal un seul mensonge. » C'est une des plus courtes, des plus étroites et des moins droites rues dé Paris.

La rue Chamfort a remplacé une partie de l’ancienne sente de la Petite- Fontaine; le nom de rue Dangeau ayant été attribué à la voie qui va de la rue Ribéra à la rue Mozart, la rue très courte qui va de la rue Mozart à la rue de la Source se trouvait sans nom ; sur la demande de notre collègue M. Antoine Guillois et la proposition de la Société historique (2), sa dénomination actuelle lui a été donnée par le décret du 8 janvier 1895 en mémoire du poète

(1) Voir les pages 199 du I°° volume, 39 du IT° et 283 du 11I° du Bullelin de la Société historique d'Auteuil el de Passy.

Voir ci-dessus les indications données au sujet de la maison de santé du docteur Blanche dans l'historique de la rue Berton.

(2) Voir les pages 44 et 55 du I* volume du Bulletin.

et littérateur Sébastien-Roch-Nicolas, dit Chamfort (1741-1794), né de père inconnu, qui fut secrétaire des commandements du prince de Condé en 1776, membre de l'Académie française en 1781, lecteur de Mme Élisabeth, conservateur de la Bibliothèque nationale en 1791 ; il fut l'ami (1) de Sieyès et de Mirabeau et habita la maison de Boileau à Auteuil.

La rue Mozart, classée en 1857 se trouve sur les territoires de Passy et

d'Auteuil; elle a été mentionnée ci-dessus dans l'histoire des rues et avenues de Passy.

. La rue Daumier a été classée par le décret du 23 septembre 1880; celui du 11 mars 1886 lui a donné sa dénomination en mémoire du dessinateur satirique Honoré Daumier (1808-1879), qui s'est fait une célébrité par les caricatures publiées dans le journal le Charivari ; la politique, les modes, les travers de l'esprit ou du caractère ont excité sa verve moqueuse et inépuisable.

La rue Antoine-Roucher, qui peut être considérée comme prolongeant la rue Corot, a porté d'abord le nom de François-Millet, qui lui fut retiré, pour éviter des confusions, parce qu'il était alors attribué à une rue de Grenelle(2). C'est une voie privée, dont le nom rappelle la mémoire du poète Jean-Antoine Roucher, né à Montpellier en 1745. Il a publié en 1779 les Mois, poème en douze chants qui eut beaucoup de vogue ; il est l'arrière grand-père maternel de M. Antoine Guillois ; il était un des amis et commensaux, à Auteuil, de Mme Helvétius, à qui il présenta Cabanis ; il fut l'ami d'André Chénier, et, comme lui, condamné à mort sous la Révolution, il subit le dernier supplice avec un grand courage le 26 juillet 1794 (7 thermidor).

Les élargissements des anciens chemins et surtout les percements de nouvelles rues de 20 mètres de largeur ayant considérablement augmenté la valeur des terrains à Auteuil, des propriétaires et des sociétés y ouvrirent de nombreuses voies. Mais comme on avait bâti à la fois un très grand nombre de maisons neuves, beaucoup de locaux ne se louèrent pas immédiatement et la construction dans Auteuil subit de ce fait un arrêt marqué; le mouvement reprit ensuite, surtout après l'Exposition universelle de 1889. Les voies ouvertes pendant les dernières années du xix° siècle sont énumérées ci-après.

La Compagnie Foncière de France à ouvert en 1882, sous la surveillance des agents du service municipal, la rue Bosio ; le décret du 15 juin 1883 a classé cette voie, dite villa Caprice, et lui a donné le nom qu'elle porte actuellement, en mémoire du baron Bosio (1767-1845), statuaire français.

C'est également en 1882 qu'a été ouverte, sur des terrains appartenant à M. le conseiller municipal Perrichont, l'avenue Perrichont, entre les rues La Fontaine et Théophile-Gautier; en 1897, cette avenue a été prolongée en impasse au delà de la rue Théophile-Gautier. Un décret du 16 février 1899 a classé l'avenue Perrichont au nombre des voies publiques et en a fixé les alignements.

En 1883, une Société de construction, dirigée par M. Laubière. entreprit l'ouverture, près dela rue Bosio, d’une voie nouvelle qui porta d’abord le nom de villa Michel-Ange et dont les travaux furent exécutés, sous la surveillance

1) Voir la page 160 du I°* volume du Bulletin, (2) Ce nom a été ensuite donné définitivement à une rue qui a été ouverté en 1899 à Auteuil, Voir à la page suivante,

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