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OBSERVATIONS SUR LA SITUATION ET L'AVENIR DU XVI° ARRONDISSEMENT

serait, sans doute, d'une réalisation moins aisée et plus coûteuse (expropriations, déplacements d’égoûts, etc.). Quoi qu'il en soit, cette ligne augmenterait le nombre des stations métropolitaines, non seulement à Auteuil, mais encore à Passy, etelle aurait une clientèle nombreuse. La population de ce quartier augmente, en effet, chaque année et a beaucoup de relations avec le centre de Paris; l’affluence est énorme aux courses d'Auteuil, surtout pendant le printemps et l'été.

On voit déjà l'électricité briller à Paris dans divers quartiers, même excentriques, tandis qu'elle n’éclaire pas encore les grandes avenues de Passy. Il serait assurément désirable que l'éclairage électrique fût prochainement installé, non seulement dans le jardin des Tuileries, les Champs- Élysées et l'avenue de la Grande-Armée, mais encore sur les pelouses du Ranelagh, ainsi que sur toutes les grandes voies du XVI° arrondissement et du bois de Boulogne. Si ce bois était éclairé, au moins en partie, la sécurité y serait mieux assurée et l’on pourrait plus aisément y donner de belles fêtes: la clientèle devenant plus nombreuse, la Ville verrait s’augmenter les redevances provenant des loyers des concessions qui lui donnent déjà de très belles recettes. Les propriétés privées augmentant de valeur, les revenus provenant des impositions en recevraient une certaine impulsion pour la Ville et pour l'État. Il conviendrait, en outre, d’ augmenter au bois de Boulogne le nombre, trop restreint, des abris pour protéger les personnes en cas de pluie, et d'allouer des crédits annuels plus élevés de manière à permettre un entretien plus soigné des avenues et des pelouses, ainsi qu'un curage plus fréquent des lacs et des petites rivières. L’embellissement du bois de Boulogne n'intéresse pas seulement les habitants du XVI° arrondissement, puisque le chemin de fer de ceinture et les autres moyens de transport y amènent de nombreux promeneurs qui y viennent le dimanche de tous les quartiers de Paris, pendant la belle saison.

Il est à désirer que les parcs qui ornent encore aujourd'hui le XV[° arrondissement, notamment celui de la Muette, ne soient pas vendus à des sociétés qui y feraient construire des maisons de rapport. Si cette éventualité devait malheureusement se réaliser pour la Muette, il faudrait au moins que le projet de lotissement fût établi de manière à réserver de larges espaces où l'on conserverait les vieux arbres du parc. Cela serait même l'intérêt bien entendu de la spéculation, parce que ce serait de nature à attirer des locataires en état de payer des loyers élevés. Il conviendrait, en outre, d'imposer aux acquéreurs, par les contrats de vente, des servitudes analogues, pour les façades, à celles qui régissent l'avenue Henri-Martin, le boulevard Suchet et d’autres voies du XVI° arrondissement. Il importe, en effet, de ne pas dénaturer l’aspect du Ranelagh et de l'entrée du bois de Boulogne.

On devra étendre le plus possible l'établissement des pavages en bois et en asphalte. Le carrefour de Passy, situé à l'intersection des rues de Passy, Franklin, Vineuse, Raynouard et du boulevard Delessert, est trop étroit: cet inconvénient s'est encore se depuis que les tramways à air comprimé empruntent la rue Franklin et stationnent à la rencontre de cette rue avec le carrefour ; il serait urgent de l'élargir, et cette opération serait actuellement assez facile, puisque les maisons à rescinder n’ont qu'un seul étage.

Le lycée Janson-de-Sailly, où le nombre des élèves a atteint le chiffre de 1.853 en 1901, ne peut pas en recevoir un plus grand nombre; pour être en

mesure de satisfaire aux nouvelles demandes d'admission, il serait utile d'établir à Auteuil un établissement d'enseignement secondaire organisé suivant les idées modernes. Dansle cas où l'Institution de Sainte-Périne serait désaffectée. une partie de l'emplacement de cette Institution pourrait être consacrée à cette fondation. Il serait, d'ailleurs, utile d'assurer, dans de bonnes conditions, le transport. des élèves entre le domicile de leur famille et le lycée.

Les travaux de la ligne de Courcelles aux Invalides et de son souterrain étant entièrement terminés, on reprendra prochainement les constructions au-dessus de ce souterrain, notamment auprès de la rue Gustave-Nadaud et du carrefour formé par la rencontre des rues de Passy, de la Pompe, Boulainvilliers, Mozart et de la chaussée de la Muette. Ce travail sera facilité par le percement de la rue que la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest a ouverte entre la chaussée de la Muette et la rue Gustave- Nadaud.

Le prolongement de la rue Mozart, qui devait être dénommé « avenue de la Muette », est projeté depuis le second Empire; pour le faciliter, on a ménagé des amorces à la place Possoz; le point où il devait aboutir, sur la place du Trocadéro, est marqué par des arcades accolées au mur de soutènement du cimetière de Passy; mais ce prolongement n'a pas encore été exécuté. Si l'opération de voirie qui consisterait à le réaliser jusqu'à la place du Trocadéro paraît trop coûteuse, on pourrait, du moins, prolonger la rue Mozart depuis la chaussée de la Muette jusqu’à la place Possoz, ce qui donnerait un débouché par la rue Cortambert et ferait disparaître le rétrécissement fâcheux que présente la rue de la Pompe près desa jonction avec la rue de Passy ; malheureusement, ce travail entraînerait la démolition de la maison remarquable, dans laquelle le cabinet de physique du roi avait été établi au xvin siècle.

C’est à la station de l'avenue Henri-Martin que se trouve la bifurcation de l’ancienne ligne (desservant Auteuil, le Point-du-Jour et la ceinture rive gauche) et de la ligne de Courcelles aux Invalides, qui a été inaugurée en 1900 ; elle établit une communication directe entre Passy et le Champ de Mars et permet, grâce au nouveau chemin de fer reliant la station des Invalides à celle de Viroflay, d'aller directement de l'avenue Henri-Martin à Versailles et sur les lignes du réseau de l'Ouest, sans avoir à faire, comme aujourd'hui, un détour par la gare Saint-Lazare. La station de l'avenue Henri-Martin ne pourra pas être concurrencée, dans notre région, pour le transport des voyageurs allant, par les véhicules des grands réseaux, de la rive droite au quai d'Orsay, attendu que des considérations d'esthétique, ainsi que l’énormité des dépenses qu'il faudrait faire, s'opposent à ce que la construction d’un pont de chemin de fer, pour le passage du matériel des grandes Compagnies, soit autorisé au-dessus de la Seine, entre la halle aux vins et le pont d'Iéna. Maïs la station de l’avenue Henri-Martin ne prendra toute l'importance qu'on peut en attendre que si on réalise, ce qui est probable, la jonction des gares desservant à Paris les grands réseaux, notamment celle de la gare des Invalides (réseau de l'Ouest) avec la gare du quai d'Orsay (réseau d'Orléans).

Le déclassement des fronts otest et nord de l'enceinte fortifiée de Paris, entraînant la suppression de cette enceinte entre la Seine et la porte de

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